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Justice

Togo: Echos du Palais de la Justice dans le procès de tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat

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Le défilement des inculpés dans l’affaire de tentative de coup d’Etat se poursuit au 2ème jour du procès. Juste pour reconnaitre ou non les fait qui leur sont reprochés et passer au grand débat contradictoire entre partie civile et la défense avant d’attendre pour la suite, la décision de la Cour qui juge en premier et dernier ressort. Ils sont au total 32. Parmi eux, le Général Tidjani Assani, un ancien ministre de la Défense du père de la Nation Togolaise, feu président Eyadéma décédé en 2005, les frères de l’actuel président de la République dont Kpatcha Gnassigbé, Député et ancien ministre de la Défense.

Accusé d’avoir tenté un «coup portant atteinte à la Sureté de l’Etat», le cerveau du complot comparaît avec ses co-accusés devant la justice depuis ce mardi à Lomé. Ce que Kpatcha Gnassingbé n’a du tout pas reconnu. A la barre, le présumé coupable dit n’avoir jamais comploté un coup pour faire partir son frère président du pouvoir. Pourtant, ils avaient déjà reconnu les mêmes faits devant le juge enquêteur, nous rapportent quelques magistrats approchés au Palais de la Justice.

Un certain Bawa de l’Ambassade des Etats-Unis est nommément cité par le principal auteur de la tentative du coup d’Etat d’avril 2009; Selon l’inculpé, c’est ce Bawa qui l’a toujours alerté par rapport à un coup que serait entrain de préparer un groupe d’officiers dont le Général Titikpina, le Colonel Yotroféï Massina, le Colonel Yark Damehane et le Colonel Félix Kadangha.

Selon Bawa, l’information venait des services Américains, ajoute Kpatcha Gnassigbé. Le bon sens emmène à se poser la question de savoir pour quelle raison un personnel de l’une Ambassade filerait un secret d’Etat de cette envergure à l’inculpé, au moment alors qu’il n’était ni dans le gouvernement, ni à un poste de secret défense. Quelle relation le liait à ce Monsieur Bawa?

En clair, Kpatcha prétend être tombé dans un traquenard tendu par le général Titikpina à travers un certain Bawa qui travaille à l’Ambassade des USA au Togo. La suite apportera des éclaircissements.

Mais la version des faits révélés par certains accusés affirmant que Kpatcha Gnassingé leur a acheté des ordinateurs, des appareils portables pour pouvoir préparer le coup en question, ne va pas du tout en sa faveur. L’argent était aussi remis à quelques uns de sa part.

Hier, six (06) personnes des accusés ont été écoutées dont quatre (04) dans la matinée. Parmi eux, Essolizam Gnassingbé, un autre demi-frère du Président la République et un des présumés accusés mis en liberté provisoire en juillet dernier, qui a déclaré à la Cour: «l’honorable Kpatcha m’a simplement demandé d’aller dire au Commandant Atti, le 10 avril 2009 de tout annuler». C’est-à-dire d’annuler le complot de coup d’Etat en voie d’être exécuté.

Par ailleurs, l’audition du commandant Atti coupe court à cette tentative de dissimuler la vérité au tribunal. Le commandant Atti reconnaît s’être rendu chez Kpatcha quand il était rentré de la Côte d’Ivoire. «Je reconnais avoir rédigé une lettre de fidélité à Kpatcha qui m’a, à son tour, envoyé la sienne».

Mais un autre est également impliqué. Il s’agit de l’ancien ministre Titdjani qui est cité dans le procès verbal de Kpatcha. Selon ce qu’il a raconté dans son PV, le Général Tidjani l’incitait à faire un coup d’Etat à Faure Gnassingbé car «Faure ne gère pas bien le pays» selon le Général.

Ajoutons aussi Kpatcha Gnassigbé a demandé à la Cour que Bawa soit également présent dans la salle afin qu’il puisse lui expliquer exactement la source des informations relatives au projet de coup d’Etat. Ses Avocats eux demandent la présence de l’Ancien procureur de la République Robert Bakai qui a lu le premier communiqué à la télévision nationale juste après l’arrestation de Kpatcha Gnassingé. Ils soulèvent également une exception. Celle relative à l’immunité parlementaire du Député.

La Rédaction

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