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International

L’Egypte toujours sous tension

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Des échauffourées toujours en Egypte. Tantôt adulé. Tantôt acculé. Mohamed Morsi ne fait plus l’unanimité en Egypte. Ce qui ne l’a pas empêché de reprendre, ce mercredi, ses marques au palais d’El-Oruba ainsi que ses activités présidentielles. De « nouveau Pharaon » – surnom attribué par l’opposition à Mohamed Morsi – le président égyptien est passé le temps d’une nuit à « Pharaon de l’Exode ». Et ce ne sont ni les enfants d’Israël, ni même le peuple égyptien qui ont dû prendre la fuite, mais Mohamed Morsi en personne.

 

Des milliers, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont afflué dans la soirée de mardi vers sa résidence présidentielle. Une foule en délire scandait alors le désormais très célèbre slogan « Dégage ! ». Le même qui a propulsé l’ancien président tunisien, Zine el Abidine Ben Ali, vers l’Arabie Saoudite, le 14 janvier 2011. Le même qui a contraint 13 mois plus tard l’ancien raïs égyptien, Hosni Moubarak, à la démission.

 

Il faut noter que l’intense animosité de mardi soir s’est quelque peu dissipée ce mercredi, mais les tensions restent palpables. De nombreux opposants ont élu domicile devant l’une des grilles du palais d’El-Oruba, selon un journaliste de Reuters. Une grande partie du corps judiciaire, la presse indépendante, l’opposition et les citoyens anti-Morsi exigent l’abrogation du décret présidentiel qui a renforcé d’un cran les pouvoirs du nouveau « Pharaon ». Ces réformes sont, d’après le président égyptien, « temporaires » afin d’accélérer les réformes démocratiques. L’opposition, elle, voit en cette attitude un retour progressif d’une dictature, façon islamiste, concoctée par la mouvance des Frères musulmans, rebaptisée Parti Liberté et Justice, dont il fait partie. Le projet de Constitution, devant être soumis à référendum le 15 décembre, est également contesté.

 

Pour l’heure, Mohamed Morsi, qui a daigné passer en decrescendo le renforcement de ses pouvoirs, pas assez cela dit aux yeux des frondeurs, a bel et bien l’intention de soumettre le référendum aux Egyptiens samedi prochain. Les urnes nous diront alors qui de Mohamed Morsi ou de ses adversaires aura gagné la deuxième bataille.

 

Firmin Teko Agbo

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