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Politique

Interview exclusive de Me Joseph Kokou Koffigoh

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L’Ancien Premier Ministre du Togo Joseph Kokou Koffigoh se félicite de la victoire de François Hollande et de la défaite de Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle française. Il trouve que l’Ex-président de la République française a trop méprisé les Africains. « …c’est un soulagement… ». Nous l’avons approché, il est revenu aussi sur la dissolution du RPT, ancien parti unique au Togo

Monsieur le Premier Ministre bonjour,

Koffigoh : Bonjour

Le 14 Avril dernier vous auriez appris comme tout Togolais, la dissolution du RPT, votre première réaction

Koffigoh : Bon, cela démontre juste que les temps ont changé et que chaque chose a son temps. On aurait parlé de dissolution du RPT il y a une vingtaine d’années et on a vu ce que cela a donné dont l’attaque de la primature avec son cortège de morts et de blessés.

C’était aussi votre vœu quand vous étiez premier ministre ?
Koffigoh : Ce n’était pas mon vœu du tout. C’était un contexte historique. Moi j’étais à Paris au sommet de la Francophonie lorsque le RPT a été dissout derrière moi par le Haut Conseil de la République. Moi j’en ai juste subi les conséquences.

Avec cette dissolution et la création d’un nouveau parti par le Président de la République, certains Togolais trouvent Faure Gnassingbé extraordinaire. Partageriez-vous cela ?

Koffigoh : Aujourd’hui, ce n’est pas le même pouvoir. Le pouvoir Eyadéma était un pouvoir autocratique et ça c’est indiscutable. Tandis que, ici aujourd’hui, nous sommes dans un contexte plutôt démocratique. Ce n’est pas le même contexte.

Selon le premier ministre Joseph Kokou Koffigoh, quel serait l’intérêt pour Faure Gnassingbé en dissolvant le RPT ?
Koffigoh : Moi je crois qu’il veut faire quelque chose de neuf.. peut-être que le RPT est devenu peut-ètre encombrant pour lui et comme il est jeune, faire du nouveau et voler de ses propres ailes.

Monsieur le premier ministre, quel a été votre sentiment juste après l’annonce des résultats de la présidentielle française le 6 Mai dernier ?

Koffigoh : C’était un soulagement !
Vous vouliez le départ de Nicolas Sarkozy ?
Koffigoh : Bien entendu, c’est quelqu’un qui a trop méprisé les Africains, il n’avait aucune considération pour les Africains.

Vous réagissez ainsi parce que la France a contribué au départ du Président Gbagbo dont vous êtes Avocat ?
Koffigoh : cela compte aussi. Quoique qu’on puisse dire, Sarkozy a beaucoup joué dans le départ de Laurent Gbagbo. Je le redis c’était pas des choses à faire. Ces tonnes de bombes sur la tète de Gbagbo qui a été proclamé président par le Conseil Constitutionnel. C’est pas bien !

Le départ de Sarkozy pourrait jouer dans la libération de Laurent Gbagbo ?
Koffigoh. Non nous sommes engagés dans un processus juridictionnel qui suit son cours


Charles Taylor condamné, vous craignez aussi pour Gbagbo ?

Koffigoh :Non c’est deux situations catégoriques différentes. Charles Taylor a été d’abord un Chef rebelle avant de se faire régulariser par des élections. Il a été accusé d’avoir encouragé une rébellion sanglante et barbare en Sierra-Léonne alors que Gbagbo a été un Président élu démocratiquement et a été déstabilisé par une rébellion.


François Hollande Président de la France, le Togo doit-il attendre quelque chose ?

Koffigoh : Le Togo a toujours entretenu de bonnes relations avec la France. Avec François Hollande comme nouveau Président de la France, cela ne change rien. Les deux pays continueront par entretenir de très bonnes relations.

M. le Premier Ministre, nous arrivons pratiquement à la fin de notre entretien, un petit mot pour conclure.

Koffigoh : Bonne chance à l’Afrique, la justice finit toujours par triompher.

Interview réalisée par Firmin Teko-Agbo

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