pub
Culture

82ème American Dance Festival : « Monchichi », un spectacle lumineux

Advertisement

Dans la beauté de leur danse que « Dame Lumière » a portée de bout en bout jusqu’à une certaine sublimation, le duo Honji Wang et Sébastien Ramirez fait sensation au 82ème American Dance Festival à Durham.

 

Rarement, l’on sort d’un spectacle en commentant avec autant d’enthousiasme et d’éloges l’éclairage lumière. Au terme de la représentation de « Monchichi », quand les lumières de la pièce se sont éteintes au Reynolds Industries Theater, avant d’être rallumées pour l’ovation finale, la salle a flambé d’applaudissements pour les danseurs. Mais quand Cyril Mulon, le créateur de lumière de la pièce a été présenté, il a eu droit à un hourra très particulier. Rare ! Car une telle subtilité, une telle ingéniosité, une telle créativité autour de la lumière projette la danse de la Compagnie Wang Ramirez dans un univers où seules beauté et volupté ont droit de cité. On ne peut que tirer chapeau bas à cet « artiste de lumière », dont l’expérience relativement longue en cinématographie saute ici aux yeux. Une expérience qui apporte finalement tant à la danse et c’est tant mieux !

 

De son fabuleux travail de lumière,  Cyril est capable de montrer les deux danseurs comme des silhouettes mais détaillées. De même dans plusieurs autres séquences, il les fait baigner dans une étonnante prune de lumière rouge. Dans d’autres encore, la lumière est plus vive et éclabousse toute la scène jusqu’à l’assistance, la blancheur du plancher, sous d’autres coupes, avec le seul élément scénographique : l’arbre – fond de scène côté jardin – qui devient du coup très visible. La danse part  souvent de cet arbre et y retourne. A l’image d’une source d’eau intarissable où le corps va sans cesse chercher son énergie pour enfin partager avec l’assistance sa versatilité gestuelle, sa finesse, sa pureté, sa grâce, son incroyable ondulation au niveau des bras quand ceux-ci en viennent à se croiser, le glissement des pieds, etc. Le tout, coule de source. Le spectateur ne se lasse guère. Les petites séquences de séduction et d’intimité qui ponctuent la pièce aident beaucoup en cela.

 

Wang et Ramirez sont autant couple sur scène que couple engagé dans la vie courante. Leur amour joue sans doute beaucoup et déteint sur cette pièce à l’éclat de soleil.

 

Wang est Allemande, elle née de parents coréens, Ramirez est Français d’origine espagnole. Leur rencontre est celle de la formation classique de Wang dont le patrimoine chorégraphique coréen n’est pas méconnu avec les styles hip-hop de Ramirez. En fin de compte, leur danse est à l’image de toutes ces combinaisons. Leur danse qui peut être lue comme une quête d’identité cherche pourtant à transcender les étiquettes. A juste titre, elle ne s’embarrasse pas de codes et de règles. Il faut le souligner. Et c’est sans doute le code d’accès à un univers chorégraphique particulier qui se nourrit volontiers de plusieurs langages et styles du hip hop au contemporain en passant par le classique, voire quelques soupçons de Tango.

 

Dieudonné Korolakina, à Durham (Caroline du Nord)

Togo Matin N° 006

Advertisement

Publier un commentaire