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Politique

Togo/ Interview exclusive : Agbéyomé Kodjo, président de l’OBUTS se prononce sur la question du rapport de la CNDH

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Lors d’une interview que vient de lui accorder Togoportail, Agbéyomé Kodjo s’est prononcé sur la question du rapport de la CNDH qui fait couler beaucoup d’encres et de salives ces derniers temps : «…. les 13 mesures énoncées par Faure ne sont que du floutage de gueule pour endormir encore le peuple Togolais…… et que lui-même Faure Gnassingbé qui a aussi des enfants ne peut jamais accepter qu’on torture l’un de ses enfants…», ainsi s’exprimait in extenso le leader de l’OBUTS (Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire).

Sur le ton non moins acerbe et ravageur qu’on lui reconnait, Agbéyome Kodjo s’est prononcé à propos du Conseil des ministres de la semaine dernière; il trouve que les faits autorisent aujourd’hui la libération de Kpatcha Gnassingbé et co-détenus. Il répond aux questions de Firmin Teko-Agbo, de la part de Togoportail.net

Togoportail.net: Le dernier conseil des Ministre a adopté 13 mesures au rang desquelles figure la réorganisation de l’Agence Nationale de Renseignement, n’est-ce pas là une bonne nouvelle?

Agbéyomé Kodjo : Les 13 mesures énoncées par Faure ne sont que du floutage de gueule pour endormir encore le peuple Togolais et que lui-même Faure Gnassingbé qui a aussi des enfants ne peut jamais accepter qu’on torture l’un de ses enfants… C’est vrai que les gens ont été torturés. Et selon les lois qui gouvernent notre pays et les conventions internationales auxquelles le Togo est partie, les aveux recueillis sous le coup de la torture ne sont pas légitimes. Et les conséquences qui en découlent c’est tout d’abord la libération immédiate et sans condition de Kpatcha Gnassingbé et de ses co-détenus, ensuite la torture étant un crime imprescriptible, il faudrait que Faure Gnassingbé relève Atcha Titikpina, Yotroféi Massina et Kadanga de leurs postes et que la hiérarchie militaire dont ils ont parlé dans leur communiqué du Conseil des ministres puisse engager la procédure.

Vous demandez donc la libération de Kpatcha Gnassingbé?

C’est pas moi qui le demande, les faits autorisent la libération de Kpatcha Gnassingbé et co-détenus. Ce n’est pas une demande, c’est une conséquence qu’on tire de ce qui s’est passé. Et plutôt Faure le ferait, mieux cela vaudrait donc pour lui. Et en dehors de cela, la France, l’Union Européenne et plusieurs formations politiques dont la notre demandent la clarification des manœuvres de falsification du rapport authentique de la CNDH. Et là aussi, il faudrait qu’une Commission d’enquête détermine donc les donneurs d’ordre et les exécutants afin que les acteurs et responsables puissent être punis sévèrement selon les lois de la République. Nul n’est au dessus de la loi.

Que doit-ont faire aux gens qui ont été radiés de l’armée?

Il vous souvient que des gens proches de Kpatcha qui ont fait deux ans à l’ANR et qui ont été libérés, ont été radiés de l’armée et des services de sécurité de notre pays. Comme il est maintenant prouvé qu’ils ont été torturés, c’est tout à faire normal qu’ils doivent reprendre leur place dans ces différents corps.

Monsieur le Président, il y a certains qui pointent du doigt l’entourage du Chef de l’Etat par rapport à la falsification du rapport de la CNDH et Faure n’en est pour rien dans cette affaire.

Voyez ce qui s’est passé à la CVJR, Eyadéma était président de la République, et dans la responsabilité à assumer dans tout ce qui s’est fait, on tend à soutenir qu’il n’est de rien et que ce n’est pas lui le premier responsable; ce sont ses collaborateurs qui sont tenus pour responsables des écarts et dérives commis. Trouvez vous que c’est normal de traiter les questions de responsabilité comme cela à la légère? Moi, s’il y a une leçon que je dois tirer en politique, c’est que la responsabilité ne se partage pas. Faure Gnassingbé ne peut convaincre personne encore moins le bon Dieu qu’il n’était pas au courant de la falsification du rapport. C’est trop facile de décliner ses responsabilités quand cela n’arrange pas. Il faut que les responsabilités soient assumées individuellement et collectivement.

Interview réalisée par Firmin Teko Agbo

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