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La Loménarde, le concept de promotion du genre féminin au coeur des Togolaises

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La question des femmes au Togo a pris une plus grande place depuis ces deux dernières décennies. Le gouvernement a validé ainsi en 2006 une Stratégie Nationale d’Intégration Genre pouvant faciliter la bataille des femmes à advenir à leur réussite. Aujourd’hui au Togo, sur une trentaine de ministres seuls 5 sont femmes. De la même manière à l’Assemblée Nationale sur 81 députés, 8 sont femmes. Aucune femme préfet, aucune femme maire, etc. Ces chiffres interpellent et montrent combien le chemin reste encore long. S’il est vrai que l’Etat a une volonté manifeste à y remédier, aussi vrai est-il que seules, les autorités ne peuvent rien faire. Cette réalité a poussé certaines personnes innovantes et de bonne volonté à penser des projets et des concepts afin de contribuer et de marquer cette lutte pour l’évolution de la femme. Il faut que les femmes arrivent à prendre conscience de l’importance de leur représentativité dans la société. Gisèle Victoria MAGBO qui est l’une de ces personnes battantes s’est exprimée à notre micro. Elle est initiatrice du projet LA LOMENARDE et est présidente de L’Union des Femmes Entrepreneures du Togo (UFET).

La Loménarde, GM La Loménarde, ces deux désignations deviennent familières à Lomé, comment doit-on vous appeler?

Pour plus de simplicité, appelez-moi Victoria ou Gisèle.

Vous êtes aussi présidente de l’Union des femmes entrepreneures du Togo, UFET qui accompagnera vos projets au Togo. Où en êtes-vous avec? Pouvez-vous nous dire les objectifs de cette union ?

Lors de notre troisième rencontre entre femmes togolaises à l’étranger, nous avons eu à décider des choses qui seront bientôt à jour. L’Union des femmes entrepreneures du Togo (UFET) aura pour mission de regrouper les femmes Togolaises afin de construire ensemble un leadership innovant axé sur l’entreprenariat. Elle initiera et accompagnera des projets et surtout assurera la pérennité d’actions de solidarité dans le cadre de l’émancipation économique et sociale de la femme togolaise. Nos valeurs « exacerbées » seront la solidarité, l’entraide, la complémentarité, la patience, la bonté, la tempérance. Toutes ces valeurs indispensables dont l’Homme à besoin pour conquérir la terre et construire le monde. La femme togolaise doit être visible dans tous les aspects de la vie sociale, politique et économique.

Vous attendiez-vous un jour à vous retrouver initiatrice d’un tel concept ?

Si je dois vous répondre spontanément, je dirai non. Mais, à vraie dire, cette question mérite réflexion. Vous savez, j’ai toujours été volontaire et dynamique. Ma famille, mes amis et même mes professeurs vous le confirmeront. Des idées tournant autour de la démarche d’équité, d’idéaux démocratiques, d’autonomie de la femme m’ont toujours passionnée. J’ai donc pris conscience très tôt de certaines difficultés sociales auxquelles la femme est confrontée. Et je me rends compte que cet espace reste toujours vaquant au Togo. Donc, comme je l’ai toujours fait, c’est-à-dire me lever et m’activer, je me lève aujourd’hui pour ce combat cher à mes yeux, celui de l’entreprenariat de la femme Togolaise. Alors, oui, inconsciemment je m’apprêtais à relever ce genre de défi.

Avez-vous des difficultés à réunir les gens ou les fonds autour de vos projets ?

Au début, oui. Ce ne fut pas évident. Mais, c’est un peu normal. Après tout, nous vivons dans un monde machiste et patriarcal. Donc une initiative pareille fait toujours peur comme à chaque fois que des femmes essaient de s’organiser pour prendre conscience de leurs possibilités en prenant la parole.

Mais depuis ma conférence à Gand, Bruxelles et Genève avec des gens qui veulent se lever pour le Togo, des togolaises viennent spontanément autour de la table avec des idées très intéressantes. C’est une grande victoire. Quand on fait les choses avec conviction, le résultat est toujours satisfaisant.

Quels sont les échos que vous recevez de la population sur votre action ?

Depuis la création du site internet et la publication de ma première interview, j’ai eu de bons retours. La bouche à oreille a beaucoup fonctionné aussi. La population Togolaise est très curieuse de nos actions. Toutes sortes de question se posent. Je crois que c’est là un bon signe.

