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Politique

1ère journée de la grève de sexe au Togo, les femmes ont-elles vraiment fermé les jambes ?

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Les femmes du collectif « Sauvons le Togo » ont appelé dimanche 26 août 2012 à une grève de sexe qui a commencé depuis hier. Si nombreux en parlent peu par contre sont prêts à l’observer. Quel est le but d’une telle démarche ? Les hommes ont-ils été effectivement privés de leurs femmes hier ? Cette méthode pourra-t-elle sortir le Togo de ces séries de crises qui affectent l’économie nationale et la tranquillité publique ? Les réponses dans ces propos des togolais recueillis par la rédaction de togoportail.

 

L’information aura fait le tour du monde. Toute la presse nationale et internationale en a fait son chou gras. « Pas de sexe au Togo pendant une semaine », tel est l’essentiel du mot d’ordre de grève lancé dimanche par les femmes du CST. Selon Me Ameganvi membre de « Sauvons le Togo », « le collectif a décidé de décréter la désobéissance civique conformément à l’article 150 de la constitution » et la grève de sexe est une contribution des femmes à ce mot d’ordre.

 

Les mérites de la décision

 

La décision du Collectif « Sauvons le Togo » de sevrer les hommes pendant une semaine, a été repris par plusieurs médias internationaux qui depuis le début de ces séries de manifestations du CST n’y accordent pas un grand intérêt ; tel est le cas par exemple du site de la chaîne CNN. Pour une fois encore le Togo a été sous les projecteurs. Certains blogueurs ont expliqué sur les réseaux sociaux que le CST a atteint son objectif ; celui de se faire entendre par la communauté internationale, montrer la crise togolaise aux yeux du monde.

Sur l’efficacité de la démarche

 

Les hommes ont-ils été vraiment sevrés hier ? Difficile de répondre. Il faut préciser que la nouvelle n’a pas été répandue à l’intérieur du pays. Même à Lomé certaines femmes interrogées hier nuit ignoraient l’existence d’une telle grève. Celles qui étaient au courant préfèrent ironiser.

 

« Ma femme en a parlé toute la journée mais c’était beaucoup plus pour me taquiner. Elle ne comprend pas en quoi me priver du sexe résoudrait la crise togolaise. Je pense que cette grève n’a aucune chance dans ma maison », nous a confié Hubert un chauffeur de camion.

 

« La grève de sexe aurait un sens si les femmes en question défendaient la protection d’un droit propre à elles, genre assez de représentativité sur la scène politique, éducation des filles ou autres. Dans le cas d’espèce les femmes comme les hommes sont assoiffés du changement pourquoi punir seulement les hommes ? Il n’y a pas de femmes dans le gouvernement, » s’interroge Madjevi, gérante d’un magasin.

 

« Me Ameganvi qui a lancé cette grève a assez joui dans sa jeunesse. Pourquoi veut-elle nous priver de faire pareil ? De toutes les façons elle est depuis en grève. Le premier ministre et président de la République sont respectivement veuf et célibataire. Peut être qu’une grève de maîtresse ferait bien l’affaire » ironise Esther, une journaliste.

 

Rappelons que les femmes du Collectif  Sauvons le Togo ne sont pas incitatrices de cette forme de grève. « En 2003 au Libéria, une des lauréates du prix Nobel de la paix 2011, Leymah Gbowee, organisa une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor (président du Libéria de 1997 à 2003) à associer les femmes aux pourparlers de paix.

 

En 2009 au Kenya, dix associations ont appelé les femmes à faire abstinence pour protester contre les différends entre le Premier ministre Raila Odinga et le président Mwai Kibaki”.

 

Roger ADZAFO

 

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