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Société

Manger partout à Lomé : Les restaurants trottoirs

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A Lomé, à côté des restaurants modernes, il en existe qui font leur prestation dans des endroits insalubres. Il suffit d’un tour dans les rues pour s’en apercevoir. Depuis toujours ces restaurants en plein air poussent comme des champignons dans les quartiers populaires de Lomé. Mais, le phénomène a pris de l’ampleur avec la crise socioéconomique et la croissance fulgurante de la population de la capitale togolaise estimée à plus d’un million d’habitant. Dans quelle condition d’hygiène et dans quel environnement les tenanciers des ‘‘restaurants trottoirs’’ préparent-ils leurs mets pour servir leurs clients ? Une enquête nous a permis de lever le voile sur ce secteur d’activité mercantile.

 

Momonon, une revendeuse de foufou, installée à 5 mètres de la lagune de Bè pense que toutes les conditions d’hygiène sont remplies pour la préparation et la présentation des plats à ses clients. « Nous consommons ce que nous préparons et si mes plats n’étaient pas de qualité, je ne crois pas qu’il y aura d’affluence dans mon restaurant », prétend-t-elle.

 

Par ailleurs, ces vendeuses d’aliments de base des Togolais affirment ne plus recevoir la visite des services d’hygiène qui venaient autrefois une ou deux fois par mois pour contrôler l’environnement dans lesquels ces « restaurants trottoirs » font leurs prestations. «Il y a plusieurs mois voire années que je n’ai plus reçu la visite des services d’hygiène. Je me demande s’ils existent encore ? », s’interrogeMlle Essi, revendeuse d’ablo au quartier Dékon.

 

Il est à noter que l’absence de surveillance des services d’hygiène dans ce secteur d’activités entraîne toutes sortes de problèmes mettant directement en jeu la santé des consommateurs. Souvent ces restaurateurs font leur prestation sans tenir compte des normes en la matière. De  la préparation à la conservation jusqu’à vente des aliments, tout ce fait environnement précaire (manque d’eau potable, proximité de voies d’évacuation des eaux usées, des égouts et tas d’ordures, chaleur ou ensoleillement excessifs risquent également d’être à l’origine de contamination microbiologique).

En effet, des cas d’intoxication alimentaire causés par les aliments de rue ont été rapportés dans plusieurs villes du Togo.

 

Par ailleurs, on ne saurait ignorer les conséquences sur l’environnement urbain de la préparation et de la vente des aliments sur la voie publique: fumées des «cuisines», encombrement des voies de circulation (rues et trottoirs), ordures et eaux usées jetées sur la voie publique.

Face à la hausse des produits de premières nécessités, la plus part des Togolais se tournent vers ces restaurants trottoirs pour s’alimenter. Malheureusement, certains propriétaires des restaurants trottoir négocieraient les produits avariés pour augmenter leur marge bénéficiaire. «Les revendeuses des denrées alimentaires achètent mes tomates pourries auxquelles elles ajoutent des colorants pour lui donner la couleur rouge vive », témoigne Da Ama, revendeuse de tomates au marché d’Ahanoukopé.

 

M. Apéku Mawuko, technicien supérieur en génie sanitaire au service régional d’hygiène et d’assainissement de Lomé affirme que ces restaurants en plein air sont dangereux pour la santé, car ils s’installent dans les lieux insalubres ou interdits comme les dépotoirs, les latrines et zones à forte présence de mouches et de poussières.

 

Ces restaurants constituent un problème de santé publique. « Deux de mes amis ont par le passé eut le choléra parce qu’ils ont mangé du ’’ kom’’ (pâte de maïs fermentée) », témoigne Dossou. «Il est à remarquer que ces services qui sont habilités à superviser ce secteur manquent du personnel et des instruments de travail », précise A. Mawuko.

 

Certes, ces services reconnaissent leur impuissance face à ce phénomène qui connaît une inflation galopante. Toutefois, ils affirment que des études sont en cours pour réorganiser le secteur en vue de se conformer aux normes sanitaires. Pour y parvenir, un comité de 30 polices municipales sera mise en place pour traquer les mauvais restaurateurs opérant dans un environnement insalubre.

 

Kossi Atcha

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