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Au fil des questions réponses

Invité d’Honneur sur Togoportail : Tanko Ninssao Oudo, président du Collectif des Jeunes Patriotes (CJP)

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Le Collectif des Jeunes Patriotes (CJP), est l’une des formations politiques qui se veulent innovantes au Togo. Son président Tanko Ninssao Oudo a bien voulu aborder l’actualité politique ce 14 octobre avec un groupe de journalistes dont un reporter de Togoportail. Voici l’intégralité de son interview.

 

 

Togoportail : En avril dernier, le Collectif des Jeunes Patriotes (CJP), un jeune parti politique dont vous êtes le président est lancé. Quelques mois après, comment se porte le CJP ?

Tanko Ninssao Oudo : Le CJP se porte globalement bien. Nous sommes un jeune parti qui n’a que 5 mois d’existence, nous sommes sur le terrain et nous sommes en train de convaincre les jeunes et la jeunesse à s’exercer en politique.


 

Sur l’échiquier politique, où peut-on situer votre formation. Est-ce un mouvement proche du parti au pouvoir, de l’opposition ou un mouvement centriste ?

Tanko Ninssao Oudo : Au lancement du CJP le 26 avril dernier, c’est vrai qu’au Togo nous ne connaissons que des tendances, soit vous êtes de l’opposition ou parti proche du pouvoir. Mais aujourd’hui, nous en tant que jeunes patriotes, nous voudrions placer notre parti au centre. Le CJP est centriste.
 

 

Nous venons juste de boucler un processus électoral ayant conduit aux élections législatives, dites-nous, quel bilan faites-vous de ce processus ?

Tanko Ninssao Oudo : Pour nous au CJP, le bilan des législatives est très mitigé parce que nous avons eu affaire avec deux mouvements, l’opposition qui est toujours restée dans sa ligne de conduite connue depuis 23 ans et le pouvoir toujours inflexible. Du coup, la population est très surprise des résultats de ces élections parce qu’après 23 ans de lutte politique, nous ne nous attendions pas à ces résultats.
A l’issue de ces législatives, l’UNIR s’en est sortie avec pas mal de députés, je crois 62 au total, c’est une grande surprise, on se demande quel est le problème. Sommes-nous en train de reculer ou d’avancer?
 

 

Avec ces 62 députés, UNIR constitue logiquement la première force politique ?

Tanko Ninssao Oudo : La première force politique sur le papier oui, administrativement et politiquement oui, mais en réalité, dans la vie socio-économique du pays, nous pensons qu’il y a un point d’interrogation à mettre à la fin de ces 62 députés. On se demande si c’est la stratégie de l’opposition qui n’a pas marché ou si c’est la définition des mobiles de campagne de l’opposition qui n’a pas marché. Ou s’agit-il tout simplement d’achats de conscience ou de corruption de l’électorat qui a marché de la part du pouvoir. Que s’est-il passé en fait, on n’a rien compris.

Avec tous les mouvements sociaux avec les étudiants, les travailleurs, les médecins et les enseignants, dire que le parti au pouvoir a 62 députés, c’est vraiment une surprise quand bien même l’UNIR constitue une réelle force politique.


 

Peut-on dire au-delà de tout que ce score aux législatives constitue une garantie pour le pouvoir pour la présidentielle de 2015 ? Vous n’êtes pas sans savoir que déjà, des voix montent notamment au Bloc d’Action pour le Changement (BAC) pour appeler les populations à voter pour Faure Gnassingbé en 2015 ?
 

Tanko Ninssao Oudo : Cette position du BAC qui a déjà annoncé publiquement qu’il se rattache au pouvoir nous fait réfléchir. Nous nous posons la question de savoir si la population est déçue de l’opposition. Aujourd’hui, les Togolais ne savent pas où se donner de la tête, ils n’ont plus envie de venir en politique.

Si l’opposition traditionnelle n’arrive toujours pas à se mettre ensemble pour pouvoir attirer la jeunesse et les jeunes partis que nous sommes, il y a problème. Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle qu’il y a un clivage au sein de l’opposition.

A notre création, nous avons adressé une lettre aux partis de l’opposition mais aucun n’a daigné nous répondre. Dans ce sens, nous comprenons le président du BAC qui se dit que si les autres partis de l’opposition ne s’intéressent pas à nous, nous allons là où la vache est grasse. C’est ce à quoi nous allons assister dans les jours à venir si l’opposition ne prend pas conscience du problème.
 

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Quelle stratégie pour l’opposition en 2015 ?
 

Tanko Ninssao Oudo : Nous disons qu’il faut balayer la maison. Pour réussir aujourd’hui la politique au Togo, comme le conseille un éminent politologue dont je préfère taire le nom, il faut tuer les papas, les mamans et les grand-frères pour faire émerger une jeune génération. Cela ne pas dire qu’il faut préparer des machettes et des pistolets.
Cela voudra dire qu’il faut tuer l’ancienne idéologie et nouvelle génération de jeunes leaders doit émerger, définir et innover des stratégies pour faire disparaître l’actuelle stratégie. C’est le défi que notre collectif vient relever, c’est-à-dire mettre au premier plan les jeunes en politique.

 


 

Quelle appréciation faites-vous de l’appel des patriotes de Fulbert Attisso ?

Tanko Ninssao Oudo : L’appel des patriotes est une excellente idée qui dénonce des actions qui n’impliquent pas le développement ou qui n’instaurent pas la consolidation de la démocratie. Il va dans la droite ligne du CJP qui prétend encourager toute action venant du pouvoir ou de l’opposition qui a trait à propulser la jeunesse, le développement de notre pays et encourager la consolidation de la démocratie, à réprimer et à contester toute action qui soit du pouvoir ou de l’opposition qui a trait à faire en sorte que la démocratie n’évolue pas.
Depuis un certain temps, nous avons commencé à réfléchir au sein du collectif sur l’appel des patriotes, bientôt nous allons rencontrer Fulbert Attisso.

 


Au vu de tout ce dont vous parlez, quel regard portez-vous sur l’avenir sociopolitique du Togo ?

Tanko Ninssao Oudo : C’est une surprise pour nous de voir le BAC déclarer publiquement qu’il appelle la population à voter pour Faure Gnassingbé en 2015. Cela doit interpeller l’opposition.
Ce matin encore j’écoutais des leaders politiques, notamment le président du Comité d’Action pour le Renouveau, Me Dodzi Apévon qui se réjouit de l’amitié et de la collaboration qui existe entre l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et son parti. Nous ne voyons cela que lorsqu’il y a des pique-niques. Or, tous les Togolais savent qu’il y a des problèmes entre eux. Lorsqu’il s’agit de s’asseoir pour définir les programmes à court, moyen et long terme qui doivent faire en sorte que le vœu de tous les Togolais qui est l’alternance soit réalisé, ces gens n’arrivent pas à s’entendre.
Nous pensons que l’avenir n’appartient plus à ces anciens politiciens, l’avenir appartient à une nouvelle génération de jeunes politiques qui doit émerger.


 

Propos recueillis par Germain Kokoura et Telli

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