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Au fil des questions réponses

Invité d’Honneur sur Togoportail : M. Germain Essohouna Meba, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo

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M. Germain Essohouna Meba a été porté à la tête de la Conférence Permanente Des Chambres Consulaires Africaines et Françaises (CPCCAF) pour un mandat de quatre ans lors 44 Assemblée Générale de la Conférence Permanente Des Chambres Consulaires Africaines et Françaises (CPCCAF) qui s’est tenue du 20 au 21 novembre 2015 à Lomé, Togo. Il a évoqué les chantiers prioritaires qui l’attendent dont l’épineux problème de financement des PME/PMI en Afrique dans cette interview accordée à notre agence.

 

Quels seront les chantiers prioritaires durant votre mandature ?

M. M. Germain Meba  : Le chantier est vaste et mes prédécesseurs ont travaillé pour que la Conférence Permanente Des Chambres Consulaires Africaines et Françaises (CPCCAF) soit à un niveau acceptable. Donc, c’est à moi de continuer le travail abattu par mes prédécesseurs tout en apportant une touche particulière pour que nous soyons plus visibles dans le monde des affaires. Vous n’êtes pas sans savoir que la CPCCAF a été créée par trois présidents à savoir Georges Pompidou, Léopold Sendar Senghor et Felix Houphouet Boigny.

 

Ces trois présidents avaient pour objectif de faire en sorte que les chambres consulaires du sud puissent être à un niveau assez élevé dans leur organisation afin de booster les relations d’affaire entre l’Europe et l’Afrique francophone. Aujourd’hui avec mon prédécesseur, la CPCCAF a été plus visible dans les relations d’affaire entre les pays francophones du sud et ceux du nord. Pour ma mandature, je vais continuer à travailler dans ce sens en faisant des actions de lobbying pour que notre institution continue de booster la confiance des institutions financières pour avoir les moyens de nos actions. Dans cette perspective, nous avons déjà été soutenus par la Francophonie, et l’Agence France Développement. Nous souhaitons que d’autres institutions comme la Banque Mondiale, la Banque africaine de développement, la BIDC et la BOAD par exemple puissent accompagner les actions de la CPCCAF. Les actions sont claires. Il y a les projets d’accompagnonnage consulaire qui sont très prisés par nos organisations. Ces projets visent tout d’abord à œuvrer pour le transfert du savoir faire des entreprises du Nord pour celles des pays francophones en Afrique. Ce transfert peut se faire , par exemple, sous forme de gestion managériale.

 

Que comptez-vous faire pour résoudre l’épineux problème de manque de financement des PME/PMI dans les pays francophones africains ?

M. Germain Meba : Avec la nouvelle donne de partenariat public privé, nous allons nous engager dans ces actions. Il faut que les Etats africains travaillent à mettre en place des institutions financières qui accompagnent les PME/PMI. Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a un regain d’intérêt sur ce secteur d’activité dans les pays de la CPCCAF. Pour cela, il faut que les Etats fassent en sorte que nous puissions trouver les institutions financières qui accompagnent sérieusement les PMI/PME. Aujourd’hui, nous n’avons que des banques commerciales et très peu de banques d’investissement. Et c’est la volonté manifeste de nos dirigeants qui feront que les PMI/PME africains arriveront à faire des merveilles. Je suis très optimiste car à l’heure actuelle tous les gouvernants savent que c’est seulement le secteur privé qui fera en sorte que nos pays puissent aller vers l’émergence tant souhaitée par tous. Sans le secteur privé, il n’y aura pas d’émergence, ça c’est claire.

 

Certaines institutions financières d’investissement dont la BAD disent que l’épineux problème des PME/PMI est de ne pas pouvoir présenter des projets bancables. Que comptez-vous faire pour y remédier ?

M. Germain Meba : C’est facile de dire ça. Je suis d’accord qu’il est bien vrai que nous ne savons pas présenter les projets. Et c’est là qu’intervient le rôle de la CPCCAF à travers ses actions d’accompagnonnage. Nous allons travailler dans ce sens pour un transfert du savoir-faire des entreprises du Nord à celles du sud. Et ce savoir-faire va nous permettre d’être plus performant sur le marché international. Lorsque nous parlons de savoir-faire, nous faisons référence à la formation de nos entrepreneurs à pouvoir faire le management ainsi que présenter les projets afin de résoudre ce problème que soulève ces institutions bancaires. Parfois c’est le manque de ce savoir-faire qui fait que l’entrepreneur reste cloitrer chez lui puisqu’il ne sait pas qui va l’aider à présenter ses projets. Je pense que si la CPCCAF travaille pour créer les conditions nécessaires qui permettront aux entrepreneurs africains d’être audacieux, alors ils s’en sortiront gagnant. Nous manquons aussi dans certains pays africains des sociétés qui accompagnent les entreprises à monter leurs dossiers. Au Sénégal par exemple, il y a une dizaine de sociétés qui accompagne les entrepreneurs à rédiger des projets bancables. Mais ici au Togo, il n’y a pas encore. Nous allons travailler en sorte que dans les pays de la CPCCAF qu’on ait des sociétés capable d’accompagner les entreprises à rédiger et présenter des projets bancables.

 

Interview réalisée par Emmanuel Atcha

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