Sentez-vous déjà un réel engouement des femmes togolaises autour de votre concept ?

Celles qui veulent travailler et aider arrivent avec sourire, mains libres et idées nouvelles. Des femmes commencent par s’entraider, à se dire qu’elles n’ont plus le temps d’attendre. Ces femmes sont des personnes au savoir-faire et au savoir-être affirmés. C’est très énergisant. J’irai avec elles au bout de nos objectifs.

Comment pensez-vous procédez pour toucher le reste de la population?

Si je vous disais que je mourrais d’ennui quand on m’appelait de partout pour me parler, allez-vous me croire ? Non, sans doute ! Nous avons parlé ensemble avec une voix colorée par la force de nos désirs. Nous avons montré ce que nous savons faire en donnant déjà des possibilités aux femmes. Et nous les avons accompagnées pendant ces trois derniers mois. Avec l’aide de Dieu elles se réveillent pour plus de créativités. Chacune d’entre-nous apporte sa source de vie. La femme togolaise doit s’imposer par ses actes et elle se fera respecter par ses mérites. C’est ainsi que nos actions seront encore plus visibles, palpables et concrètes.

Qu’est ce qui fait de la Loménarde une différence ?

La Loménarde c’est l’excellence ! C’est la sève de la vie et le capital de la capitale. Elle construit avec acharnement tous les jours ce socle de l’excellence et fait de sa motivation un moteur de performance. Ce sera vaniteux de croire que l’on possède toute la connaissance nécessaire à l’application d’une activité. Donc, la Loménarde cultive sa différence en cherchant à renforcer ses habilités au contact d’autres femmes, et intégrer dans son quotidien de nouvelles connaissances pour pouvoir assumer de grandes responsabilités. Elle refuse d’abandonner malgré les handicaps qu’elle rencontre parfois.

Nous cherchons à mieux définir les attentes de la femme togolaise pour pouvoir trouver ensemble des solutions en profondeur.

Nous sommes persuadées que c’est le début d’une très brillante action. Faire participer massivement les femmes autour des projets. A partir du moment où nous avons la capacité de prendre la parole ici dans cette tribune, nous devons nous estimer capable de prendre notre place partout.

On vous sent une grande passionnée de la réussite par l’excellence, par qui avez-vous donc appris cela ?

Mon père, mon héros. Il avait fait de l’excellence son métier. J’ai appris cette notion avec lui, puis lors de mon parcours, j’ai rencontré des gens qui pensaient pareil que moi. Pour moi, c’est la synthèse parfaite de l’équilibre et de la performance. Ces effets génèrent des résultats remarquables, équitables et durables. Cette passion tel un animal fouisseur, vient se nicher au creux de mon ventre. Elle me fragilise au point que j’éprouve déjà la peur viscérale de mourir sans avoir vu l’éclat du vrai bonheur dans les yeux des togolais. Ceci me dépose bien souvent près des défis pour gommer les aléas de la vie, et réécrire à l’encre du corps, d’autres histoires des âmes vaillantes.

Pensez-vous aux jeunes lycéens? Comment leur donner envie de cette culture et passion de l’excellence ?

Les lycéens, les étudiants sont les maîtres du futur, le symbole de l’avenir. Si j’y pense ?
Il fut un moment je réfléchissais justement à comment faire pour soutenir la jeunesse. Il faut qu’elle construise son identité. Il faut qu’on montre aux jeunes le chemin de leur futur rôle de citoyens. Stimuler leurs ambitions est très important. Puis l’une de mes collaboratrices m’a présenté le projet « Programme Excellence Jeunes ». C’est une initiative de Didier Acouetey du Réseau Pour l’Excellence. Il s’était déplacé en 2010 pour me voir au sujet du plan de relance d’emploi et de l’économie pour le Togo. Ce programme d’Excellence mis en place cet été au Togo permet de développer et de consolider l’excellence chez des jeunes togolais. L’objectif est de faire d’eux des décideurs de demain. Les lauréats sélectionnés sont orientés vers les meilleures écoles en Afrique pour leurs études supérieures, et éventuellement des écoles à l’étranger au bout de quelques années. On désigne un mentor qui les suit chaque année, jusqu’à la fin de leur cursus.

