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Société

Entretient avec le président du RJCHT, DAGAH Kodjo alias TONY Marcel

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Chaque 03 décembre se célèbre la Journée Mondiale des Personnes Handicapées. A la veille de cette célébration, le président du Réseau des Journalistes et Communicateurs sur le Handicape au Togo (RJCHT) s’est exprimé sur certaines de nos questions relatives au réseau des journalistes qui vient d’être crée au Togo pour se pencher sur la question du handicap, les actions à mener par ce réseau,sur la journée mondiale des personnes handicapées. Lisez plutôt.

 

Vous êtes Kodjo Dagah alias Tony marcel, président du Réseau des Journalistes et Communicateurs sur le Handicape au Togo (RJCHT). Parlez nous un peu de votre réseau.

Merci, comme le sigle et la définition le disent, c’est le réseau des journalistes  et Communicateurs sur le Handicape au Togo. Une organisation dédiée à tous les confrères journalistes et communicateurs du Togo pour une cause juste, mais longtemps abandonnées dans nos différents organes : le handicap. Le but de notre réseau est de parler des droits des personnes handicapées et à amener les populations togolaises à changer de regard à l’endroit des personnes en situation du handicap. Nos objectifs sont nombreux, mais je dirais que nous avons globalement pour objectif d’amener les confrères à s’intéresser aux questions de la thématique : le handicap, à diffuser régulièrement des informations relatives à cette thématique et à conduire les communautés à accepter ces personnes, car nous nous rendons comptes que les personnes handicapées au Togo sont discriminées et parfois dans certaines communautés laissées pour compte.

 

Ce lundi 03 décembre 2012 : c’est la journée mondiale des personnes handicapées. Que représente cette journée pour vous ?

Pour nous, cette journée est une reconnaissance mondiale. Je suis heureux que la communauté internationale reconnaisse l’existence des personnes handicapées et de facto leur donner la place qui est la leur. C’est une journée symbolique pour ces personnes qui, chaque 03 décembre se reconnaissent et se satisfassent qu’enfin les personnes dites valides reconnaissent que cette couche de la population existe. Aujourd’hui, l’OMS estime la   population des personnes handicapées à 15% de la population mondiale. Au Togo, le dernier recensement de la population et de l’habitat estime la population à environ 6 millions d’habitants. Du coup, le nombre des personnes handicapées est estimé à 900 000. Un chiffre effarant qu’il ne faudra pas oublier ou marginaliser. Donc pour moi, c’est une journée qui donne de la dignité aux personnes en situation du handicap.

 

Le thème choisi cette année par l’ONU pour célébrer la journée mondiale des personnes handicapées est : « La suppression des obstacles pour créer une société inclusive et accessible à tous ». Que pensez-vous de ce thème ?   

Ce thème à lui seul résume l’espoir de reconnaissance des personnes handicapées dans le monde. Mais surtout au Togo, c’est un thème qui vient à mon avis rassurer cette catégorie de compatriotes. Vous savez, les personnes handicapées au Togo font l’objet au moment où je vous parle de discrimination, de marginalisation, de raillerie, d’insultes humiliantes. Dans certains ménages, ces personnes font la honte  de la famille. Conséquence, elles sont cachées dans les profondeurs de la maison, loin du regard des visiteurs de la maison. Les enfants handicapés ne sont pas scolarisés. Pour celles qui ont la chance d’être scolarisées et qui sont sorties avec les mêmes diplômes universitaires que les personnes dites valides par rapport à l’accès à l’emploi, des directeurs d’entreprises sciemment refusent de les embaucher prédisant à l’avance qu’elles ne sont pas rentables ; une discrimination notoire. Dans nos communautés de base, les populations n’aiment pas élire les personnes handicapées à des postes de responsabilité. Fort de ces constats, le thème choisi cette année par l’ONU est révélateur et j’espère que cela  permettra de changer de comportements des personnes dites valides vis-à-vis des personnes handicapées. En somme, si l’on lève les obstacles dont je viens d’énumérer eh bien, on pourra vivre aisément avec cette catégorie de compatriotes, de ce fait, l’inclusion, l’accessibilité des personnes en situation du handicap viendront d’elles-mêmes. Ces personnes pourront  facilement contribuer au développement de la nation.

 

Quelles sont les actions que compte mener votre réseau pour marquer cette journée ?

Nous sommes un réseau des journalistes et communicateurs, à ce titre, nous menons une sensibilisation autour du thème de l’année « La suppression des obstacles pour créer une société inclusive et accessible à tous » à travers nos médias. Notre rôle est d’informer, sensibiliser, éduquer nos auditeurs, lecteurs, téléspectateurs et internautes sur les droits des personnes handicapées. L’opportunité que vous nous offrez en ce moment rentre dans nos actions dans le cadre de la célébration de cette journée mondiale. Notre mission est de rassembler les confrères à s’intéresser à la thématique, à en parler beaucoup plus dans nos différents organes et qu’au finish les populations togolaises comprennent que la période des stéréotypes, de dénigrements, d’humiliations à l’endroit des personnes handicapées est révolue. Il faudrait que les togolais sachent que dans chaque nous avons une personne handicapée. La famille étant élastique en Afrique et chez nous au Togo.  D’ailleurs, c’est dans cet optique le Togo a ratifié la CIDPH, la Convention des Nation Unies relatives aux Droits des Personnes Handicapées le 01 mars 2011. Cette convention vient protéger et valoriser les personnes handicapées où qu’elle se trouve.

 

Quel message adressez-vous à l’endroit de la population ?   

Nous sommes un réseau des journalistes et communicateurs sur le handicap au Togo. Comme tel, je m’adresse à nos confrères pour leur demander de s’approprier  ce réseau. Que chacun dans sa rédaction parle un peu plus des droits des personnes. Que nos confrères mènent cette lourde mission d’amener nos populations à respecter, à lever les obstacles, les barrières qui entravent l’évolution et la participation au développement de la cité des personnes en situation du handicap. N’oublions pas que nous sommes tous des personnes handicapées potentiel. Pour une petite erreur de vous ou de votre voisinage ou encore à cause d’une maladie invalidante comme l’hémiplégie, on peut devenir personne handicapée. En définitive, respectons les personnes en situation du handicap, reconnaissons leurs, leur dignité d’Homme.

 

Propos recueillis par Djatougbé AZIAKA

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