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Culture

Dans les empreintes des arts plastiques

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La plasticienne togolaise Enyo Dackey et le bénisois Midy ont pris part à la rencontre internationale d’art Woezon qui a montré ses travaux à la fin de la semaine dernière au Mercure Sarakawa. Ils étaient aux côtés de quatre autres plasticiens non moins importants de la sous-région à savoir Ayéva Médjéva et Laka du Togo, Augustin Kassi et Ulyett Balliett de la Côte d’Ivoire. L’objectif de l’atelier était de soutenir et encourager les artistes ivoiriens installés au Togo suite à la crise. Lucarne sur les travaux de Enyo et Midy.

Enyo Dackey se laisse d’ordinaire guider par la peinture qu’elle entame. Pourtant au fil de ses créations, le dialogue qui se crée avec les œuvres devient si intime qu’elle trouve son mot à dire et à répéter à la toile. C’est à croire que son goût pour la communication qui l’a amené aux arts plastiques ne l’a jamais quitté, devenant son principe de création. Autant dire que chez elle, la communication et la communion avec les autres, passe tout d’abord par son étroite communion avec ses peintures.

Les paysages rêvés de Enyo sont d’ici, d’ailleurs et de nulle part. Ils rappellent des lieux et des formes où les couleurs dominantes et leurs agencements particuliers s’adressent directement à l’âme. Elles vont du bleu au vert, du mauve au violet en passant par le gris. Le tout pour rappeler l’inconstance de nos états d’âme, signes des hauts et bas de l’humanité et surtout pour faire comprendre que dans la plus grande grisaille, il y a toujours une éclaircie. En effet, la peinture de l’artiste témoigne des douleurs pour conclure dans la douceur. « Un monde du bien, du meilleur et de l’espoir est possible. Sans aucun doute » rassure Enyo.

Tenante d’une technique assez atypique, elle «joue» avec des fibres végétales -éléments majeurs de ses compositions- qu’elle appose sur ses toiles. Leurs présences prolifiques au milieu de la peinture clair-obscur, leurs dispositions très variées, créant souvent des reliefs, montrent la nature dans tous ses états, habités parfois des personnages en quête de ce bonheur, encore possible, selon l’artiste.

Une peinture de la grandeur.

Les idées du plasticien béninois Midy sont constamment marquées par des hommes en métamorphose. A la recherche de cette grandeur lui-même, l’artiste matérialise dans ses tableaux, ce monde en perpétuel changement, traversé par des points de fuites, des lieux d’échanges avec des personnages en hauteur et tout l’environnement nimbé d’une lumière forte. « je pars de l’idée que tout homme est la recherche de grandeur, que ce soit au plan physique, spirituel, professionnel ou autre…mais ici je mets un accent particulier sur la grandeur spirituelle» confie-t-il.

Basée sur une technique mixte, son travail l’amène à vieillir le produit fini obtenu à partir d’éléments hétéroclites. Jeans, papiers peints, colle, … qui reprennent vie et valeur dans cet ensemble de matière avec laquelle Midy joue à volonté. Souvent réalisés sur des toiles sans châssis, ses œuvres sont le reflet de son nécessaire besoin de liberté. Et sa grande attache avec les valeurs de sa terre d’origine, sont ici traduites par une forte utilisation de l’ocre. Signes et formes rappelant l’Afrique peuplent l’œuvre de Midy et trahissent cette générosité de l’artiste à partager les valeurs de son continent en déperdition.

L’année 2000 a marqué le début de sa carrière professionnelle de même que la découverte de cette technique dont ce diplômé du College of Art, University of science and Technology de Kumasi au Ghana, est devenu un grand défenseur. Ce qui vaut à son travail d’être distingué parmi mille.

DK

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