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Inetrview / Espoir Agbogan : « Mourir que Vivre, en plus d’être une fiction…est une réalité »

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Il est jeune, togolais et imaginatif. Amoureux de la guitare on le croyait artiste musicien. Le sort en a décidé autrement. Espoir Agbogan puisque c’est de lui qu’il s’agit se révèle au public togolais comme un réalisateur pétri de talents. « Mourir que vivre » son premier Film court métrage, réalisé en 2011 plonge les téléspectateurs dans une tragédie toute particulière. Comment une enfant victime des abus sexuels de son père peut vivre le désespoir au point de mettre fin à sa vie et à celle de son père ? Le réalisateur répond à nos questions. Lisez plutôt.

Bonjour M. Agbogan présentez-vous au public

Je réponds à l’état civil au nom d’Agbogan Kodjo Mokpokpo. Espoir Kodzo Agbogan c’est mon nom de réalisateur. Je suis cinéaste. J’ai fait l’école de cinéma à l’ESEC. Je suis sorti réalisateur, voilà.

Vous venez de terminer la réalisation de votre premier film « Mourir que vivre ». Que peut-on retenir dans ce film ?

Il faut dire que mourir pour vivre en plus d’être une fiction, c’est également une triste réalité. C’est un film don nous avons vécu l’histoire tout fraiche. C’est une histoire bien vécue par cette jeune fille et Richard est toujours vivant. C’est lui qui m’a raconté l’histoire et j’ai vu que celle-ci n’est pas comme les autres. J’ai vu des films dans lesquels les pères abusent de leurs filles mais jamais aucune d’entre elle n’est allée jusqu’à se donner la mort. C’est des choses qu’il faut mettre devant le public. C’est une réalité. Que ce soit en Afrique ou partout dans le monde les parents continuent par abuser de leurs enfants.

Des difficultés dans la réalisation du film ?

Le cinéma n’a jamais été une activité assez facile. Vous savez, le Togo est à ses débuts, avant nous, il y a eu beaucoup d’autres mais il n’y a pas de sponsoring, de financement, le cinéma a commencé par disparaître. C’est maintenant que ça commence par revenir avec de petites productions. C’est assez difficile pour nous les jeunes réalisateurs. Une œuvre de 24minutes, c’est un court métrage et les cinéastes vous diront combien cela coute. C’est une autoproduction mais je salue des gens qui m’ont aidé aussi moralement que financièrement.
Ahoé film, c’est ma structure que j’ai crée, avec l’aide de Stone. AHOE Film ce n’est plus à moi seul par ce qu’il y a beaucoup qui y travaillent.

Quel est l’objectif poursuivi en réalisant un tel film ?

Mon objectif c’est que cette œuvre touche toutes les familles, toutes les couches sociales. J’ai même écrit dans la note d’intention du film que ce film n’a pas pour vision d’inciter les victimes de cette action à tuer leurs parents ou encore se suicider. Mais que les parents prennent conscience que la pratique est dangereuse.

Avez-vous le soutien des médias et structures en charge du cinéma au Togo ?

La triste réalité, il faut le dire c’est que nos médias ne veulent pas nous aider. Ils déploient des millions pour acheter des films indiens, des feuilletons indous et brésiliens qu’on passe sur les chaines. Je peux comprendre qu’avant ils n’avaient pas confiances aux productions nationales mais de nos jours on a dépensé des millions pour fréquenter, ce n’est pas pour présenter des œuvres médiocres. Il est temps de commencer par faire confiance aux cinéastes togolais qui veulent faire quelque chose et surtout de commencer par payer ces films.

Des personnes à remercier?

Particulièrement, je remercie Stone sans qui ce fruit ne serait pas. Je remercie l’ESEC, son directeur, Kossi Akpalou, Agbogan Pablo, mes parents.

Merci M. Agbogan.

C’est plutôt moi qui vous remercie.

Inrterview réalisée par Roger Adzafo

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