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Politique

Togo : Propos recueillis de Nicolas Lawson, le président du Parti du Renouveau et de la Rédemption

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Le président de PRR, Parti du Renouveau pour la Rédemption, Nicolas LAWSON, a accordé une interview à l’Agence Savoir News. Une interview au cours de laquelle sont dressés le bilan de l’année écoulée, de grandes actions menées par son parti. D’autres sujets relatifs au départ du Président de l’OBUTS, Messan Agbéyomé Kodjo, du Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation, et son avis par rapport au dernier message de voeux du nouvel An prononcé par le Chef de l’Etat Togolais, ont été également abordés par l’interview dont Togoportail vous fait échos.

Savoir News : Comment se porte aujourd’hui le PRR?

Nicolas Lawson : Le PRR se porte bien et on a de l’espoir, parce que le parti est mieux écouté. Dans les années passées, on nous a calomnié, on a fait croire dans un cas que nous étions des utopiques et dans l’autre camp que nous sommes des vendus, des impopulaires. Il y a la possibilité de faire les choses autrement. Nous sommes intelligents et travailleurs. La confrontation entre les extrêmes n’a pas causé que des violences, mais des morts, des exils et le déclin du pays. Aujourd’hui, les Togolais qui ont été instruits par le calvaire de celui en qui il croyait comme un messie, est aujourd’hui ce que tout le monde sait. Nous sommes donc mieux écoutés. Nous travaillons plus dans le nord, à Dapaong, à Kpendjal et à Atakpamé. Les feedback que nous recevons nous encouragent.

Savoir News : Quel bilan (politique, social et économique) dressez-vous de l’année 2011 ?

Nicolas Lawson : C’est une année très contrastée. Les togolais ont été frustrés par les hausses des produits pétroliers. Le coup de la vie a énormément augmenté, les étudiants, les travailleurs n’ont pas vu leurs conditions s’améliorer. A côté, il y a une catégorie de Togolais qui cumulent les fonctions. Sur le plan économique et social, globalement cela a été un recul pour les Togolais. Pour nous du PRR et pour les Togolais en majorité, il aurait fallu une augmentation des salaires. Quand l’électricité augmente, quand l’eau augmente, quand les prix des denrées de premières nécessité augmentent, il faut augmenter le salaire, car le Togolais a le droit de travailler et avoir un salaire décent. Le droit de s’habiller, de manger et de s’éduquer, sont bafoués. Pour l’immense des Togolais que nous rencontrons, ce n’est pas de l’espoir, mais beaucoup d’inquiétudes pour ce qui concerne l’avenir. Le gouvernement n’écoute pas, car dans les interventions de la population à travers les médias, on entend la détresse, la souffrance et la désolation. Ce n’est pas des louanges des gens qui viennent de l’extérieur qui comptent, parce que ceux-là viennent pour des intérêts. Donc nous pouvons dire que 2011 a été une année difficile pour le Togo et pour les Togolais ; et nous ne pouvons pas accepter que quelques individus qui trouvent leurs comptes, puissent dire que les choses vont bien. Les choses vont certainement bien pour eux, mais vont mal pour la majorité. Notre pays est classé parmi les plus hautement corrompus. Nous ne sommes pas contents, nous sommes frustrés et des fois même, en colère. Lorsqu’on voit les jeunes assis en train de jouer au Ludo et à ne rien faire, cela frustre. Les centres de santé sont à construire et ceux-là qui doivent participer à cette construction vivent dans le chômage et l’oisiveté. Dans un pays qui a une population de 6 millions d’habitants et qu’il n’y a que 54.98 0 fonctionnaires – c’est-à-dire moins de un pour cent – avec des salaires de misères, comparés à la France avec 12% de la population fonctionnaires, nous sommes en colère.

Savoir News : Quel est le plus grand évènement qui vous a plus marqué durant l’année 2011 ?

Nicolas Lawson : Au Togo, nous ne pouvons pas parler de grands évènements. Personnellement, j’estime que tout ce qui s’est passé l’année passée l’a été dans la médiocrité. L’année 2011 a été très triste pour les Togolais. Dans les années de dictature, le Togo accueillait les grandes conférences, mais en 2011 tout ce qui a été fait était médiocre. L’état de notre pays n’est pas beau. On ne peut pas dire qu’il y a des grands évènements qui nous ont marqués. On n’a pas eu de grandes choses. En dehors de ça, dans le monde, c’est la crise de la dette en Europe qui est devenue patente pour beaucoup de gens. Quand nous prévenions qu’il y avait une mauvaise gestion de l’économie et que l’occident conduisait le monde vers la dérive, les gens ne nous croyaient pas. Aujourd’hui, on constate qu’il y a une oligarchie financière qui confisque la souveraineté des Etats ; qu’ils appelaient l’économie de marché qui est dévoilée. Et les gens désormais, savent que tous les Etats sont des pantins. C’est un tournant majeur et cela servira de leçon aux uns et aux autres pour qu’ils trouvent une nouvelle doctrine pour gouverner leur pays, contre cette oligarchie qui a confisqué nos souverainetés durant les trente dernières années. Le printemps arabe est aussi un évènement important qui ne peut pas nous impressionner dans la mesure où dans les années 90, nos pays étaient aussi secoués de cette manière. Ce sont des péripéties dans l’histoire de l’humanité. La crise financière en Europe a été un tournant dans l’histoire.

