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Santé

Santé/Education: Interview du Président Fondateur de AIMES-AFRIQUE

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Voilà six (06) ans que l’Association Internationale des Médecins pour la promotion de l’Education et de la Santé (Aimes-Afrique) vole au secours des couches les plus défavorisées de la population en matière de santé et d’éducation. Première ONG Humanitaire Médico-Chirurgicale africaine, Aimes-Afrique a sillonné toutes les régions du Togo et a opéré gratuitement et avec succès, plus de 10 mille patients dans diverses pathologies. Comment se présente Aimes-Afrique ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses missions ? Ses valeurs ? Autant de questions que nous avons posées à son Président Fondateur, entourés de plus 220 médecins africains volontaires. Homme d’une grandeur d’esprit, Dr. Michel Kodom, Médecin Interniste nous répond ici à travers 5 Questions à un togolais

Bonjour Docteur

Bonjour…

Qui est véritablement Dr. Kodom ?

Je me nomme Dr. Serge Michel Kodom. Je suis né à Yadè Bowou à Kara. Diplômé de Médecine à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université du Lomé. Diplômé en Santé publique, spécialité : Promotion de l’Education. Diplômé en Maladies infectieuses et foie à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris. Dr. Kodom est marié, père de 03 enfants. Directeur général de la clinique Immaculé Conception à Lomé. Expert agrée près les cours et tribunaux de la République Togolaise, membre de plusieurs réseaux d’ONG et président des Conseils d’administration de certaines structures sociales.

Pour parler un peu de moi, Dr. Kodom est un rassembleur, assez ouvert, sympathique et direct. C’est peut être toutes ces qualités qui me confèrent donc cette aptitude à pouvoir communiquer facilement, à pouvoir inspirer confiance bien entendu, et le résultat aujourd’hui est que, je suis à la tête d’une organisation qui compte plus de 500 personnes avec qui, nos rapports sont très conviviaux.

Depuis quelques années, Aimes-Afrique, l’association que vous présidez s’est fait un nom dans le social et l’humanitaire. Pouvez-vous nous la présenter ?

Avec plaisir. Aimes-Afrique est une association internationale des médecins qui a, au cours des années, acquis le statut d’ONG internationale. Elle a été créée en janvier 2005 à Lomé par des médecins africains (Ivoiriens, Burkinabé et Togolais) qui ont voulu se mettre ensemble pour créer un concept. Ce concept a un slogan : « Amener l’hôpital vers les populations.

On s’est rendu compte que, malheureusement les populations rurales n’ont pas accès aux soins de santé primaires de qualité. Ce triste constat est une réalité dans la plupart de nos pays au sud du Sahara. Nous nous sommes donc dit qu’il serait bien d’équiper les centres de formation de scanner, d’IRM, de mammographie pour une population qui représente plus de 70% de la population subsaharienne. Cette majorité n’a pas de soins primaires et encore moins les soins des spécialistes.

Il était question donc de d’offrir des soins de qualité et de proximité dans certaines spécialités qui ne sont pas accessibles à cette frange de la population. C’est le cas en ophtalmologie, en gynécologie , en ORL, en pédiatrie, en chirurgie générale, sans oublier la stomatologie où nous donnons donc l’opportunité à ces milliers de personnes d’avoir la chance de consulter un médecin spécialiste, une fois au cours de leur existence.

Aimes-Afrique a pour objectif principal d’œuvrer pour la promotion de l’Education pour la Santé au sein de la population à la base en impliquant fortement les agents de santé notamment les médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes, etc, pour une amélioration de la santé et de l’éducation des populations les plus démunies dans la droite ligne des Objectifs du Millénaire pour le Développement en Afrique.

Quelles sont les différentes pathologies que vous rencontrez dans la population togolaise ?

Les pathologies rencontrées généralement sont variées et quelques fois gravissimes. Je peux citer le paludisme, les maladies infectieuses d’une manière général, notamment les salmonelloses, les parasitoses digestives. On peut citer également comme pathologies chirurgicales, les hernies suivies des cataractes. Et ces cataractes, je vous assure, invalident beaucoup de personnes.

Il y a aussi des fistules anales. Nous en avons beaucoup rencontré dans le septentrional. Nous avons rencontré aussi des cas de malformation dû à la mauvaise consolidation des fractures, parce que les gens pratiquent les réductions de façon traditionnelle pour pouvoir assurer des contentions qui ne marchent pas, malheureusement.

Face à tout cela, vous avez vraiment envie d’agir, d’apporter davantage. Ce qu’il faut noter est que 95% des cas rencontrés sont curables. Pris en charge, ces patients peuvent guérir. C’est le manque de moyens qui amène les patients à trainer dans ces pathologies.

