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Enquêtes & Interviews

Interview accordée à Emmanuel Vitus Agbenonwossi, l’un des fleurons de la famille émergente de la littérature togolaise

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La littérature togolaise marque de plus en plus les esprits et ce, grâce au réveil même si tardif qu’il soit- de certains auteurs ayant compris la nécessité de participer à la construction de ce pays sur d’autres plans. De cette littérature qui fleurit, il y a la poésie, ce genre très difficile mais adorable, qui fait son petit bonhomme de chemin. Voici encore pour vous, un jeune auteur qui s’est impliqué dans la promotion de la poésie tout en écrivant. Il s’appelle Emmanuel Vitus Agbenonwossi, qui se prépare pour faire découvrir son tout premier recueil intitulé “Sur les pas de Senghor” en cours de publication aux Editions Continents, recueil duquel il a accepté de nous parler à travers cette interview.

Qui êtes-vous ?

Je suis Emmanuel Vitus Agbenonwossi, j’ai volé le monde des yeux un 13 Juin 1992 au Togo. Durant un brillant cursus scolaire, je me suis vu proposé une formation à l’école militaire de Tchitchao au Nord du pays, offre que mes parents ont vite déclinée. Militant de plusieurs associations et clubs de journalisme, emporté par la passion de la plume, je suis aussi auteur de plusieurs ouvrages littéraires composés de nouvelles, d’essai, de romans et de poèmes. Aujourd’hui, j’exerce à Radio Excelsior à Atakpamé comme technicien animateur. Avec mon Bac que je viens de décrocher, je deviens étudiant en choisissant la science économique de gestion.

Qu’en est-il de vos débuts dans la littérature ?

J’ai aimé la littérature depuis les bancs de l’école. En ce qui concerne la poésie, cela fait un bon bout de temps. Au fait, j’ai commencé par aligner des vers depuis mon enfance. Mon amour pour cet art connaîtra son apothéose avec un premier texte issu de ma plume en 2003. Au même moment, je perdais l’une de mes cousines maternelles, ce qui a influencé mon projet d’écriture. Le talent de poète avait trouvé asile en mois au collège, plus précisément en classe de 5ème. En ce moment, je n’avais pas beaucoup de textes mais l’inspiration était assez fluide. Ce n’est que deux ans plus tard, en classe de 3ème que j’ai été atteint du virus de l’écriture. Ce que j’appelle souvent une “contamination”, m’a donc poussé à écrire sans relâche d’où je me suis fait découvrir à mes camarades, amis, proches et parents, surtout au cours des grandes manifestations de fête et de semaines culturelles à l’école.

Quel était votre état d’esprit lorsque vous écriviez?

Comme tout auteur débutant, j’inondais ma pensée d’interrogations sur l’avenir de mon projet d’écriture auquel je tiens beaucoup. A ces époques, mon seul souci était de savoir si je pouvais un jour éditer mes textes et faire découvrir mon talent au monde entier. Et cette envie de se faire découvrir m’a conduit à emprunter la voie médiatique pour faire connaître mes ambitions et éventuellement mes textes poétiques. Ainsi, à travers diverses émissions radiophoniques comme “La voix du poète” de tous les mardis à Radio Lomé, “Couloirs des poètes” tous les dimanches à Radio Excelsior à Atakpamé où je fus moi-même animateur durant trois années, et “Poème.com” à Radio La Paix, toujours à Atakpamé. Au cours de ces émissions, plus précisément celles des radios rurales d’Atakpamé, j’ai eu la chance d’être invité pour partager mes poèmes avec les auditeurs.

Quels sont les principaux thèmes que vous abordez à travers votre écriture?

J’aborde tous les thèmes ayant trait à la vie humaine, aux conditions de vie et de travail des hommes et femmes qui œuvrent pour le développement de notre pays. Je suis un auteur qui prête attention aux actualités politiques et culturelles et donc, dans les thèmes que j’aborde, il y aussi l’amour qui est un facteur fondamental de la vie des êtres humains de quelque coin de la terre que ce soit. Il faut vous rappeler que je suis aussi choriste et trompettiste et je chante l’amour, la nature, la nostalgie, la douleur et la résignation dans mes vers qui explorent la vie quotidienne.

Combien de textes avez-vous écrits depuis vos débuts jusqu’à ce jour ?

A ce jour, j’ai à mon actif, plusieurs poèmes que j’ai d’ailleurs rassemblés dans un recueil intitulé “Sur les Pas de Senghor” qui a longtemps dormi dans les tiroirs, faute de moyens pour parvenir à sa publication. Je fais quand même partie d’une trentaine d’auteurs africains réunis dans une anthologie qu’a projetée le Cénacle, une association de poètes togolais. Dans cette anthologie intitulée “Préludes” et qui est en cours d’édition, j’ai trois poèmes et je suis fier de l’initiative.

Pourtant les maisons d’édition avoisinent aujourd’hui une dizaine au Togo…

Vous n’avez pas menti mais le problème en soi, ne se situe pas du tout au niveau du nombre de maisons d’édition mais plutôt au niveau de l’accueil qui est souvent réservé aux auteurs des œuvres littéraires. Pour certaines raisons que moi personnellement je n’apprécie pas, l’on soutient à gorge déployée que la poésie se vent mal alors il est difficile d’en éditer des recueils. A quoi bon d’approcher des maisons d’édition qui sont extrémistes dans le choix des genres littéraires à éditer ? Néanmoins, je m’apprête à réaliser mon rêve le plus cher de ma vie : éditer un ouvrage littéraire. Et Dieu aidant, je m’y mets déjà pour sortir mon premier recueil de poèmes dont je vous ai parlé un peu plus haut, qui est en cours de publication aux Editions Continents, une nouvelle maison qui vient de voir le jour à Lomé.

Pourquoi approcher une maison qui vient de naître il y a seulement quelques mois en lieu et place de celles qui sont sur le terrain voilà des années ?

Ah non, ne nous leurrons pas ! L’équipe dirigeante de cette maison a en son sein, un responsable qui a fait sa preuve dans le domaine de l’édition pendant quatre années ici au Togo. Alors, il y a matière à leur faire confiance surtout que c’est grâce à la personne ressource dont je parle, que certaines maisons d’édition ont pu voir le jour et existent aujourd’hui dans le pays.

Pouvez-vous nous dire quand votre recueil sera sur le marché ?

C’est pour bientôt. Aux Editions Continents, on a appuyé sur l’accélérateur pour que le recueil soit publié dans les meilleurs délais. Mais sachez que ce n’est pas pour longtemps. Vous serez surpris, tant du délai de réalisation de cet ouvrage que de la qualité du travail qui est en train d’être fait.

Réalisée par Kodzo A. Vondoly

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