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Société

Le monde syndical au Togo : La STT pour une métamorphose dans les centrales syndicales

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Toutes les couches socioprofessionnelles vivent dans une précarité indescriptible dans notre pays. Les accords issus du dialogue social de 2006 tardent à se mettre en application pour soulager un tant soit peu la misère des travailleurs. Le comble, c’est que les travailleurs de la Fonction publique peinent à arracher leurs droits par l’intermédiaire de leurs centrales syndicales. C’est pour faire évoluer les choses que la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) a été portée sur les fonts baptismaux. Pour mieux appréhender les choses, un petit saut dans le passé.

 

Tout commence en 2006, lorsque les travailleurs du secteur public et parapublic ont décidé de faire évoluer la donne. Ils entament alors des négociations avec le pouvoir qui devraient aboutir à la conclusion d’un nouveau Statut de la Fonction avec les avantages y afférents. Des experts sont commis pour peaufiner les nouveaux textes, ceux existants datant de l’époque coloniale. Des rencontres ont été effectuées pour harmoniser les points de vue des différentes centrales d’une part et ceux du gouvernement et des responsables syndicaux d’autre part.

 

Il y a eu des sorties médiatiques des différents acteurs pour s’expliquer sur les points du désaccord. Des séminaires sont organisés. Mais dans la pratique et la mise en application des termes de cet accord, tout semble aller avec un retard déconcertant. Tout ce qui a été fait et qui devrait logiquement déboucher sur le vote du Statut particulier de la Fonction publique, c’est plutôt à des lenteurs qui n’encouragent pas du tout tous les efforts consentis pour non seulement rédiger un nouveau Statut des travailleurs du secteur public mais aussi son application auxquelles on assiste.

 

A en croire les responsables des centrales syndicales, tout est fin près pour que le budget de l’exercice de l’année 2013 puisse prendre en compte le fameux document. C’est donc avec consternation que les travailleurs se sont rendu compte qu’ils ont été désullusionnés.

La détermination de certains syndicats avec la menace de grève ont fait plier nos autorités qui ont procédé finalement au vote du Statut après avoir pris le soin d’occulter l’essentiel du document. C’était le dimanche 20 janvier.

 

En ce moment, un confrère probablement sous presse : « Le gouvernement acculé fait adopter enfin le nouveau statut de la Fonction publique, les syndicats crient victoire et lèvent la grève », nous écrivions ceci :

« La fuite en avant pour les uns, la duperie pour les autres ; les mots ne manquent pas pour qualifier l’attitude du gouvernement togolais qui a adopté le budget de l’année 2013 sans tenir compte du Statut général de la Fonction publique. Dans la foulée, les responsables des centrales syndicales ont lancé un préavis de grève de 10 jours. Le gouvernement a fait la sourde oreille et resté indifférent. Mais devant l’intransigeance des centrales qui ont programmé d’entamer à partir de ce matin (c’était le lundi 21 janvier, ndlr) deux jours de débrayage d’avertissement, le gouvernement sort enfin de son mutisme. Une première rencontre entre les différents protagonistes s’est tenue le vendredi et hier, les députés ont adopté le Statut général de la Fonction publique dans la précipitation. Faut-il rire ou pleurer ? » Dans cet article, le confrère salue la détermination des centrales qui ont poussé le gouvernement à lâcher du lest. Il ne pouvait en être autrement d’autant plus qu’après quelques instants, toujours dans cet article nous avons salué les efforts de Sébastien Ayikoué Têvi du CSTT et ses camarades. « Les structures syndicales doivent se faire respecter en obtenant les meilleures conditions de travail et de vie de leur base. En tout cas, pour une fois chapeau aux centrales syndicales. Contacté peu après le vote de statut, le SG de l’UGSL, M. Hlomador Mathias a indiqué qu’il n’y a plus de raison de faire grève », chutait-il.

 

Mais en réalité, ces centrales syndicales semblent et c’est ce que pense leur base, être mouillés par le gouvernement pour accepter lever la grève tout en sachant que le Statut voté ne comporte pas la quintessence des exigences des travailleurs. En effet, selon des informations concordantes, le voté précipité des députés de la majorité consiste à désamorcer la fronde sociale. Et c’est en cela que la plupart des travailleurs se reconnaissent dans la nouvelle structure créée pour réussir là où les vieux dinosaures ont échoué lamentablement. Et cette structure qui regroupe les membres crédibles des syndicats se nomme la Synergie des travailleurs du Togo (STT).

 

L’objectif, conduire la lutte pour l’obtention définitive des meilleures conditions de travail et de vie des travailleurs de la Fonction publique. Ceux qui se reconnaissent dans la STT le disent clairement : « Rien ne peut être obtenu sans la détermination ». Face à ce qui s’apparente à une trahison, bon nombre de travailleurs ne veulent plus se laisser couillonnés par qui que ce soit. Si rien ne se fait pour trouver un terrain d’entente, des mouvements d’humeurs dans la Fonction publique risquent de s’observer inéluctablement vu ce qui se dit.

 

L’autre aspect de la lutte syndicale, se trouve être l’affaiblissement voire l’éviction des responsables des centrales syndicales. Ils payent aujourd’hui leur propre turpitude. Ils ont été pendant plusieurs décennies les souffre-douleurs des travailleurs de la Fonction publique même si beaucoup leur ont toujours accordé le bénéfice du doute. « Si on doit les évincer pour que les choses changent tant mieux », a souhaité un travailleur du ministère de l’Economie et des Finances. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », le credo de la jeune STT. L’autre grand défi, réussir effectivement à faire oublier les centrales syndicales.

 

Ametbao

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