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Politique

Interview : Gilbert Bawara expose l’esprit de vision de l’UNIR

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Depuis le 14 avril dernier, le RPT a été dissous et dans la foulée, l’Union pour la République a été portée sur les fonds baptismaux à Atakpamé. Quelles sont les valeurs que prône ce nouveau parti? UNIR est-il le prolongement du RPT défunt? Comment ce nouveau parti entend colmater les brèches pour mettre ensemble, barons du RPT et jeune génération montante? Gilbert Bawara est conseiller spécial du président de la République et un des porteurs du projet de ce nouveau parti.

Republicoftoftogo.com : En quoi va consister la rupture avec UNIR?

Gilbert Bawara : Je ne parlerai pas de rupture mais éventuellement de césure et surtout d’un changement profond. Il ne s’agira pas d’un changement d’hommes où l’on étiquèterait chacun sur son parcours, son appartenance politique ect. UNIR, c’est plutôt un groupe de femmes et hommes togolais qui se reconnaissent dans un certain idéal où l’ouverture, le dialogue, la construction d’un climat de confiance et de compréhension mutuelle, la construction et le développement du Togo seront les principales valeurs en partage. UNIR vise ce cadre où chaque togolaise et chaque togolais peut donner de sa contribution, de ses idées, de son énergie pour que nous puissions ensemble construire ce pays, assurer la paix sociale et assurer le bien être collectif et individuel.
UNIR c’est aussi un parti qui valorise en son sein la liberté d’expression et d’opinion. Par le passé on a eu le sentiment que dans beaucoup de partis politiques y compris au RPT, que les gens n’étaient pas libres d’exprimer leurs opinions, de débattre et de réfléchir aussi bien sur les sujets politiques que des sujets de développement, de l’éducation de l’apprentissage , de la formation, de l’accès à l’eau potable, de la construction des infrastructures, bref sur la conception et la mise en œuvre des politiques. Nous pensons qu’il est important que les togolais apprennent à s’exprimer et à se sentir impliqués comme des acteurs du développement. Au sein de UNIR c’est la démocratie qui s’applique aussi bien à la définition des options et orientations fondamentales qu’au choix des instances dirigeantes du parti ou à la désignation des candidats aux différents scrutins électoraux.
C’est donc un état d’esprit que nous voulons changer. Tout ce qui dans le passé à pu constituer des facteurs de division, des facteurs d’affrontement ou d’antagonisme, nous devons en tirer des enseignements. La commission vérité, justice et réconciliation a fait un bon travail, des conclusions et des recommandations ont été formulées, UNIR va s’approprier ces recommandations et conclusions et appuyer les pouvoirs publics.
Je voudrais préciser que UNIR n’est pas un parti-Etat. Même si aujourd’hui nous avons d’éminentes personnalités y compris le président de la République qui sont membres de ce parti, nous voulons ne pas nous comporter en parti-Etat mais stimuler, impulser et soutenir l’action des pouvoirs publics afin que tous les comportements qui ont divisé les togolais par le passé ne puissent plus avoir lieu. Le respect des libertés publiques et des droits de l’homme y compris de la liberté de la presse sera également un axe majeur de l’action de UNIR tout comme l’éducation civique, la sensibilisation à la citoyenneté, l’amour de la patrie etc. Voilà un certain nombres de valeur qui feront que UNIR va incarner véritablement un changement, une césure par rapport au passé.

Republicoftogo.com : Vous donnez une vision assez noble de UNIR mais n’empêche que le président de ce parti est en même temps le président de la République qui est au pouvoir depuis déjà 7ans. Il a certes impulsé une nouvelle dynamique à la tête de l’Etat, mais on a vu aussi sous lui des cumuls de fonctions et une sous exploitation des compétences existantes, est-il possible que ces manquements puissent être corrigés dans la gouvernance avec UNIR?

