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Opinion : Alberto Olympio, un opposant à l’avenir calciné

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La Commission électorale nationale indépendante (Céni) vient de boucler le dépôt de candidature pour l’élection présidentielle prévue le 15 avril prochain. Et a annoncé qu’Ils sont cinq à se lancer dans la course : Jean-Pierre Fabre du Combat pour l’alternance en 2015, Faure Gnassingbé de L’Union pour la République et actuel président, Aimé Tchabouré Gogué de l’Alliance pour la démocratie et le développement intégral, Taama Komandéga du Nouvel engagement togolais et Mohamed Tchassona-Traoré du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement.

 

Ainsi, l’un des grands absents de la présidentielle prochaine reste Alberto Olympio, le président du Parti des Togolais. La raison : l’audit du fichier électoral qui lui a été refusé par la Céni. L’ingénieur informatique, qui avait alors juré de faire toutes les misères au parti au pouvoir, au regard de ses compétences en informatique et télécommunications, vient curieusement d’échouer avant même la tenue de l’élection.

 

Que Alberto Olympio, choisisse aujourd’hui de ne pas se porter candidat, est un coup de surprise, une incroyable aberration, car ce dernier a été le tout premier candidat déclaré à cette présidentielle après son investiture par son parti le 02 août à la suite d’un congrès hâtif. C’est le même qui tentait de faire croire à l’opinion togolaise et sous régionale qu’il était le protégé de certains Chefs d’Etats de la Cédéao et qu’il est dans les bonnes grâces de bien de réseaux diplomatiques du nord ; c’est lui qui vendait des illusions à travers son livre « Je Prends le Parti des Togolais », un livre qui s’est révélé comme un sacré navet qui ne faisait par-dessus bord que clamer les louanges de son propre adversaire Faure Gnassingbé. Lors d’une récente tournée dans plusieurs villes de l’intérieur du Togo, Alberto Olympio ne déclarait-il pas avec la plus grande conviction qu’il sera le vainqueur de la prochaine présidentielle ? L’on a par ailleurs l’impression qu’il existe un gouffre abyssal entre Alberto qui déclarait à la Une de bien de journaux, il y a encore quelques mois, que « 2015 sera l’année de l’alternance au Togo. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que les élections soient totalement transparentes » et Alberto d’aujourd’hui…

 

Autant de faits qui laissent pantois et surpris tout observateur attentif de la vie politique togolaise. Face à une telle décision d’Alberto Olympio, les arguments, ne sont autre chose que de pitoyables arguties.

Le refus de l’accès au fichier électoral, la date de l’élection proposée par la Céni ignorée du gouvernement -celui-ci convoque un corps électoral qui n’est pas encore constitué- le problème des réformes constitutionnelles et institutionnelles et le mandat présidentiel illimité.

 

A la découverte de ce catalogue de raisons évoquées par le Parti des Togolais, de nombreuses questions importantes restent sans réponse.

Quand les autres partis d’opposition se mobilisaient à travers marches et autres manifestations, Alberto Olympio n’était jamais solidaire, au prétexte qu’il a sa stratégie propre. Mieux, il était parti à la rencontre des populations de l’intérieur, était si certain de faire recette avec sa politique du « porte à porte » et riait sous cape des autres leaders qu’il estimait rouillés en terme de stratégie. D’où sort-il alors aujourd’hui avec une raison relative aux réformes pour justifier sa non-participation aux élections ?

 

Déjà avec la sortie de son livre, « Je prends le Parti des Togolais », Alberto Olympio se montrait déjà – pour ceux qui savent lire entre les lignes – comme un politicien au jeu trouble. Un livre, sous forme de profession de foi, qui avec une grande force laudative et dithyrambique loue les actions relatives au parcours de Faure Gnassingbé depuis 2005.

Tout comme son livre qui a donné le ton à son jeu politique insincère, son refus de participer à l’élection présidentielle pour des motifs aussi saugrenus achève de le trahir. Alors, que va-t-il advenir de son parti ? Voilà la question qui mérite d’être posée au sujet surtout d’un jeune parti politique qui a tout à gagner en prenant part à un rendez-vous électoral aussi important qu’une présidentielle.

 

Qu’en sera-t-il, à moyen et long terme, sur l’échiquier politique ? L’avenir aura son mot à dire, mais il n’y a aucun doute, il s’agit là parti à l’avenir calciné.

 

Même sort pour le CAR, l’UFC, OBUTS… ?

D’autres grands absents de ce rendez-vous électoral du 15 avril prochain restent le Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyibor ou de Me Apévon – cela dépend du côté où l’on se trouve – l’Union des forces du changement (UFC) du patriarche Gilchrist Olympio et OBUTS de l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo.

 

Par-delà toutes les raisons avancées par ces leaders pour refuser d’être en lice, il est difficile d’entrevoir le même sort à ces partis par le simple fait qu’ils sont depuis plus de deux décennies les principaux animateurs de la vie politique togolaise, ils en ont une parfaite maitrise et connaissance, pour leurs leaders, ils sont rompus dans le jeu des alliances, même circonstancielles, pour verrouiller ou déverrouiller certaines situations, etc. Au regard de tout cela, ils ont encore leur place au soleil politique du Togo.

 

La Rédaction

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