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BURUNDI : Les prémices d’une nouvelle guerre civile

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Parmi les zones de turbulences prévues sur le continent en cette année 2015, figurait en bonne place le Burundi.  Depuis l’élection très controversée  de Pièrre Nkurunziza,  il ne se passe plus de jours où on ne signale mort d’homme ; assassinat ciblé,  torture et brutalité policières, milice armée en action sont devenus le quotidien des populations de Bujumbura et de ses banlieues  qui vivent  la peur au ventre.

 

En Afrique, il y a longtemps que nous avons obtenu la preuve que les zones de convulsions  et les foyers de tensions qui naissent sur le continent proviennent toujours des processus électoraux le plus souvent tronqués avec des lois électorales toutes aussi tronquées. Si le Togo et le Nigéria à minima ont pu tirer leurs marrons du feu en cette année 2015, d’autres pays à l’instar du Burundi ne sont pas sortis des sentiers battus.

 

Depuis que Pièrre Nkurunziza, a décidé de briguer un troisième mandat au mépris de la constitution burundaise, il était prévisible que ce petit pays des grands lacs allait renouer avec ses vieux démons et c’est chose faite désormais. L’annonce de sa candidature pour un troisième mandat à la tête du Burundi avait provoqué un levé  de bouclier dans tout le pays et un tollé au sein de la communauté internationale qui bien entendu n’a rien pu faire pour empêcher l’imposteur d’accomplir son sinistre dessein.

 

De la campagne électorale pour les législatives au coup d’état avorté, tout est allé  très vite. La puissante machine de répression policière  aidée par la milice armée à la solde du pouvoir  s’est mise en branle. Des manifestations de rue sont durement réprimées dans le sang, des opposants et des défenseurs des droits humains sont traqués et arrêtés, des organes de presse fermés, des journalistes molestés. C’est dans cette ambiance délétère qu’intervient un scrutin présidentiel aux issues connues d’avance. Aujourd’hui, il ne passe plus de jour où on ne signale des agissements des milices créées par le pouvoir en place.

 

Malgré la répression aveugle qui s’abat sur les détracteurs de Nkurunziza dont fait partie une frange de l’armée et l’inégalité des rapports de forces, ces derniers aussi n’ont pas abdiqué et la situation est passe de devenir une guerre civile si cela n’y ressemble pas déjà. La mort du numéro 2 du régime, bras droit du Chef de l’Etat, le Général Adolphe Nshirimimana dans un attentat contre  sa voiture  est  parti  pour désormais corser  la violence dans le pays.

 

Cette situation risque d’embraser une région (les grands lacs) déjà mal en point avec de nombreuses populations encore sur les routes de l’exil. A l’heure actuelle, plusieurs chefs d’Etat de la région sont dans cette posture de faire fi de leur constitution, N’guesso du Congo Brazza, Kagamé du Rwanda, Musseveni l’ougandais … autant dire que cette région ne connaîtra jamais la paix. Et  comment voulez- vous donc que les populations puissent vivre, dans un tel climat d’instabilité permanent sans chercher un havre de paix ? Comment voulez-vous que notre continent émerge si des potentats considèrent que le pouvoir est un don divin qu’il faut  conserver à tout prix aux mépris de toute considération humaine ? L’Afrique est-elle donc devenue ce monstre qui dévore ces propres fils ? Quand est ce que nous allons cesser d’offrir ce spectacle  déshonorant au reste du  monde ?

 

Si des milliers d’africains meurent depuis quelques années comme des mouches en mer à la recherche des cieux plus cléments, c’est aussi  la raison.

L’espoir aujourd’hui, est que les protagonistes de la crise burundaise puissent rapidement fumer le calumet de la paix pour épargner des milliers de vie en jeu. Une chose est certaine, une nouvelle guerre au Burundi, serait à inscrire intégralement au passif  de Pièrre Nkuruziza et surtout de la communauté internationale qui vient de  se résigner  à ce nouveau  pied de nez.

 

Zohou Koffi

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