Gilbert Bawara : Les méthodes vont changer et ces manquements que vous relevez seront corrigés. J’ai dit que UNIR veut tirer les leçons du passé pour ne plus retomber dans les mêmes travers. Remarquons aussi que depuis la conférence nationale, il y a eu trop d’intolérance au Togo, il y a eu trop d’exclusions au Togo, il y a eu trop d’ostracisme au Togo, désormais, nous voulons bannir l’ostracisme, l’intolérance et l’exclusion. Il ne faut plus juger les gens en fonction du rôle politique, économique ou social qu’ils ont joué hier mais par rapport à l’idéal, aux valeurs et aux objectifs que se fixe UNIR aujourd’hui et qui sont repris dans les statuts de ce parti. Les membres de UNIR doivent être jugés par rapport aux statuts, aux idéaux, aux valeurs et aux orientations fondamentales du parti. En ce qui concerne la gouvernance politique, économique et sociale, j’ai aussi dit qu’il aura un débat, des échanges et réflexions au sein de UNIR où l’on va recueillir les points de vue des cadres, des jeunes , bref de toutes les bonnes volontés et si un certain nombre de méfaits et de tors du passé sont relevés, nous allons veiller à ce que cela ne se reproduise plus y compris les cumuls de fonctions ou la sous utilisation des compétences dont vous parlez.

Republicoftogo.com : Beaucoup de personnes parlent de UNIR en terme de clivages et d’antagonisme ou même de conflits de génération entre barons du RPT et la génération montante comment comptez-vous concilier les deux entités pour assurer la synergie et la convergence de points de vue au sein de ce parti?

Gilbert Bawara : Il n’y a pas de clivages au sein de UNIR. Il faut d’abord comprendre que UNIR n’est pas le prolongement du Rassemblement du Peuple Togolais, UNIR ne vient pas en substitution au RPT. Que l’on ait appartenu au RPT, qu’on ait appartenu à l’UFC, au CAR ou à tout autre parti politique, qu’on ait été un citoyen sans affiliation politique, UNIR est ouvert à toutes les bonnes volontés, à tous les citoyens qui désirent mettre au cœur de leurs préoccupations, le vécu des togolais à la base, c’est cela l’essentiel. Si vous êtes mues par cet objectif de préserver la paix sociale, de préserver la sécurité, de consolider la démocratie, de renforcer les droits de l’homme, de raffermir l’Etat de droit et surtout de permettre à chaque citoyen d’apporter sa contribution, son idée et son énergie au développement et au bien-être du Togo, vous êtes le bienvenu au sein de UNIR quels que soient votre âge, votre rang social, votre religion ou votre ethnie. Le problème des barons ne se pose pas au sein de UNIR, nous estimons simplement qu’il faut une complémentarité entre toutes les composantes de la nation. Les jeunes ont sans doute de l’énergie à revendre mais les aînés sont dépositaires d’une expérience et d’une sagesse qu’ils vont progressivement transmettre aux jeunes, c’est donc plus une complémentarité et une chaîne de solidarité que nous voulons construire entre jeunes et moins jeunes, et entre jeunes et aînés.
Je voudrais enfin dire que UNIR se veut un parti de proximité, un parti qui sera à l’écoute de la population, un parti qui aura de la considération aussi bien pour les militants que pour la population et pour ce faire il faut être présent à tous les niveaux, il faut un maillage du territoire. Dans tous les quartiers et dans tous les villages à travers le pays, nous allons faire en sorte que UNIR soit présent pour dialoguer avec la population, recueillir leurs préoccupations, relayer ces préoccupations au plus haut niveau et faire en sorte que ces préoccupations soient réellement prises en compte dans les décisions des instances dirigeantes.

Republicoftogo.com : Pour l’instant UNIR ne dispose que d’un bureau provisoire à quand le congrès constitutif qui installera le bureau définitif ?

Gilbert Bawara : Le congrès constitutif de UNIR aura lieu dans quelques semaines, deux, trois ou quatre semaines et à l’occasion les instances et les organes un peu plus affinés seront mis en place.

Source: Republicoftogo

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