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Culture

Interview d’un portraitiste aux talents multiples: « La peinture m’a fait appelle…»

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Dès fois, écouté son cœur pour y extirper son fort intérieur est salvateur. Le jeune KPODZIA Kokou Edem l’a compris. Malgré son BTS en communication des entreprises en poche, ce dernier ne travaille pas dans une entreprise pour autant et y gagner sa vie, mais il a fait le choix du cœur, celui de devenir un artiste plasticien. Ce qu’il fait d’ailleurs bien. Dans cette interview, l’artiste décorateur nous parle de ce qu’il sait faire, de ses difficultés et de son avenir dans ce métier qui peine encore à nourrir son homme au Togo. Lecture….

 

Togoportail : Qu’est ce qui selon vous, vous différencie des autres artistes plasticiens ?

KPODZIA Kokou Edem  : Je suis un artiste plasticien mais aussi dessinateur, décorateur interne et portraitiste. Ce sont des disciplines qui s’entremêlent, alors quand vous les exercez, toutes se complètent. Mais tout les artistes plasticiens ne les maîtrisent pas en même temps. Me voilà se présenter.

 

Voulez-vous nous expliquer chacune de ses disciplines que vous évoquez ? 

Quand je prends le volet d’art plasticien, il comporte différents domaines : la peinture, le concret et l’abstrait. Dans l’abstrait par exemple, vous avez toute une panoplie de variétés, le cubisme, le réel, le surréalisme, le concret. L’expression du paysage etc. Parlant du portrait, c’est la reproduction parfaite de l’image d’une personne que ce soit direct ou par photo (ndlr : portrait direct : représenter la personne séance tenante, lively comme on le dit). Quant à la décoration intérieure, c’est l’aménagement d’un espace donné. Que ce soit une chambre, un magasin, un salon, un atelier ou un centre de loisir, nous donnons un autre décor à ces endroits de telles sortes qu’une personne qui se retrouve dans ce cadre y adhère, se sent concerné par les jeux de couleurs ou la disposition des meubles, les lumineuses, tous ces éléments concourent à la beauté dans la décoration intérieure. Aussi, la décoration intérieure exige-t-elle beaucoup de tacts notamment sur les couleurs des tableaux à placer et les endroits à les placer de façon à relooker le cadre, à l’embellir.

 

Ce n’est pas donné à n’importe qui, d’être artiste plasticien simple, mais vous, vous êtes dessinateur, décorateur interne et portraitiste sans l’avoir appris préalablement, comment l’expliquez-vous ?

(Ndlr : un soupire qui veut tout dire). La peinture m’a fait appelle, et j’ai répondu présent. Je ne l’ai appris dans aucune école ou dans aucun institut. C’est inné, je veux dire, c’est un don de Dieu. Je l’ai poli au fil des ans et voilà ce que cela donne en moi.

Mon parcours n’a pas été ce que beaucoup auraient pensé. Mon papa n’a jamais voulu que je dessine. De son vivant, je n’aurais certainement jamais dessiné un seul petit cercle.

Mais c’est Dieu qui décide. Il y a quelques années je n’avais pas la tête dans le dessin, j’étais préoccupé plutôt par les études et Dieu aidant j’ai obtenu mon BTS en communication des entreprises après mon Bac A4. Je voulais aussi amasser les diplômes pourquoi pas au cas où le dessin ne nourrirait pas son homme. Mais les choses ont été telles que c’est l’inverse qui s’est produit au moment où j’attends le plus à être embauché dans une entreprise, ce qui tardait à venir, c’est le métier de dessinateur qui m’a fait appel. J’ai délaissé le domaine formel au profit de l’informel où j’évolue avec des partenaires qui m’assistent. Plan vision moderne qui s’occupe de l’architecture quand il s’agit de la peinture d’un immeuble et aussi Fonda Cira.

 

Vous pourrez partager votre connaissance aux jeunes qui seraient intéressés par votre domaine ; votre atelier est situé où pour leur faire facile ?

Je vis à Adidogomé actuellement au quartier Gbomamé, c’est là je reçois mes commandes. Je n’ai pas encore d’atelier. J’ai bien envie d’aider les jeunes qui seraient intéressés par le dessin et tous ses dérivés mais je n’ai pas encore d’atelier, ça va pas tarder par la grâce.

 

Votre avenir à court, à moyen ou à long terme comment l’envisagez-vous ?

A très court terme, je projette faire un petit quelque chose si tout va bien d’ici juin, j’organise une exposition de mes œuvres. Nous y réfléchissons. A moyen, je souhaite avoir un atelier ou un show room que les clients peuvent découvrir. A long terme me faire petitement connaître sur le continent et envisager l’international. 

 

Comme coup de gueule, que diriez-vous aux autorités en charge de votre secteur ?

De la même manière l’étude des sciences humaines, politiques ou que sais-je encore peuvent contribuer au développement d’un pays, l’art dans toute sa globalité peut tirer le pays loin alors ne décourager pas les jeunes qui embrassent ce chemin déjà rocailleux faites d’inexistence d’école d’art. Au contraire, baliser nous la voie en attendant que ses écoles que nous appelons de tous nos vœux voient le jour. Ne l’oublions pas, le Créateur a été avant tout un dessinateur, sinon comment comprendre qu’Il ne nous a pas donné une forme en boule et que ce soit ce que nous représentons en tant qu’être humain. Tout part du dessin.

 

Interview réalisée par Martial-Réné

 

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