Savoir News : Le PRR a sûrement mené des activités durant l’année écoulée. Pouvez-vous nous énumérer quelques unes ?

Nicolas Lawson : Nous avons surtout fait des activités de vulgarisation de nos idées par des conférences de presse, des communiqués de presse, des informations à la radio, des distributions de prospectus, des meeting, des caravanes, des galas, des rencontres et débats d’échanges. Voilà globalement ce que le PRR a fait en 2011, qui a été une année de consolidation, pour faire connaître notre parti à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Savoir News : Le président de l’OBUTS a claqué le mois dernier la porte du CPDC. Vous-même, vous l’aviez fait, avant de revenir sur votre décision ? Quelles sont vos appréciations ?

Nicolas Lawson : Je dois d’abord parler de moi-même. J’avais adressé une lettre au chef de l’Etat pour lui expliquer que les conditions de travail au sein du cadre, l’état d’esprit des gens qui étaient là, n’étaient pas favorables pour faire un travail sérieux pour l’avancement démocratique. Après, il y avait des échanges avec d’autres partis y compris le RPT pour nous demander de retourner au CPDC et en vue d’apporter notre contribution. Nos partisans nous ont aussi dit de ne pas pratiquer la politique de la chaise vide. Nos amis de l’extérieur nous ont aussi conseillés de participer et d’apporter notre contribution. Depuis que je suis retourné, je ne regrette pas, parce qu’il y a une certaine coordination, une certaine volonté. Car dans l’accord politique global, les gens n’ont pas réussi à limiter le mandat présidentiel. Nous l’avons fait avec le CPDC rénové. Nous avons aussi retenu que le président de la cour constitutionnelle ne soit plus nommé par le président de la République, mais élu par ses pairs et nous avons limité son mandat qui est de 7 ans, non renouvelable. Nous avons également diminué le nombre de sénateurs que le président peut nommer du tiers au quart. Nous n’avons pas encore conclu sur la suppression de l’assemblée nationale par le président, c’est en cours. Nous devons également parvenir à un mode de scrutin à deux tours pour l’élection du président de la République. Nous voulons l’avoir par consensus. Ce sont des avancées majeures. J’affirme très hautement que ce que nous faisons là-bas est novateur.

S’agissant de Monsieur Agbéyomé Kodjo – qui a été souvent absent et représenté par un de ses lieutenants – ; pour ce qui nous concerne, leurs propositions étaient souvent populistes et démagogiques.

Les partis politiques de l’opposition qui ont dialogué avec le RPT pendant 12 ou 13 dialogues n’ont pas pu obtenir la limitation de mandat. Ils n’ont pas obtenu que le citoyen lambda puisse saisir la cour constitutionnelle pour demander l’inconstitutionnalité da la loi. Nous l’avons obtenu.

Certains viennent au CPDC croyant qu’ils ont des titres et pouvant faire avaler à tout le monde leurs bêtises. Ils s’en vont, parce qu’il est plus facile de faire du populisme et de la démagogie. L’avenir de ce pays, c’est comment réviser la loi fondamentale pour donner les conditions qui permettent de transformer ce pays, d’organiser des élections libres et transparentes. Ce n’est pas le populisme et l’intérêt personnel.

Le départ de Monsieur Agbéyomé Kodjo est un bon débarras pour le PRR. Il ne faut pas continuer à abuser de la naïveté ou de l’ignorance des Togolais. L’UFC en avait abusé et aujourd’hui, c’est une clique de démagogues et de populistes tout aussi dangereux, sinon plus, qui reprennent le flambeau pour tromper à nouveau les Togolais.

Savoir News : Le chef de l’Etat a adressé le 31 décembre dernier, un message de vœux à la nation, discours de moins de 5 minutes. Quel commentaire faites-vous de ce discours ?

Nicolas Lawson : Le chef de l’Etat a parlé d’efforts et de sacrifice des Togolais. Il est évident que les Togolais fassent des efforts et des sacrifices et c’est cela qui tient ce pays debout.

Mais là où les vœux du chef de l’Etat posent problème, c’est là où il parle de solidarité et de partage. Il sait très bien que ses collaborateurs directs et indirects cumulent des fonctions ; alors s’il parle de partage, il ne dit pas la vérité.

Il doit d’abord démettre ses collaborateurs des fonctions qu’ils cumulent et distribuer ces fonctions à d’autres et c’est ce qu’on appelle partage et solidarité. C’est une contradiction fondamentale entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. C’est pourquoi le PRR souhaite des clarifications et des actes, surtout que des paroles, sinon se sont des vœux pieux et provocantes.

Au PRR, nous avons des militants, des sympathisants, des parents qui sont compétents et qui n’ont pas d’emploi. Le partage et la solidarité exigent qu’on enlève le Maire de la ville de Lomé. Qu’on lui enlève ses responsabilités de Maire de la ville de Lomé ou du directeur général du port de Lomé ou d’autres fonctions, qu’on décharge également le ministre de la Sécurité qui est encore directeur de l’aviation civile de l’une de ses responsabilités etc… Ce sont ces anomalies qu’il faut régler.

Source: www.savoirnews.net

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