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Société

Société : Le harcèlement sexuel des femmes toujours d’actualité

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Les violences faites aux femmes sont toujours d’actualité. Viol, harcèlement sexuel, discriminations de tous ordres etc. sont le lot quotidien des comportements dommageables dont sont victimes nombre de femmes, que ce soit au foyer ou sur les lieux de travail.

Ce phénomène de société prend de l’ampleur aujourd’hui et s’étend à toutes les couches de la société, malgré un travail de sensibilisation abattu sur le terrain. En dépit de l’existence des textes qui garantissent les droits de l’homme et des femmes en particulier, les victimes se taisent ou ne sont pas écoutées. Elles vivent leurs supplices toute leur vie.

Viviane, une jeune fille de vingt quatre ans, employée dans un établissement hôtelier de la place, victime d’une tentative de viol a décidé enfin de rompre le silence. Elle nous raconte les circonstances du cauchemar qu’elle a vécu. «Je me charge de la cuisine dans un petit l’hôtel X. Un jour, un client qui avait pris une chambre dans notre hôtel a commandé du café. Il a demandé que je le lui apporte dans sa chambre. Ce que j’ai fait sans discuter. Quand j’ai fini de lui servir et que je voulais m’en aller, il me demanda de lui porter sa cravate. Je me suis exécutée. Après, il me demanda de lui porter ses chaussures. Je lui ai répondu gentiment que ce n’était pas mon boulot et que j’avais à faire. Lorsque j’ai voulu sortir, il a bloqué la porte à clé et il ma poussée sur le lit. Je me suis relevée et lui ai demandé d’ouvrir la porte. Il n’a pas voulu. J’ai commencé par crier. Heureusement, j’avais mon téléphone portable sur moi. J’ai appelé la gérante qui est arrivée aussitôt. Elle a cogné à la porte. C’est en ce moment là qu’il a ouvert honteusement la porte. Je lui ai dit de ne jamais jouer ce jeu avec moi. Ce qui est surprenant, l’homme qui a tenté de me violer est un homme de loi, un avocat…».

Le cas de Viviane n’est pas isolé. Chaque minute qui passe, une femme ou une fille dans le monde se fait violer ou est victime de tentative de viol ou de harcèlement sexuel.

Au Togo en effet, selon une étude réalisée en 2009 sur les violences basées sur le genre, entre 3,4% et 10,8% de femmes togolaises ont été une fois victimes de ce fléau suivant les régions et les lieux de travail. Le viol est un crime Le viol se distingue des autres agressions par le fait qu’il s’agit de pénétration imposée, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise. Bref, c’est un acte qui n’est pas posé de façon consensuelle entre les deux partenaires.

Il existe également le viol conjugal dans toutes les couches sociales et raciales, qui est aussi condamnable par la loi. Le désir sexuel doit être réciproque et la jouissance partagée entre deux partenaires pour éviter les cas de viol. Le viol est généralement utilisé en période de conflit comme arme de combat contre l’ennemi. Ce viol n’est pas moins condamnable que celui pratiqué hors des champs de bataille.

Dans tous les cas, le viol tout comme violences basées sur le genre, affecte les femmes toute leur vie et a des conséquences graves sur leur épanouissement. Que ce soit le viol des femmes au foyer ou sur les lieux de travail, les victimes se murent dans un silence « complice », par peur d’être la risée des gens ou à cause des pesanteurs socioculturelles qui proposent un règlement à l’amiable ou traditionnel du problème.

Dans un autre registre, d’autres personnes, à la limite, banalisent ce mal. Généralement, on privilégie la médiation en faisant intervenir les parents, les chefs religieux ou coutumiers ou encore des amis avant d’engager des poursuites au cas où la médiation venait à échouer. Mais très souvent, les poursuites n’interviennent jamais.

Au Togo, la femme est suffisamment protégée par les textes aussi nationaux qu’internationaux que le pays a ratifiés. Malgré cela, la protection de la femme trouve ses limites surtout dans l’application de la loi, non pas parce que les hommes de la loi ne veulent pas les appliquer, mais plutôt à cause des femmes qui ne veulent pas saisir cette protection que la loi leur offre pour réclamer justice et réparation des préjudices dont elles sont victimes.

Il est temps que les femmes brisent la loi du silence et luttent plus ardemment aux côtés des organisations de défense des droits des femmes pour assurer leur propre sécurité et l’émancipation des femmes victimes de violence sous toutes ses formes.

Source: Chronique de la Semaine n° 160 du 25 août 2011

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