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Finances

Le verdict du triple A et ses conséquences politiques en France

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La politique et l’économie font bon ménage”, cette assertion peut se révélée comme un élément de combat redoutable pour affaiblir son adversaire sur le terrain de jeu politique. C’est ce qui s’annonce dans les méandres de la classe politique de l’hexagone à quelques mois des élections présidentielles que vivra ce Pays. Un véritable mic mac stratégique que les uns et les autres vont exploiter diversement à leur profit et au dépens de son adversaire, dans le but de coiffer ce dernier au poteau au terme des échéances électorales donnant droit au fauteuil présidentiel tant convoité. C’est de bonne guerre tout de même. Notre confrère la Radio France Internationale a publié un article d’analyse sur le sujet, article que Togoportail se propose de vous reprendre pour votre bonne gouverne.

Depuis que la France a perdu son triple A, la donne a changé dans la campagne pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy est affaibli. Et ses adversaires essaient tous de tirer profit de cette nouvelle situation qui leur donne un argument pour critiquer le bilan du président de la République. Mais à trois mois de l’élection présidentielle, il est encore trop tôt pour en conclure quoi que ce soit et savoir comment les Français prendront en compte la dégradation de la note du pays dans leur choix électoral.

Dominique de Villepin a bien résumé la situation en déclarant que, selon lui, la perte du triple A marquait «le vrai début de la campagne». Pour l’ancien Premier ministre, cette dégradation de la note de la France décidée par l’agence Standard and Poor’s est une «humiliation». Et elle signe «l’échec du quinquennat» de Nicolas Sarkozy. Dans ces conditions, Dominique de Villepin prône «un profond changement de la donne politique» à l’occasion de l’élection de 2012. En d’autres termes, le choix d’un nouveau président de la République.

Il est vrai que la dégradation de la note de la France offre une occasion en or aux adversaires du chef de l’Etat de s’en prendre à la politique menée depuis cinq ans. Nicolas Sarkozy avait lui-même fait de la défense du triple A, comparé à «un trésor national», la clef de son action. Et même si depuis quelques semaines, une opération de dédramatisation avait été engagée pour préparer les Français à une probable mauvaise nouvelle, la décision de Standard and Poor’s a mis en évidence l’incapacité du chef de l’Etat à empêcher la dégradation. L’image du président «protecteur» a tout à coup perdu de sa crédibilité.

Sarkozy en ligne de mire

François Hollande n’a donc pas manqué de faire valoir que malgré ses discours combatifs, Nicolas Sarkozy avait « perdu » la bataille et a insisté sur le fait que ce n’était pas la France qui avait été dégradée mais « une politique, une stratégie, une équipe, un gouvernement, un président ». Dominique de Villepin à droite, François Hollande à gauche, en arrivent à la même conclusion : tout est de la faute de Nicolas Sarkozy.

Dans le concert des critiques, un autre candidat, le centriste François Bayrou a fait entendre sa voix. Une voix un peu différente puisque, lui, ne s’en prend pas uniquement à Nicolas Sarkozy mais renvoie dos à dos tous les gouvernants, de droite et de gauche, qui se sont succédé depuis les années 1990 et ont aggravé sans cesse les déficits amenant la France à l’endettement abyssal actuel et à la perte du triple A.

Profiter des inquiétudes

A chacun son créneau et son adversaire désigné. Dominique de Villepin espère que le revers que vient de subir Nicolas Sarkozy peut l’aider à se présenter en recours au sein de la majorité. Il a d’ailleurs l’intention d’adresser une lettre aux parlementaires et aux élus de son camp pour les appeler à prendre leurs responsabilités et à choisir. François Hollande veut, lui, inviter les Français à sanctionner un président de droite dont la politique jugée injuste a échoué et à voter socialiste. François Bayrou, qui avait mis en garde contre le creusement de la dette, compte voir les électeurs lui reconnaître sa capacité à dire la vérité et valider sa stratégie d’union nationale face à la crise.

Remettre en cause le « système »

La perte du triple A a aussi apporté de l’eau au moulin des candidats qui remettent en cause plus globalement le « système ». A commencer par Marine Le Pen. La candidate du Front national a attaqué sans relâche, lors d’un grand meeting près de Rouen, « le mensonge … devenu industriel sous Nicolas Sarkozy » mais s’en est pris aussi aux autres candidats qui défendent la mondialisation qu’elle juge « tous discrédités ».

Pour Marine Le Pen, la dégradation de la France doit faire prendre conscience aux citoyens de l’incapacité des gouvernants en place à les protéger. Son discours insiste ainsi sur la perte de souveraineté d’une Nation soumise au jugement des agences de notation. De l’autre côté de l’échiquier politique, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s’en prend lui aussi aux agences de notation et promet de les faire « partir comme les autres ont fait partir Ben Ali et les Moubarak ». L’un comme l’autre supposent que la déception et l’inquiétude inciteront les Français à voter pour eux et comptent bien utiliser la perte du triple A pour les convaincre.

La riposte

Dans ce concert de critiques dont il est la cible, Nicolas Sarkozy a décidé de contre-attaquer. Le président de la République, qui n’est pas encore officiellement candidat, n’entend pas rester sans réagir. Dès l’annonce de la perte du triple A, la riposte a été lancée notamment par François Fillon qui s’en est pris à ceux qui critiquent Nicolas Sarkozy mais ne proposent que des « solutions qui accroissent la dépense publique ». C’est bien évidemment au candidat socialiste François Hollande, principal adversaire de Nicolas Sarkozy, que s’adressait cette pique du Premier ministre. L’objectif est clair : il faut montrer que perte du triple A ou pas, Nicolas Sarkozy reste le plus crédible pour lutter contre la crise.

Comment faire passer ce message ? En annonçant que le président va lancer de nouvelles réformes après le sommet social du 18 janvier, des réformes destinées, comme Nicolas Sarkozy l’a lui-même annoncé lors de son déplacement à Madrid, à « réduire les déficits, réduire les dépenses, améliorer la compétitivité… pour retrouver la croissance ».

Mais surtout Nicolas Sarkozy, qui a commenté pour la première fois la perte du triple A lors de cette visite en Espagne, a invité « chacun à ne pas s’affoler ». Une manière de faire la différence entre lui et ses adversaires, et de conserver sa posture de président en action face à des opposants qui, selon lui, manquent de « sang-froid ». A trois mois de l’élection, la campagne est entrée dans le vif du sujet.

Source: www.rfi.fr

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