pub
International

GHANA : A l’appel de la patrie, des soldats quittent le front pour les hôpitaux

Advertisement

La direction de l’Hôpital Militaire 37 plus celle de l’Hôpital de la Police à Accra au Ghana ont rappelé hier au service tous les agents militaires de la santé en congé ou admis à la retraite à reprendre le service immédiatement en vue de prêter main aux équipes des urgences. Cet appel intervient plus d’une semaine après le début de la grève générale des agents de la santé dans tous les hôpitaux publics du Ghana. Ces agents ont durci leur mouvement le jeudi dernier en cessant tout service d’urgence dans leurs unités respectives.

Depuis plus de dix jours maintenant, tous les hôpitaux publics au Ghana fonctionnent au ralenti. Partout dans le pays, les cris de détresse des patients peu fortunés qui ne peuvent pas se faire soigner dans les structures privées ne cessent de fuser. Ayant mesuré les dégâts que cette grève a commencé à engendrer depuis son lancement, le Président John Atta Mills a lancé un appel pressant aux grévistes à reprendre le travail tout en poursuivant les négociations pour un heureux aboutissement de leur doléance.

Mais peine perdue ! Au lendemain de cet appel, l’Association Médicale Ghanéenne (AGM) au lieu de se raviser a plutôt décidé de suspendre les services urgences qu’ils assuraient depuis le déclenchement du mouvement.

Pour contrer cette situation de grande détresse, Atta Mills a requis le service des hôpitaux militaires et des cliniques dans les garnisons à Accra et à l’intérieur du pays pour soigner la population. Pour rendre effective cette mesure, la hiérarchie de l’armée dans un sursaut d’orgueil patriotique a rappelé tous les militaires docteurs, médecins et infirmiers en congé ou à la retraite à renfiler leur blouse pour aider à sauver la vie de ceux qui sont admis dans leurs unités et qui nécessitent des soins d’urgence.

Dans les deux hôpitaux de l’Armée à Accra, l’affluence est très grande et la Police a dû ouvrir sa salle des spectacles pour la transformer sur l’état en une unité de soins de secours pour la population. Mais comme la demande est assez forte, l’hôpital de la Police a lancé un SOS aux hommes de bonne volonté afin qu’ils soutiennent l’initiative de l’Armée avec des médicaments et d’autres dons.

Signalons qu’au plus fort de la grève, le Président de l’AGM, Emmanuel Adom Winful , a déclaré que «les gens meurent de toute façon, si la grève des médecins aboutit à des décès, il n’y a rien de mal en cela ». Cette déclaration provoque actuellement une aversion au sein de la population qui taxe les docteurs de tous les noms rares d’oiseau à savoirs des terroristes, des meurtriers et des insensibles. Navré par cette grève qui entraine des pertes en vie humaine, un confrère de la presse, Kwessi Pratt, qui ne mâche pas ses mots a simplement dit aux docteurs grévistes que «personne ne va plus vous supplier à reprendre le travail, nous n’allons pas mendier, persévérez dans votre voie et laissez les charlatans nous tuer tous».

Dans l’opinion publique la grève commence à décrédibiliser les docteurs qui ont pourtant prêté le serment d’Hippocrate avant leur prise de fonction. Pour tout, ils réclament l’application d’une décision du pouvoir sortant qui a avait promis revaloriser leur grille salariale. Mais à cela Atta Mills a révélé que le régime de Kufuor n’a rien laissé dans la caisse du pays avant de partir.

Impuissant devants leurs proches qui résistent tant bien que mal aux maux qui réclament leur vie, les Ghanéens placent désormais les docteurs devant leur propre conscience et devant ce commandement divin « tu ne tueras point ».

C.A.

Togoportail, toute l’information à votre portée

Advertisement