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Culture

Musique: Amron, l’artiste togolais de la chanson Hip Hop revendique le leadership dans son genre musical

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Dans les semaines passées, l’artiste de la chanson Amron a fait sur LCF une sortie que beaucoup de nos lecteurs n’ont pas aimée. Alors, nous avons promis demander à l’artiste de réagir. Chose promise, chose due; voici l’opinion de Essowè Narcisse Tchalla alias Amron.

Comment vous vous sentez après votre sortie médiatique que beaucoup de Togolais traitent de buzz?

Je me sens très, très bien et plus fort que jamais.

Ce qui veut dire?

C’est pour vous dire que je me sens bien dans ma peau, après le prétendu buzz que les gens disent que j’ai fait sur les médias togolais. C’est juste pour vous dire que je crois que le message est passé. Ce n’est que le début de la révolution que j’entends mener dans ce monde du rap au Togo.

La révolution consistera à faire quoi?

Ma révolution consiste à faire changer les mentalités et aussi à faire connaître le hip hop. Le Hip, c’est une musique égo tripe, qui se résume à l’affirmation de soi. Prouver qu’on est le meilleur et dire qu’on est le meilleur.

Croyez-vous Pouvoir réussir cette révolution?

J’en ai la ferme conviction et je suis sûr que je vais y parvenir.

Vous vous affirmez meilleur, mais au cours du concert Hot Jam au Palais des congrès de Lomé, l’artiste rappeur Morona a été plus ovationné que vous. Vous croyez-vous toujours le meilleur?

Sur ce sujet, je tiens à vous faire savoir que Morona a fait une prestation au cours de ce concert, mais moi je n’ai fait qu’apparaître sur scène et disparaître après. Plusieurs artistes sont venus sur scène mais ils n’ont pas été ovationnés. Le concert Hop Jam n’était pas un concours pour choisir le meilleur entre Morona et moi. Je ne vois pas pourquoi les gens veulent faire la comparaison entre Morona et moi.

Détestez-vous actuellement ceux qui parlent mal de vous après votre émission sur LCF?

Je ne suis contre personne. Je n’ai d’animosité contre personne. Ceux qui me critiquent, je pense qu’ils n’ont pas encore compris ce que c’est que le hip hop. Il faut aussi dire que la majeure partie de ceux qui me critiquent n’ont pas suivi l’émission, mais ils se basent sur les on-dit pour m’insulter. Ce n’est pas grave, c’est la vie. Avec le temps, ils reviendront à de meilleurs sentiments.

Quel est selon vous le profil du leader en musique?

Le leader en musique, c’est celui qui a le courage d’aller au devant des choses. Le leader, c’est celui qui peut prendre la parole et dire ce qui ne va pas. Le leader en musique n’est pas un mouton de panurge mais celui qui peut dire non à ce que les promoteurs lui disent lorsque ça ne va pas. Ici au Togo, il manquait de leader surtout en matière de la musique Hip Hop et je veux porter sur moi ce lourd fardeau pour faire changer les choses.

Selon vous, ceux qui écoutent le rap ou le hip hop, est-ce les avocats, les juristes ou la jeunesse?

Dans l’émission, je n’ai pas fait cas de juristes, mais j’ai parlé plutôt d’intellectuels. J’ai dit ceci: vu le public qui consomme mes produits. Ce public, c’est des étudiants, des élèves. C’est ceux qui ont une certaine culture et aussi maîtrisent la langue de Molière. Je ne comprends pas pourquoi les gens se fâchent sur ce point. Un mécanicien qui ne comprend pas le français ne peut pas interpréter mes chansons.

Votre révolution veut-elle dire qu’on doit mépriser les pauvres qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école?

Je ne vois pas le sens de la question et je pense qu’elle n’a pas sa raison d’être. Je n’ai méprisé personne. Ce que j’ai voulu souligner aussi au cours de l’émission, c’est qu’il y a des jeunes qui font de la musique parce qu’ils entendent les gens chanter. La musique, ce n’est pas de la plaisanterie. Un artiste, c’est un ambassadeur de son pays et pour cela il faut un bagage intellectuel. Plus on s’accorde à faire de la bonne musique, plus on sera respecté à l’extérieur. Lorsqu’on fait de l’à-peu-près, les gens se moquent de nous et par ricochet la musique togolaise n’avancera pas. Il faut que ceux qui font ces genres de choses retournent à l’école pour se perfectionner. Lorsque vous laissez les études au profit du rap et que demain vous n’avez pas les moyens de continuer, vous aurez gâché votre avenir. Il ne faut pas se voiler la face; pour faire de la musique aujourd’hui, c’est une affaire de moyens. J’en appelle à l’éducation dans le milieu hip hop au Togo. Je n’ai pas ma langue dans la poche. Il faut que les gens sachent que le Hip Hop n’est pas du Gospel.

Un mot pour vos fans qui vous soutiennent en cette période.

Il faut que les gens commencent à comprendre que le Hip Hop, c’est l’affirmation de soi. Je n’ai fait que dire qu’actuellement, je suis le meilleur. Si quelqu’un se sent meilleur, il faut qu’il vienne à la télé et faire la même chose que moi et même mieux que moi. Je ne compte pas travestir mes idéologies pour le bon gré d’une personne. Je dirai toujours ce que je pense. Nous sommes en démocratie. Ce n’est pas la peine d’insulter et travestir ce que j’ai dit. Je remercie tous ceux qui me soutiennent en cette période, je leur promets que je ferai tout pour être à la hauteur pour ne pas les décevoir. Concernant ce qui se passe, il faut qu’on me juge selon ce que j’ai dit au cours de l’émission, pas sur ce que les gens racontent sur les médias trottoirs. Je tiens à le rappeler qu’en ce moment, quand on dit rap français au Togo, je suis le premier sans deuxième. Il ne faut pas me comparer avec ceux qui font de l’ambiance comme Omar B et Toofan. Le fait que je n’aie pas de concurrent me rend paresseux. C’est un défi que je lance aux autres rappeurs.

Quels sont vos projets cette année et les années à venir?

Mon second album est en préparation et si tout va bien il sortira en 2012. Pour le moment, je ne sais pas en quel mois précisément. D’ici la fin de l’année, il y aura des singles que je mettrai sur le marché.

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