Je trouve ce programme, excellent pour la jeunesse togolaise et je suis très admirative de tous les promoteurs de ce projet. C’est tout d’abord donner une chance inouïe à nos jeunes et surtout promouvoir une future génération d’entrepreneur adhérant à la culture de l’excellence.

Mon plus cher désir après avoir lu ce projet est que ce programme soit implanté partout en Afrique. Il faut faire de notre cher continent, source des voyages et des richesses, une future puissance économique mondiale. Je souhaite pour eux plus de soutiens de la part des partenaires sollicités. Une chose est sure, les Loménardes sont conquises et les soutiendront dans la réalisation de leurs projets. Vous aurez plus d’informations sur le site www.resexcell.org

Pensez-vous que ce programme ferait d’eux les meilleurs ? Des excellentes togolaises qui formeront avec vous des tuyaux de l’entreprenariat et du leadership ?

Didier est un exemple à suivre. Un homme que j’admire et prend pour maître, j’envie ces étudiants à qui il ouvre ces portes ! Ensuite, je vous dirai que non seulement il fera d’eux des meilleurs, mais aussi et surtout des meilleurs qui n’arriveront pas qu’avec de fortes références et certificats, dont le parcours universitaire est le plus spectaculaire. Ni cette tranche de personnes aux écrits et discours fallacieux qui afficheront simplement le plus d’ambition ou d’énergie enthousiaste et exubérante. Non, évidemment. Les meilleurs de cœur, ceux dont le Togo a besoin qu’il forme, seront des génies qui brilleront avec humilité ! Le Togo a besoin du meilleur, celui qui est assez humble pour reconnaître que commencer ou recommencer ailleurs c’est apprendre à nouveau, quasi ex nihilo. Notre nation a besoin des êtres de cœur à l’âme candide qui auront l’audace d’ébranler ce qui existe déjà, sans haine. Notre terre togolaise a besoin de ses enfants qui savent écouter sans filtre, l’oreille ouverte, et pratiquent la solidarité comme un des piliers de leur dogme. Et c’est ce genre de patriotes que les Loménardes feront voir. Des humains qui sont capables d’adhérer à un projet avec bienveillance même s’ils en étaient contre, consacrant toutes leurs compétences à son accomplissement. Aucun podium à Lomé pour ces meilleurs togolais, tout est dans le désordre, mais le désordre est propice parfois à la créativité d’où l’UFET, le Réseau de l’Excellence cette année 2011.

On murmure la création de la marque La Loménarde, pourriez vous nous en dire un peu plus ?

Elle sera la marque à porter pour la vie, pour un esprit sain dans un corps sain. Pour une nature saine dans un pays de paix. Elle porte haut le flambeau du drapeau de notre chère nation. Vous la verrez partout dans les mois à venir et même sur le ventre de nos futures-mamans et nos nouveaux bouts de choux nés. Nous sommes déterminées à conquérir les populations togolaises. Dans le premier numéro du magazine La Loménarde, vous en saurez plus sur cette marque. Elle était à l’ordre du jour de notre dernière réunion à Genève.

Le Togo vient de choisir sa Miss et nous avons remarqué que le thème choisi cette année rappelle le message de La Loménarde. Quel appel voudriez-vous lancer à la Miss Togo nouvellement élue ?

Cela me fait plaisir que le concept de La Loménarde soit repris par les organisateurs de cet évènement. Je dirai donc à la Miss de se lever, de s’activer et surtout s’investir à fond. Elle doit aller sur le terrain à la rencontre des femmes et ne pas être une spectatrice de son année de gloire.

Quelles pourront être à votre avis les actes forts de Mlle Monique Quizi Handloss, Miss Togo 2011 pour défendre le thème de la femme entrepreneure?

Je ne vais pas jouer là le Cabinet de Conseil, mais je pense qu’elle pourrait activement :

•Encourager le développement des activités économiques des femmes

•Stimuler la demande des femmes et améliorer leur accès aux différents services pour la création d’emploi.

•Développer des services spécifiques destinés aux femmes entrepreneures, comme la remise à niveau à travers des formations.

•Rejoindre notre réseau pour une collaboration dans le cadre de projets conjoints. Cela nous permettra de faire face à des problèmes communs et gagner en efficacité collective.

•Laisser sa trace sur son année de reine de la beauté togolaise.

Votre plus grand rêve aujourd’hui ?

