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Au fil des questions réponses

Invitée d’Honneur sur Togoportail : Docteur Kanny Sokpoh Diallo

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Le 28 juillet de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée Mondiale des hépatites. En cette occasion le Docteur Kanny SOKPOH DIALLO Hépato-gastro-entérologue, Présidente de la Ligue Togolaise de Lutte contre les Hépatites (LTLH) a voulu nous entretenir sur ces maladies silencieuses qui tuent la grande partie des personnes infectées. Elle est également revenue sur le fonctionnement de l’association qu’elle préside depuis 2014.

Lire l’interview

Togoportail : Pourquoi une journée mondiale de lutte contre les hépatites Hépatites ?

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : Lors de la célébration de la journée mondiale des hépatites en 2010, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a tiré sur la sonnette d’alarme parce qu’elle a remarqué que les Hépatites B et C tuent un millions quatre cent mille (1400 000) personnes dans le monde par an alors que le paludisme en tue 600 mille. Un milliard de personnes sont infectées par le virus de l’hépatite B et C, et 240 millions sont malades. Le constat est que parmi les personnes infectées, seules 5% connaissent leur séropositivité. C’est ainsi qu’en cette même année, l’OMS a déclaré les hépatites virales comme priorité de santé publique au même titre que la tuberculose, le paludisme et le VIH/Sida.

Togoportail : Quels sont les différents types d’hépatites qui existent ?

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : Il y a l’hépatite A, B, C, D et E, mais les dégâts sont plus causés par les hépatites B et C

 

Togoportail : Quelles sont les manifestations de la maladie ?

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : Avant d’aller vers les moyens de transmission de l’hépatite B et C, je dois dire que la dangerosité de ces maladies réside dans le fait qu’elles évoluent d’une manière silencieuse et ne se manifestent qu’en cas de complication grave. Quand nous prenons l’Hépatite B, une infirme partie des malades au contact du virus pourront faire une hépatite aiguë (ce serait difficile de rentrer dans les détails) Surtout à la phase caractérisée par une hyper flamboyant et une faiblesse physique. Quand on fait l’examen virologique, on trouve que le malade est porteur de l’antigène HBS. Cela veut dire qu’une infirme des personnes infectées fera une hépatite aiguë et il y en a qui vont en mourir parce qu’ils vont faire une hépatite fulminante avec des conséquences sur le cerveau.

Il y a une autre partie qui va rentrer dans la chronicité, c’est-à-dire que si au bout de six mois, le malade n’arrive pas à éliminer le virus de l’Hépatite B, il va faire l’hépatite virale chronique B. Il y a une dernière partie qui peut développer des anti-corps et sera vaccinée d’une façon naturelle contre les hépatites, donc la grande majorité ne fera jamais l’hépatite aiguë. Ils seront porteurs de ce virus qui sera dans leur foie et qui va agir sur lui d’une manière silencieuse pendant des décennies avant de se manifester. Souvent, c’est quand c’est déjà au niveau des complications comme la cirrhose et le cancer du foie que la maladie se manifeste. S’agissant de l’Hépatite C, il n y a jamais de forme aiguë. C’est toujours la forme chronique avec les mêmes complications telles que la cirrhose et le cancer, que la maladie est diagnostiquée.

 

Togoportail : Parlez-nous des modes de transmission du virus des hépatites.

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : Concernant les modes de transmissions, je peux dire qu’il y en a quatre à savoir, la transmission parentérale c’est-à-dire une transmission qui passe par les vaisseaux, la transmission sanguine et la transfusion des dérivés du sang. Ici, il faut préciser que depuis 1986, l’OMS a rendu obligatoire le dépistage des donneurs de sang ; c’est pour cela qu’il y a de moins en moins ce mode de transmission par le sang. Toutefois, certains porteurs du virus de l’Hépatite B qui ont un chiffre minime de virus dans le sang et quand on leur fait l’examen pour détecter l’antigène HBS, ils seront négatifs mais leur sang peur contaminer. A part la voie sanguine, il y a la voie par les aiguilles, exemple des toxicomanes qui s’échangent des outils, nous avons aussi les tatouages et les scarifications.

