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Environnement

Les Mangroves en voie de disparition au Togo

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Autrefois la vie était facile pour les pêcheurs du Lac Togo et du fleuve Mono (le plus long fleuve du Togo). En effet, ils subsistaient grâce à la pratique de leurs activités sur les eaux peu profondes. Le poisson-chat, les silures et les crustacés se vendaient bien sur les différents marchés de la capitale togolaise, leur permettant de nourrir leurs familles. Mais cette situation a changé à cause de la disparition de certaines espèces animales qui trouvaient, refuge dans les mangroves situées le long des cours d’eaux. Cette disparition progressive des mangroves a contraint certains pêcheurs à abandonner leurs activités.

 

Les scientifiques et les chercheurs de l’université de Lomé affirment que ce phénomène est dû à la baisse du niveau des eaux partiellement imputable à leur utilisation abusive. Mais plus inquiétants à leur avis sont les conséquences des changements climatiques qui réduisent les précipitations qui remplissaient autrefois le fleuve Mono et ses affluents.

 

« L’augmentation de la température a aussi eu des incidences sur les précipitations et autres phénomènes atmosphériques et climatiques, mettant à mal l’écosystème autour des cours d’eaux. En plus, l’utilisation abusive des cours d’eaux a aussi aggravé les choses », a expliqué Prof. Alain Lawson.

 

Les écosystèmes de mangrove demeurent aujourd’hui fortement dégradés pour plusieurs raisons entres autres, les défrichements pour installer les cultures vivrières, l’exploitation forestière à la recherche de bois d’énergie et bois de services, la pratique annuelle de feux de brousse, etc.

 

Face à cette forte pression anthropique, la disparition de ces formations naturelles à mangroves a réduit considérablement la productivité des lagunes et s’est révélée comme une menace à l’écosystème lagunaire.

 

« Les mangroves du Togo sont en ruines. Plusieurs menaces anthropiques sont à l’origine de cette destruction des mangroves : pêche, chasse excessive, coupe de bois, les activités artisanales, etc. Plusieurs espèces végétales et animales recensées dans les zones de mangrove sont en voie de disparition », a confié Association Nationale des Consommateurs et de l’Environnement, ONG ANCE/TOGO.

 

Au Togo, les mangroves sont localisées sur le littoral dans la partie Sud-est de la préfecture des lacs. Leur superficie qui était de 2 600 ha en 1995 est estimée à 960 ha en 2000. De nos jours, cette superficie a considérablement diminué et ne représente qu’environ 500 hectares. Selon l’Alliance nationale des consommateurs et de l’environnement du Togo, ces écosystèmes risquent de disparaître d’ici 2016 si rien n’est fait.

 

Ce qui est choquant est qu’au Togo, les mangroves ne sont pas protégées, il n’existe aucune réglementation spécifique pour leur exploitation. Zones écologiquement très importantes, le pire est à redouter si rien n’est fait dans l’immédiat.

 

La modélisation du changement climatique prévoit qu’environ 20 à 30% des espèces végétales et animales évaluées à ce jour sont susceptibles d’être exposées à un risque accru d’extinction si l’augmentation moyenne de la température mondiale dépasse 1,5 à 2,5°C, selon une étude de la Banque africaine de développement (BAD).

 

Emmanuel Kossi ATCHA

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