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Nicolas Tiangaye le nouveau Premier ministre de la Centrafrique

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Des remous issus de la rencontre entre le président François Bozizé et l’opposition. Elle n’a, semble-t-il, servi à rien si ce n’est de confirmer l’avocat Nicolas Tiangaye au poste de Premier ministre.

 

Cet enfumage laisse même l’homme de la rue en conjecture, prêtant ainsi à bien de supputations. Pour certains commentateurs, cette mise en scène correspondrait à la survivance de la nostalgie liée à la polarisation du pouvoir et de la « Tiangayephobie » insidieusement par les activistes invétérés du KNK. Pour d’autres, la peur de l’option légaliste de Tiangaye en serait pour beaucoup. Il y a même qui redouteraient les relents revanchards. Quoiqu’il en soit, il n’est pas facile à un régime longtemps hanté par les démons du monolithisme de s’ouvrir à une opposition de surcroît représentée par un Nicolas Tiangaye, fauché à deux reprises aux législatives dans le 4ème arrondissement.

 

En réalité, il était sans doute question pour Bozizé, après avoir vainement évité Tiangaye, de tenter un dernier coup de théâtre consistant à faire humilier l’opposant avant de lui jeter le décret de sa nomination à la figure. Pour cette besogne, le casting a fait suivre au pupitre des tonitruants grivois à base de lynchage médiatique, de propos désobligeants et incendiaires. Des plaies ont été ouvertes, des préméditations et des propos va-t-en guerre ont été proférés à profusion à l’un des leaders de l’opposition, des médias étrangers et du Séléka. Pourtant, l’heure devait être à l’apaisement, et l’après Libreville n’aurait pas dû ressembler à l’avant Libreville. Un spectacle désolant. Bozizé croyait livrer irrémédiablement Tiangaye à la vindicte populaire.

 

Sans le vouloir, il a ouvert la vanne aux voraces et assoiffés politiques de tout genre pour se bousculer au portillon du nouveau gouvernement. On a alors assisté à une véritable kermesse de clin d’œil, de discours de charme et de dithyrambes les plus angéliques à l’endroit de Bozizé. Les interventions de Lévy Yakité, de la majorité, Robert Ngoki, de la chambre du commerce, et Guérékayamé, des confessions religieuses, ont arrondi les angles d’une ambiance pathétique qui obnubilait. Bozizé a failli tombé dans le piège des flatteurs et mendiants de postes ministériels. Il a fallu que Yakité attire l’attention de Bozizé sur le piège de ces raudeurs qui risquent de le lui faire perdre la confiance de ses pairs de la CEEAC. Car, face au retour de la manivelle il sera abandonné par ceux-là.

 

Firmin Teko-Agbo

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