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Politique

Poursuite des audiences de la CVJR à Lomé, les années 90 au menu

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Les années 90. Est-ce que les Togolais pourraient-ils l’oublier un jour ? Pour le moment apparemment non. Puisqu’ils en parlent presque tous les jours. Et d’aucuns justifient cette réponse par le fait que l’année 90 a vu s’élever à l’est le vent de la démocratie et surtout que cette année et celles qui ont suivi ont été marquées par les soubresauts politiques et des violations des droits de l’homme. Les marches ; les mouvements de contestation aussi estudiantins ont été au rendez-vous.

Ces mouvements et violations ont été touchés du doigt par la Commission Vérité Justice Réconciliation à ce jour du 10 novembre 2011. Et plusieurs victimes et témoins ont été auditionnés et leurs faits relatés sont relatifs aux nombreux brimades, exactions, traitements dégradants et autre formes de violences physiques et psychologiques subis. De leurs témoignages, dont celui de Dossouvi Logo, l’un des leaders emblématiques des mouvements de contestation des années 90, on retient que tous les cas de violations ont été caractérisés par des intimidations et divers abus de pouvoir exercés par des personnalités.

Ceci compte tenu de leurs positions et de leurs privilèges politiques, avec à la clé les arrestations et détentions arbitraires et leurs cortèges de traitements inhumains et dégradants.

D’autres témoignages ont fait cas de tentatives d’assassinats et d’agressions physiques, des départs en exil sur la base de suspicion liée à des activités politiques réelles ou supposées qui ont en commun de soutenir les activités de l’opposition démocratique au régime alors en place. De plus, soulignons aussi que la Commission a écouté des cas d’abus d’autorité, d’exactions commis par les éléments des forces armées Togolaises sur des citoyens importunés sans raison, ou à cause de leurs convictions politiques.

Selon la Commission, à l’analyse de tous ces témoignages, il apparait que la tension sociopolitique liée au contexte national du début des années 90, fortement marquée par les clivages entre le régime alors en place et l’opposition démocratique, a favorisé la multiplication des violations des droits de l’homme pour des raisons politiques. Ce que la Commission déplore. Elle exhorte les auteurs présumés à contribuer à la manifestation de la vérité et encourage les victimes à ne pas cultiver l’esprit de vengeance malgré les souffrances et la détresse subies.

Firmin Teko-Agbo

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