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Présidentielles maliennes : Le candidat Soumaïla Cissé dévoile ses ambitions pour le Mali

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Après Abidjan et Bouaké, Soumaïla Cissé, le candidat de l’Union pour la démocratie et la république (Urd) aux prochaines présidentielles au Mali a rencontré ses compatriotes de la capitale politique de Côte d’Ivoire.

Près de 2 milliers de Maliens, des responsables de la communauté Cedeao, plusieurs chefs coutumiers et imams de Yamoussoukro ont reçu l’ex-président de la Commission de l’Uemoa, dimanche dernier, devant le Groupe scolaire de Dioulabougou1. Et c’est un Soumaïla Cissé heureux qui a entretenu les électeurs maliens de Yamoussoukro sur la guerre au nord-Mali, le chômage des jeunes diplômés, l’émigration et le rôle important de la diaspora dans le développement économique et social de son pays. « C’est le pays d’honneur et de dignité qu’était le Mali que nous voulons faire revenir et perpétuer », a dit le candidat en langue bamanan.

Pour lui, on ne peut prétendre diriger un pays sans con­naître les besoins des populations, leurs aspirations. « Le premier souci des Maliens aujourd’hui est la guerre qui sévit au nord-Mali et autour du Mali. Il faut pour cela se lever, chercher des médiateurs afin d’obtenir un cessez-le-feu qui permettra un dialogue positif.» Car, justifie-t-il, sans la paix, aucun développement n’est possible et les Maliens de Côte d’Ivoire qui ont vécu le drame de leur pays d’adoption savent mieux que quiconque ce qu’est la guerre et ses conséquences désastreuses.

«Le Mali, ajoute-t-il, est un seul pays, indivisible et personne de nous ne le divisera, personne ne pourra nous séparer». Puis de s’engager : «je ne serai pas le président qui acceptera la partition du Mali, pas moi, Soumaïla Cissé.» Ce pays, ajoute-t-il, doit être celui de l’union et de la solidarité entre Maliens, mais aussi avec les autres pays de l’Afrique de l’Ouest.

Le second engagement du candidat, c’est l’emploi des jeunes qui meurent sur les routes de l’exode dans le désert ou en mer ou qui, faute de travail malgré leurs diplômes, deviennent des bandits et des vendeurs de drogue. «Si nous ne trouvons pas de solution au chômage des jeunes, c’est une véritable bombe à retardement dont l’explosion sera désastreuse» pour tous.

Il est indispensable, poursuit-il, que la diaspora malienne qui a montré partout sa capacité de travail dans tous les domaines, s’investisse dans le développement du pays. Aussi Soumi (c’est son sobriquet, ndlr) s’engage-t-il à favoriser l’implication des Maliens de l’extérieur à la construction d’un pays stable et uni. Revenant sur sa personne, il affirme : «je suis un enfant du terroir. Ce n’est pas parce que je veux être président que je n’ai pas connu la brousse, que je ne suis pas d’un village, que je n’ai pas été au champ, que je n’ai pas élevé des animaux, que je n’ai pas connu la faim et la maladie. Je suis un enfant de ce pays et en tant que tel, il faut arriver à cultiver l’humilité, à savoir d’où on vient, où on va. Si on se connaît, on connaîtra les autres et on les comprendra. Si on sait d’où on vient, on doit savoir où on veut aller. »

Aussi dévoile-t-il quelques-uns de ses atouts pour diriger le Mali : « j’ai travaillé avec les agriculteurs lorsque je dirigeais la Cmdt (Compagnie malienne du développement des textiles). En tant que ministre des Finances, j’en sais quelque peu sur la recherche et la gestion de l’argent. A l’Uemoa, j’ai travaillé avec et pour 8 pays dont j’ai côtoyé les dirigeants.» Aussi cite-t-il un proverbe bamanan : «10 ans à con­duire les ânes, si l’ânier ne comprend pas le langage des bourricots, il doit au moins savoir le chemin le plus court». En d’autres termes, son travail et ses contacts nationaux et internationaux lui ont appris au moins les rudiments de la gestion des hommes et du dernier public.

Charles Konan Banny et Alassane Ouattara ont guidé mes pas. Auparavant, le candidat a rappelé que « la Côte d’Ivoire est un grand pays, la Côte d’Ivoire a eu un grand dirigeant, le président Houphouet-Boigny ». Pour lui, sa visite à Yamoussoukro, au-delà de la campagne, se justifie par le fait que cette ville a donné à la Côte d’Ivoire « un dirigeant hors-pair qui nous a prodigué la sagesse et la paix». Mieux, Cissé explique qu’en plus, il est redevable à Charles Konan Banny « qui m’a appris à travailler, qui m’a tenu par la main, qui a fait de moi le premier président de l’Uemoa et m’a aidé à gérer la dévaluation du franc CFA et qui, aujourd’hui, fait un travail extraordinaire pour son pays».

Il remercie aussi le président Ouattara, «pour avoir ramené la paix dans ce pays et accueilli les Maliens en frères» et qui l’a fait accueillir par le gouverneur Augustin Thiam. «Alassane Ouattara a été pour moi un grand-frère qui m’a accompagné et qui m’a conseillé comme Charles Konan Banny. J’ai connu Alassane, il y a plus de 20 ans quand j’étais ministre des finances et au moment où il était au Fonds monétaire international. Nous avons tissé des relations de fraternité et d’amitié, il a été pour moi un grand-frère, celui qui me conseille, celui qui me met sur le droit chemin, celui qui a toujours pensé largement au-delà de la Côte d’Ivoire, celui qui a toujours pensé Afrique de l’ouest».

Et Soumaïla de dévoiler qu’en 2002, après son échec aux élections présidentielles, Alassane Ouattara venu à Bamako à l’investiture du président ATT en compagnie de Mme Henriette Diabaté, Amadou Gon Coulibaly et Ally Coulibaly lui a dit :
«petit frère, surtout ne te décourage pas. Continue le combat. Un jour, tu seras président». Cet homme (ADO, ndlr) «a eu plus de difficultés que nous, il a vécu des situations difficiles, il a souffert dans sa chair et dans son âme. Alassane est aujourd’hui le président de la République de Côte d’Ivoire et je souhaite le féliciter et le remercier».

Pour conclure, il a prié pour «qu’Allah préserve le Mali de la guerre qu’il connaît et aide à éteindre le feu».

Source: Nord-Sud

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