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Politique

Les violences politiques électorales d’Aneho à l’ordre du jour à la CVJR.

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Les Forces Armées Togolaises étaient ce 16 novembre devant la Commission Vérité Justice Réconciliation. Cette fois encore pour jouir du principe de droit de Réponse qu’accorde la Commission à toute personne sans exclusive. Mais ce jour de mercredi 16 Novembre, ils se sont retrouvés dans la même salle que certains qu’elles accusent et qu’elles indexent dans leurs déclarations, dont le Chef de la Ville d’Aneho Zankli Lawson nommément cité.

Tout commence avec la première accusation. Les Forces Armées Togolaises affirment que le Chef Zankli avait déclaré sur une Radio privée de sa ville à la veille du scrutin présidentiel de 2005 que si le RPT gagne, la population est invitée à descendre dans la rue.

Première riposte silencieuse, Zankli rit. Deuxième contre-attaque et cette fois-ci publiquement «Je n’ai demandé à personne de descendre dans la rue. Au contraire, le 23 Avril 2005, veille de l’élection, il y avait un incendie dans un quartier d’Aneho appelé Yesuvito». Averti, Zankli Lawson fait savoir qu’il s’est déplacé personnellement dans le quartier pour éteindre le feu.

Arrivé là, il retrouve une multitude de jeunes qui brulent déjà des pneus et forment des barricades. Et toujours là, il retrouve les agents de sécurité prêts pour tirer. Et le chef déclare les avoir suppliés de ne pas tirer. « Je ne serais pas sorti ce jour, il y aurait carnage à Aneho » ajoute-t-il.

Deuxième situation qui attire l’attention du public. Les FAT déclarent publiquement que leur hélicoptère avait sillonné la ville, non pas pour tirer mais retrouver les points de barricade. Alors que, il est depuis raconté que les militaires ont tiré sur la ville depuis l’hélicoptère pendant cette période électorale. Dans la suite, un Brigadier ajoute aussi qu’il avait été bastonné par la population et qu’il a été conduit enfin de compte chez le Chef. Vrai ou faux ? Le Chef explique « le mardi jour de l’élection et jour de marché de la ville, une partie de la population est venue se réfugier dans ma maison », il éclaire encore que des coups de feu s’entendaient dans le quartier, ce qui effrayait ceux qui étaient dans son domicile.

Dans le sillage, le Brigadier pointé en haut demande l’hospitalité du Chef, ce qui fut accordé. « J’ai ordonné qu’on prenne soin de lui et qu’on lui serve à manger » affirme Zankli qui dit aussi que les murs de sa maison avaient aussi été escaladés par les soldats et qu’ils l’avaient amené pour le garder dans une cellule à la gendarmerie.

Mais entre-temps, il a été plongé dans une rigole avant de monter dans la voiture de la gendarmerie. Il a été mis à nu et relâché plus tard. Remue-ménage dans la salle. Un remue-ménage qui s’est répété durant l’intervention du Chef Zankli. Et Zankli qui déplore tout ce qui s’est passé et regrette la dévalorisation des valeurs culturelles par les forces de sécurité en se permettant d’escalader une maison royale.

En tout cas, vers la fin de ses propos, le Chef de la Ville d’Aneho dit avoir pardonné et fait la paix des barves avec les forces de sécurité. Il joint aussi sa voix aux recommandations des Forces Armées Togolaises qui remercient le Chef de l’Etat Togolais pour l’initiative et demandent à la Commission de décréter une journée de réconciliation au Togo.
« Plus jamais ça dans notre pays » ajoute t-il en faisant allusion au Président de la République qui avait dit lors de la période électorale de 2010 « plus jamais de violence dans le pays. »

Firmin Teko-Agbo

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