Autre mode de transmission, c’est la voie sexuelle, parce que le virus est présent dans la sécrétion vaginale et dans le sperme. Donc au cours des rapports sexuels si un partenaire est porteur du virus de l’hépatite B il peut le transmettre à son partenaire s’il y a des écorchures au niveau du vagin ou du pénis. Une voie très fréquente en Afrique c’est la transmission mère-enfant et elle se fait au moment de l’accouchement, lorsque le nouveaux né traverse les parties génitales de la mère. Toujours dans ce mode de transmission, au troisième trimestre de la grossesse, la mère infectée peut transmettre le virus de l’Hépatite B à l’enfant au niveau de l’utérus.

Au moment de menace d’avortement, elle peut aussi transmettre le virus à son enfant. Il y a ce qu’on appelle les transmissions intrafamiliales, cela est surtout fréquent chez les enfants qui transmettent le virus à leur parent, surtout les enfants adoptés, c’est-à-dire au niveau des rapports intimes comme les bises que font les parents à leurs enfants. Si ces derniers ont le virus, ils peuvent le leur transmettre au niveau des écorchures buccales. il y a aussi les plaies de l’enfant qui peuvent infecter les parents.

 

Togoportail : Comment prévenir cette maladie ?

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : Nous distinguons la prévention individuelle et la prévention au niveau des gouvernants. La question est d’ailleurs la bienvenue car le thème retenu par l’OMS pour cette année est « connaître l’hépatite et agir maintenant », c’est-à-dire que les individus eux mêmes doivent tout faire pour connaître leur séropositivité en matière des hépatites. S’ils sont positifs, ils doivent être suivis par un spécialiste, s’ils sont négatifs, ils doivent être vaccinés. Ceux qui s’engagent dans la lutte contre les hépatites doivent faire une communication sur le changement de comportement pour que la population dans sa globalité puisse connaître les modes de transmission et se protéger. Mais au niveau des gouvernants, l’OMS vient d’adopter des stratégies de lutte contre les hépatites et parmi celles-ci, on note le dépistage, puisqu’il y a des groupes à risques, c’est pourquoi ces mesures sont indispensables pour faire dépister ces groupes cibles.

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Togoportail : La Ligue Togolaise de Lutte contre les Hépatites, parlez nous en.

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : La Ligue Togolaise de Lutte contre les Hépatites (LTLH) émane de la volonté des gens qui viennent de diverses professions et qui se sont imprégnés de l’ampleur de l’infection du virus de l’hépatite B et C. Et c’est en 2014 que la LTLH a été créée officiellement et je peux dire que le principal objectif de la ligue est une communication pour un changement de mentalité de la population à l’égard des hépatites. Pour ce faire, elle se donne les moyens pour faire connaître les hépatites à la population ainsi que leurs modes de transmission, pour que de moins en moins de personnes soient infectées et que moins de personnes en décedent.

 

Togoportail : Votre mot de la fin.

Dr Kanny SOKPOH DIALLO : A cette occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre les hépatites, j’aimerais dire aux populations qu’il faut qu’elles connaissent leur statut sérologique surtout en matière des hépatites virales B et C parce qu’actuellement, il y a eu beaucoup d’évolution au niveau du traitement de ces hépatites , quand bien même on ne la guérit pas totalement. Il y a de nouvelles molécules qui à moins d’un an de traitement diminuent le nombre de virus de 50% et cela permet de réduire à la longue les complications dues au virus de l’hépatite B. La bonne nouvelle aussi c’est que maintenant on peut guérir l’hépatite C totalement, comme nous mêmes, en tant que hépato-gastro entérologue, nous avons guéri des gens.

Donc j’invite la population à s’informer, à aller consulter le corps médical pour se faire dépister, et se faire prendre en charge par des spécialistes.

La Rédaction

“Togoportail, toute l’information à votre portée”

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