Au bout de six (06) ans, quel bilan dressez-vous de vos activités ?
Humblement, je dirai que nos actions ont été assez particulières au cours de ces six années, parce que notre système a prouvé son efficacité et suscité l’adhésion de toute la population.
Aujourd’hui, à notre actif, plus de 10.000 patients ont été opérés gratuitement par l’Ong internationale Aimes-Afrique, après seulement 06 ans d’existence. Ces patients ont été opérés avec succès en chirurgie générale, en gynécologie, en ophtalmologie, en ORL et en stomatologie.

De multiples campagnes de consultations médicales spécialisées foraines ont été menées dans plus de 250 localités où plus 300.000 patients ont été pris en charge gratuitement par des médecins spécialistes togolais, maliens, burkinabé.

Des campagnes de sensibilisation sur la prévention et de dépistage de masse de l’infection à VIH dans les écoles, universités ont été organisées au cours des événements qui regroupent beaucoup de jeunes pour les inciter à accepter facilement le dépistage et surtout le port correct de préservatif.

Aimes-Afrique a également mené des campagnes d’Information, l’Education et de Communication sur : l’hygiène bucco-dentaire, les mauvaises pratiques et barrières liées aux us et coutumes etc, et des séances de formation et le recyclage des agents de santé locaux.
Je tiens à souligner que le succès de nos activités est lié à l’altruisme des différents médecins membres de l’ONG qui ont compris l’enjeu mais également des sociétés privées partenaires.

Les actions de Aimes-Afrique avec pour slogan « Amenez l’hôpital vers les populations », viennent combler un réel déficit des systèmes de santé des pays de l’Afrique de l’Ouest surtout où les médecins spécialistes n’acceptent plus travailler en dehors de la capitale et des grandes villes.

Voilà ce que je peux vous dire de façon ramassée. Beaucoup de personnes attendent encore et nous pensons que l’occasion se prêtera pour que d’autres médecins, que ce soit du côté de la diaspora, ou même en interne, dans les pays avoisinants, prennent le relais ; pourquoi pas toute l’Afrique. Tel est, en tout cas, notre rêve, afin que d’ici dix (10) ans, certaines pathologies ne soient plus dans nos maisons et invalident nos compatriotes.

Avec la gratuité des prises en charge, comment parvenez-vous à financer vos activités ?

Je m’attendais à cette question. Eh bien, nos missions ont commencé avec des populations démunies, notamment au niveau des populations civiles. Puis, nous avons été à la recherche de financement. Il est vrai que qu’il a des frais d’adhésion ou des contributions volontaires des membres de l’association, mais c’est quasiment insignifiant.

En effet, nos adhésions sont à 25 000F CFA, qui donnent droit à la jouissance de prérogatives et à la participation des missions.
Nous avons ensuite approché différentes personnes et sociétés. Certaines accompagnent des missions depuis 2008. Nous avons eu la chance de bénéficier également de l’apport du Chef de l’Etat, le président Faure Gnassingbé qui a apprécié l’originalité de ce projet, et estimé qu’il était un projet citoyen.

Au départ, croire que cette jeune structure pouvait projeter des activités de grande envergure, n’était pas évident. Et, on a dû séduire la population d’abord qui, spontanément, nous a fait confiance et nous permet d’exécuter nos missions dans ces conditions acceptables.

Bien entendu, nous aurions souhaité avoir plus de moyens pour pouvoir continuer, qu’ils soient pérennes sur le terrain, afin que la majorité de nos parents, de nos concitoyens, puissent bénéficier des soins de qualité.

Un dernier mot à l’endroit des togonautes…

Je finirai tout en remerciant toute l’équipe de togoenvogue.com pour la qualité du travail que vous faites. Je profite également pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés pour nous accompagner. Aimes-Afrique est un projet innovant d’autant plus que le siège est au Togo comme la majorité des médecins.

Une telle ONG a besoin d’être accompagnée par les institutions internationales telles que l’OMS, UNICEF, le PNUD… et les bailleurs de fonds car les actions médico-chirurgicales de cette initiative vont directement à la population. Ceci, afin que cette vision du Président Fondateur fasse tache d’huile dans la sous-région ouest africaine et pourquoi pas à toute l’Afrique. C’est donc l’occasion de dire que Aimes-Afrique attend le soutien du gouvernement, de tout le monde pour nous permettre de réaliser davantage de missions.

Je dis également un grand merci à tous les médecins de Aimes-Afrique, du côté de mali, du Burkina, du Benin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la France et surtout du Togo, et même des Etats Unis où bientôt, nous allons installer officiellement la représentation de Aimes Afrique à Washington pour permettre à tout le monde de participer à la reconstruction du tissu social. Je vous remercie.

Source: www.togoenvogue.com

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