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Société

Société : Sexe et vie conjugale sans mariage

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L’union entre l’homme et la femme est consacrée par plusieurs livres saints. Si la tradition a toujours été respectée au Togo, il convient de remarquer que le mariage ne connaît plus d’engouement au sein de la jeunesse. Plusieurs facteurs expliquent la réticence de la génération actuelle à s’engager dans une relation amoureuse stable et de manière solennelle. La raison évoquée par la majorité des jeunes togolais est le manque de moyens financiers. Derrière cet élément non négligeable, se cachent d’autres inavoués.

Qui dans son enfance n’a pas rêvé de célébrer un grand mariage avec beaucoup d’invités sans compter le voyage paradisiaque de noce et surtout la beauté hors paire de leur femme? Que ne fut leur déception quand ils commencent par grandir. «Ces choses ne se passent qu’au cinéma», leur dira-t-on.

En lieu et place des mariages qui suivaient des étapes bien définies, on assiste à des relations à la limite de la fornication, difficiles à qualifier. C’est ainsi que des copinages durent des années comme des fiançailles. Il est désormais toléré de vivre pendant des années avec une femme sans payer la dot. «Ma copine et moi sortons ensemble il y a 8 ans. Elle vient passer le weekend chez moi. C’est elle qui s’occupe du ménage. Ces parents sont au courant de notre relation » nous a laissé entendre Elias un jeune fonctionnaire.

Tous justifient leur refus de marier par le manque de moyens financiers. Certains se cachent derrière ce motif et ne rendent jamais visite à la « belle famille ».

Cependant il suffit d’une grossesse « indésirable » (qui a survécu après plusieurs tentatives d’avortement) pour voir les gendres avec des présents tentant de régulariser la situation en faisant le fameux «premier pas». Et dire que certains parents pour réduire les charges pour les futurs mariés ont considérablement revu en baisse la composition de la dot. «Si une de mes filles accepte se marier avec un homme, nous exigeons, une bouteille d’alcool, des sucreries et la somme de 1500F CFA . Les pagnes et autres ne sont pas obligatoires. L’homme sait que sa femme doit se vêtir» nous a confié un père de famille. Selon ce dernier, c’est le coût de la dot qui fait fuir les jeunes à revenu faible.

Certains jeunes évoquent également des raisons de prudence pour justifier leur réticence. En effet, les hommes qui doutent de la moralité et de la volonté de leurs partenaires s’abstiennent de toute précipitation. Ils préfèrent vivre discrètement avec celles-ci autant que faire se peut. Seule une grossesse leur confirme la volonté de la femme à rester au foyer. «Des filles, j’en avait présentées à mon père. Elles m’ont toutes abandonné. Je me marierai avec celle qui me donnera un enfant.» nous confie Balaki.

Il y en a qui vont jusqu’à craindre des risques de stérilité de leur conjointe. «Avec ces filles pour qui l’avortement devient un jeu, je n’ai aucune envie de me retrouver avec une coquille vide qui va passer son temps à me faire dépenser inutilement», s’indigne Louka, un responsable commercial dans une société de la place.

Une lecture hâtive de ce phénomène laisserait présager des avantages aux hommes. Cependant c’est sans compter avec les cas de maladies graves et surtout de décès. Dans les familles africaines où la tradition est encore supposée avoir sa place, la croix du supposé gendre n’est pas facile prendre. A qui annoncer la mauvaise nouvelle quand on ne connait personne de la famille de la fille ?

«Ma copine était béninoise. On vit ensemble depuis des années. Elle a malheureusement perdu la vie dans un accident horrible. Arrivés avec la dépouille dans son village (au Bénin), sa famille nous a listé des choses à payer pour nous punir. Comme si cela ne suffisait pas, ils m’ont fermé dans la chambre avec ma copine morte toute une nuit. Le lendemain le corps transpirait et une vielle femme me faisait boire la sueur du cadavre. Je n’oublierai jamais ces jours», se rappelle Crédo, un assistant médical qui croyait trouver une fille à crédit.

Roger Adzafo

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