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Gambie: La Cedeao sur le point de déloger Jammey qui fait tout pour rester au pouvoir

YAHYA JAMME

C’est une véritable course contre la montre et Jammeh joue sur tous ses privilèges de chef d’ Etat pour s’imposer. A moins de 24 h de la fin de son mandat selon la Constitution, il vient de faire proroger son actuel mandat de 3 mois par le Parlement. Hier encore, il a décrété l’état d’urgence dans son pays  suite aux menaces d’intervention militaire venant de la Cedeao. C’est donc dire qu’il tente de montrer à toute la communauté internationale que ses actes posés sont légitimes en s’appuyant sur des stratégies bien pensées. « Je veux vous assurer que, quoi que nous fassions, nous nous appuierons sur la Constitution de la Gambie. Comme je vous l’ai dit, tout doit découler de la Constitution, l’autorité suprême » a dit Jammeh au cours d’une conversation téléphonique  le 15 janvier dernier à la présidente Ellen Johnson Sirleaf du Liberia, qui intervient en tant que médiatrice en  épaulant les présidents Muhammadu Buhari du Nigéria et l’ex-président ghanéen John Dramani Mahama.

L’homme fort de Banjul n’est pas prêt à laisser le pouvoir à Adama Barrow, le président élu gambien. Il a maintes réitéré, tant que la cour Suprême qui se dit en manque de juges jusqu’en mai prochain ne se prononcera sur sa contestation des élections du 1er décembre 2016. Il y ajoute une seconde revendication pour empêcher Barrow de prêter serment ce jeudi.  Cette demande aussi est en suspense et comme l’explique le président de cette Cour, il ne peut pas se prononcer seul sur un dossier de cette envergure.

La Gambie se déserte. Par  dizaines de milliers, les Gambiens continuent de fuir vers le Sénégal voisin. On annonce que près de 2.000 touristes sont rapatriés vers leurs pays de provenance  en raison de la déclaration de l’état d’urgence. « Dans le centre de Banjul, les rues sont presque désertes, les boutiques sur le marché central sont pour la plupart fermées, et beaucoup parmi la population semblent attendre avec inquiétude de voir comment vont se dérouler les prochaines heures et jours. Certains craignent que des violences aient lieu« , indique une journaliste indépendante depuis  Banjul.

La Cedeao a joué un rôle de médiation dans cette crise suite au revirement à 180 º de Jammey qui a bien dit qu’il n’est pas lâche pour partir. L’organisation sous-régionale a rencontré plusieurs fois le natif de Kanilai, lui proposant de passer le témoin à Barrow contre un asile «  doré » au Nigéria mais rien. Plus loin encore le Maroc, jouant sur ses bonnes relations, a envoyé deux émissaires en Gambie mais toujours rien.

Barrow, le chouchou des présidents

Le futur président gambien est bien choyé par la communauté internationale. A plusieurs reprises, la Cedeao, l’Union Africaine, l’ONU et la plupart des chefs d’Etat et de gouvernement l’ont félicité pour sa brillante et inattendue victoire aux élections et lui ont rassuré qu’il pendra le pouvoir. Comme si cela ne suffisait pas, au récent sommet Afrique-France de Bamako, il était  spécialement invité, tout content aux côtés de ses futurs homologues. Le président français François Hollande l’a aussi soutenu  à Bamako lors du sommet Afrique-France en ces termes  « Le choix des électeurs gambiens doit être respecté ». Selon un porte-parole du département d’État, John Kirby, les Etats Unis seraient en mesure d’appuyer la Cédéao militairement pour déloger Yahya Jammey. Les dernières informations portent à croire que le richissime Adama Barrow prêtera serment soit dans une ambassade gambienne ou simplement dans son pays, escorté par les forces de la Cedeao. Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama a déclaré  que Barrow «  sera reconnu comme le président légitime de la Gambie, ce qui n’est pas seulement symboliqueCe qui pourrait s’apparenter à de l’ingérence dans les affaires d’un autre pays ne le sera plus si un président légitime invite un autre pays à lui venir en aide ».

Des troupes militaires sénégalaises se sont positionnées mercredi à la frontière gambienne, rapporte l’agence  Reuters. Information confirmée par  une source militaire qui a précisé qu’ils se sont préparés très sérieusement. Le Nigéria annonce avoir envoyé 200 hommes, une flotte d’aviation composée d’un avion de combat, des cargos,un hélicoptère de surveillance au Sénégal. Et au col Seidou Maiga Moro d’appuyer Colonel Seydou Maiga Moro: « Si Yaya Jammeh ne cède pas le pouvoir, d’ici minuit, les hostilités seront engagées ».

Assou Afanglo

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