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La Turquie utilisée à des fins européennes, croit toujours dur à son intégration à l’UE

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La question était revenue sur la table de discussions lors du dernier sommet Européen à Bruxelles. Ankara manifeste une fois encore avec un ton un peu plus sérieux sa volonté d’appartenir à l’UE. Les 28 n’ont pas dit non. On a besoin d’elle sur d’autres sujets dont la crise migratoire. C’est le sujet qui intéresse plus. Mais la Turquie reste dans son monde imaginaire. Pour l’heure, le bluff semble prendre, coté Occident.

 

La crise migratoire chauffe toute l’Europe ces moments-ci. Et la situation s’est compliquée ces derniers mois avec l’arrivée massive et successive des migrants clandestins sur les cotes Italiennes, Turques, et sur des Iles Grecques. La Grèce a l’habitude d’enregistrer chaque année plus de 60 mille migrants par an. La Macédoine elle aussi essoufflée. On dénombre des milliers de mort depuis 2015 surtout ceux clandestins qui traversent la Méditerranée. Les 28 pays de l’Union Européenne acculés par le temps, embarrassés, n’arrivent toujours à s’en sortir malgré les mesures adoptées dont le dispaching des migrants par pays. On parle aussi de répartition. C’est juste une question de vocabulaire, de terminologie. La France, aux termes de ces dispositions devrait prendre à elle seule 30 mille migrants tous les 2 ans. Situation difficile ! Apparemment !! Mais le partenaire de toujours est toujours là. On peut toujours compter avec elle. La Turquie. Recep Erdogan président Turc et son Premier Ministre Ahmet Davutoglu se voient désirés. Alors une aubaine. « on peut poser nos conditions et surtout la principale ». 

 

A Bruxelles, Ankara demande des compensations financières. L’UE lui promet 3 milliars d’Euros. Ces sous devraient être utilisés pour contrôler les cotes Turques ceci afin d’empêcher les migrants de traverser la mer Egée et pour accélérer les opérations de réadmission qui serait parvenus à mettre le pied sur une Ile grècque. Ankara demande la suppression des visas pour ses ressortissants qui désirent voyager en Europe dans la deuxième condition. Pas de problème. On y réfléchit. Mais le sujet qui fâche aussi revient. Silence !

 

Décidément, l’UE ne veut pas de la Turquie dans son groupe. Mais la Turquie semble toujours ne pas comprendre. 2 Mai 2007. Débat télévisé de l’entre-2 tour présidentiel en France. Nicolas Sarkozy Candidat face à sa rivale Socialiste Ségolène Royal déclare avec fermeté « Je ne crois pas que la Turquie appartienne à l’Europe pour une raison simple, qu’elle est en Asie Mineure » Sarkozy ne veut pas de la Turuquie dans l’Union Européenne. Clair ! Le Candidat Sarkozy se serait probablement inspiré de la position de Valerie Giscard d’Estaing qui a également une position farouche en la matière. L’Ancien Président Français de 1974 à 1981 considère que « la Turquie n’est pas un pays Européén parce que sa Capitale n’est pas en Europe. ». François Hollande plus diplomatique. « L’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne sera en France de toute manière soumise à référendum ». une éventualité qui ne devrait pas se présenter sous son mandat ni pendant le suivant. Un sondage IFOP publié entre temps révélait que 83% des Français se déclaraient majoritairement hostiles à son entrée. La géographie noie la Turquie.

 

La démographie joue aussi un sale jeu à la Turquie. Le pays a plus de 75 millions d’habitants. Et cela fait peur. Certains considèrent que du fait de son poids démographique, la Turquie aurait un role trop important dans les Institutions Européennes, notamment au Parlement Européen. D’autres argumentaires circulent quelques fois dans les coulisses. Mais on feint de les dépouiller de considération. Et c’est cela même en réalité qui motiverait fort le refus européen. L’aspect géopolitique. La Turquie partage des frontières avec l’Iran, l’Irak et la Syrie. Terrains très favorables au djiadisme, au terrorisme. « L’intégration, une fois réussie donnerait accès facile aux ressortissants de ces pays qui transiteront par la Turquie de circuler sans contrôle aucun dans les 28 pays de l’UE. Des Islamistes pourrait être dans le lot  ». Pas du tout condamnable surtout avec ces vagues d’attentats en Europe ces derniers mois. Paris n’a pas encore fini de pleurer ses morts du 13 Novembre 2015.

 

Les raisonnements vont en sa défaveur. Mais la Turquie demeure tenace. Elle a choisi l’Europe comme modèle de civilisation depuis deux siècles et s’en est inspirée pour son entreprise de modernisation politique économique et culturelle lors de la fondation de la République Turque par Ataturk dans les années 1920. Son entrée dans l’UE vu comme l’aboutissement de ce processus « serait un grand succès politique majeur » pour les Dirigeants Turcs. Et ces derniers ont fait de l’intégration européenne un axe central de la politique étrangère Turque depuis l’accord d’association avec l’UE en 1963. La Turquie, membre de l’OTAN a intégré depuis la plupart des Institutions Européennes. Le Conseil de l’Europe, l’OCDE et a passé un accord sur une Union douanière avec l’UE en 1996. De manière générale , si l’on reprend les débats menés au sein de l’UE ces 10 dernières années, les Institutions européennes ont soutenu la volonté de mener les négociations d’adhésion avec la Turquie jusqu’au point le plus lointain voire mème adhésion. Ce fut en particulier la position de la Commission Européenne qui a adopté une position généralement modérée, prudente, pour encourager les réformes et ne pas fermer la porte. 2007. La Turquie reçoit de l’Union Européenne 4,8 milliards d’Euros pour faciliter son adaptation aux critères Européens. Des fonds qui soutiennent sans nul doute le vaste chantier de réformes économiques et politiques lancés par le Premier Ministre Erdogan qui arrive au Pouvoir en 2002 avec l’AKP, Parti Islamo-Conservateur. 

 

Mais quoiqu’on dise, les grands obstacles de la Turquie à son projet d’Intégration demeurent les pays, les 28, pris individuellement. L’Allemagne intransigeante. Et la République de Chypre dont la partie Nord est toujours occupée par les troupes Turques depuis 1974. Chypre ne fera pas cadeau à la Turquie.

 

Firmin-Teko Agbo

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