Mon rêve, ce n’est pas caresser le timbre d’un paradis, c’est plutôt réunir toutes les associations et toutes les femmes qui ont les mêmes objectifs. Celles qui n’ont jamais été visibles ni considérées, pour plus de tonus dans le bras de la femme togolaise ! Donc générer des accords et des réseaux forts de solidarité, d’expériences et de connaissances pour la construction économique de notre nation.

Vous avez été choisie par le Roi de la musique Togolaise King Mensah pour organiser son concert à Bruxelles ce mois d’Octobre, pourriez vous nous parler de cette rencontre entre vous et ce qui a motivé ce choix?

Oui en effet. Et par la suite nous avons ensemble conclu la réalisation d’un événement. Un tour à la Capitale européenne avec tous les Los !

Avez-vous déjà choisi une date ?

Pas tout à fait. Nous avions souhaité son arrivée le plus tôt possible. Mais nos derniers projets sur lesquels nous nous sommes penchés à savoir : l’éducation, la sensibilisation à l’hygiène, à l’environnement, Idéal Nature, le gala pour présenter le Togo, la sortie de la « Loménarde Mag », la marque « La Loménarde » et l’engouement des femmes entrepreneures qui se penchent sur le sujet, sont devenus très immenses. J’ai demandé au Roi avec l’accord des Loménardes de nous donner du temps. Du temps pour le recevoir comme cela se doit.

Quels objectifs poursuivez-vous en organisant ce concert?

Un artiste est avant tout le fils ou la fille d’une femme. Cette dernière qui divinement est un art vivant. Aucun des élans amicaux que j’ai ressentis jusqu’à ce jour ne se sont soldés par un échec dans ce domaine. Et je demeure émerveillée de pouvoir compter quelques jolies relations artistiques de plus dans ma vie. Les associer à notre cause, nous donne une plus grande visibilité, plus de vivacité et plus de partage sur diverses cultures.

Et de plus, il y a aussi ces liens dignes de Sainte-Anne, ceux qui vous attachent pire que blanche camisole et vous bouleversent au-delà du raisonnable, quand on parle de la femme, chante la mère, celle qui du liquide forme le solide. Je veux voir les femmes vivre, se sentir aimer et respecter. Qu’elles ne soient plus à terre comme l’homme qui les attendait avant qu’elles ne se relèvent. De ces élans inexplicables, suscités par la magie des mots et l’histoire sur les femmes vaillantes du monde en moi une conviction que les miracles sont possibles avec la FEMME. Transcender la toile, mettre du relief là où sévit le plat, mettre du sang et des larmes chaudes de joie dans sa vie et celles de son enfant en la chantant !

A quoi serviront les recettes de ce concert ?

L’objectif premier de la Loménarde est de faire de toutes les femmes Togolaises la sève de la vie de tous les togolais et comme je le dis souvent « ces deux mains façonnent le blé et son cœur fait le pain ».

Ce genre d’évènement sera-t-il récurrent?

Nous l’espérons bien. Nous souhaitons vraiment que brillent nos stars dans le monde entier. Donc, oui nous les solliciterons et travaillerons avec ceux qui seront motivés.

Sentez-vous une réelle utilité des artistes sur les projets de La Loménarde ?

Nous avons besoin de toutes les âmes vaillantes. Car l’art est l’âme de nos pensées les plus enfouies. Ces humains qui savent très souvent nous montrer les gestes que nous ignorons, parlent la langue du corps et de nos imaginations que nous enterrons souvent en nous, sont des fabuleux êtres dont nous avons besoin comme la brise matinale pour arroser les matins de nos vies.

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Evidemment ! Nos Projets en cours sont aux nombres de toutes les femmes du Togo. Plus nous nous activons, plus nous nous retrouverons avec des pieds plus courts pour la course, mais nous avançons et danserons sur le rythme qu’il nous faut.

Un mot de fin pour les Togolaises qui vous lisent?

J’invite toutes les Togolaises à prendre conscience que le Togo, l’âme de leur être, leur appartient aussi. Qu’elles doivent s’investir dans toutes les sphères de décision, que ce soit au niveau social, économique et ou politique. C’est important pour son avenir, celui de ses enfants, c’est-à-dire pour le Togo d’aujourd’hui et de demain ! Cet engagement sera bénéfique pour toute la population.

Réalisée par Emmanuel ATCHA

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