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Culture

FESDOB 2014 a honoré le Togo de la première place des films documentaires avec ”Evala” de Zavier Balouki

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Les rideaux sont tombés sur la 4ème édition du Festival International de Films Documentaires de Blitta (FESDOB), le 09 novembre dernier avec une cérémonie de clôture proposant une soirée spectacle animée par des artistes togolais de la chanson, des groupes folkloriques dont la compagnie ORESA d’Atakpamé, un défilé de mode très ovationné par les spectateurs et l’orchestre musical Goethe de Lomé qui a su tenir en haleine la population de Blitta. Du 06 au 09 décembre dernier, la ville de Blitta située à environ 275 km de Lomé, a accueilli pour la 4ème fois consécutive son festival dénommé Festival International des films Documentaires de Blitta (FESDOB). Cette 4ème édition de l’évènement que l’Association promotrice, « Association Terre des Arts et de la Culture  » (ATAC), place dans un esprit de renaissance culturelle, a mis un accent particulier sur la femme comme actrice non négligence du secteur de l’art cinématographique, en pensant au concept ’’Femme, caméra à l’épaule’’. Une festivité qui a consacré les meilleures œuvres en compétition officielle au lot d’une vingtaine de films documentaires programmés dont « Evala » de Zavier Balouki, sacré meilleur film documentaire de cette 4ème édition.

 

 

Ayant pour vision de « permettre l’émergence et l’expression des talents au sein des jeunes togolaise en général et de la gente féminine en particulier », le FESDOB à travers l’édition de cette année, a offert, dans un cadre de diversités culturelles, un espace de rencontres et de promotion des cultures du Togo et d’ailleurs à travers les séances de projection de films, les rencontres avec des réalisateurs présents et l’ensemble des festivaliers, mais aussi la tenue des masters classes et surtout un atelier de formation de jeunes filles à l’art cinématographique.

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Bliita, cette ville cosmopolite qui se situe géographiquement au centre du Togo, a encore une fois su accorder toute la lettre de noblesse que mérite ce festival international qui vise à long terme, à assurer à la jeunesse un cadre technique d’expérimentation de leurs œuvres, que ce soit dans le développement ou la mise en œuvre de projets cinématographiques que dans le renforcement du secteur du cinéma dans son ensemble.

 

Le 06 novembre, lors de la cérémonie d’ouverture officielle du festival, le préfet de la localité, M. Batossa Boukari soulignait que ‘’FESDOB se révèle comme un début de soutien aux films du réel dans l’univers culturel togolais’’. Consciente de cet enjeu capital dont est vecteur la culture du Togo dans sa politique de développement durable en phase avec la dimension culturelle, l’Association Terre des Arts et de la Culture a accordé une place importante à la fonction renaissance culturelle dont jouit le festival. A cet effet, un accent particulier a été porté sur la femme traitée au centre de la promotion de l’art cinématographique togolais, avec la séance de formation de 15 jeunes filles amatrices sur la thématique « femmes, caméra à l’épaule ».

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Une initiative qui, selon M. Koutom Essohanam délégué général du festival, s’explique par ‘’le fait qu’au Togo et en Afrique en général, la gente féminine est mise à l’écart quand il s’agit des prises de vues et de son’’. Pendant 1 mois, la quinzaine de jeunes filles âgées de 20 à 30 ans a été initiée en techniques de cadrage et en ingénierie de son. La finalité de cette action est d’amener le genre féminin aux métiers de cinéma en général et à la caméra considérée longtemps comme un métier exclusivement réservé aux hommes. Il est question au cœur de FESDOB 2014, de former les jeunes filles togolaises à l’usage de la caméra et aux techniques de l’image et du son.

 

La fin de cette séance de cette formation a donné lieu à la phase de déroulement du festival proprement dit dont la cérémonie d’ouverture a été présidée par le directeur de cabinet du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et de la Formation civique, M. Jean Luc Koffi Gomez qui à l’occasion, représentait le ministre tutelle du département en charge de la Culture, Mme Anaté Kouméalo.

 

Pour lui, le FESDOB est un cadre idéal pour relever le défi de donner une réelle visibilité au 7ème art et d’en faire un instrument d’épanouissement, un secteur pourvoyeur d’emploi et créateur de richesses, contribuant ainsi à la PIB national.

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Au cours de cette cérémonie d’ouverture marquée par la présence de la Représentante de CANAL+, sponsor officiel du festival, des autorités administratives, militaires et traditionnelles de la région Centrale, le délégué général du festival a annoncé que le FESDOB est un engagement continu vers le professionnalisme de l’art cinématographique. Rappelant le rôle du cinéma sur le développement socio-économique, il n’a pas manqué de lancer un coup de cœur à l’endroit des partenaires financiers et autres sponsors à accompagner le FESDOB dans ses objectifs et missions.

 

Dans la phase compétitive du festival, une vingtaine de films documentaires traitant des sujets divers et s’identifiant de par leurs titres aussi étranges qu’attractifs, ont été projetés pendant trois (03) jours. Que ce soit dans « Mon métier », « Le sport au féminin », « le rite, la folle et le moi », « l’emblématique blanc de Tsévié », « Hustlers », « Evala », « Agriculture de transition », « Le mariage en milieu Tem avant l’arrivée de l’Islam », « Afrik, pièce jointe », quelques unes des œuvres d’auteurs togolais, le public a eu à vivre des moments de grande émotion ponctuée des séquences expressives des réalités des hommes et femmes au quotidien. Des films venant des réalisateurs et producteurs d’Afrique et d’Europe, notamment des réalisateurs du Burkina Faso, du Mali, du Kenya, de la Côte d’Ivoire, de la Centrafrique, du Niger, de la Tunisie, de la France, de l’Allemagne et du Togo ont permis, au-delà du divertissement, aux populations de Pagala, de Langabou, d’Agbandi et de Blitta d’approfondir leurs connaissances sur le rôle pédagogique et social du 7ème art. En dehors de la projection des films en compétition, une dizaine d’autres films hors compétition ont été diffusés pour le grand public.

 

 Il n y a pas eu que de la projection de films au cours de la rencontre de Blitta. Il y a eu également autour du cinéma, des moments de partage et d’échange autour du thème : « Contribution des industries culturelles et créatives au PIB des pays en développement, cas du Cinéma et de l’audiovisuel ». Une rencontre qui a réuni des responsables de l’TATC, des journalistes critiques de cinéma, des réalisateurs, le panel de jeunes filles participantes à la formation, des cinéphiles et acteurs en développement ayant pris part au festival.

 

Les conférenciers qui ne sont autres que Mrs Ali Damba, DG du Centre National de la Cinématographie du Niger et Soumahoro Yaya de la Côte d’Ivoire, ont, après avoir présenté le paysage cinématographique africain, puis exposé les difficultés rencontrées par les cinémas d’Afrique dans leur évolution, touché l’impact des retombées positives du cinéma et de l’audiovisuel sur le développement d’un pays en faisant ressortir l’apport de ce secteur au PIB des pays en développement.

 

Saluant l’initiative d’une telle rencontre, les participants et les organisateurs ont relevé des suggestions et recommandations pour une meilleure organisation des prochaines éditions et l’amélioration des productions des films documentaires.

 

Le FESDOB 2014, c’est aussi un cadre d’accueil des masters classes au cours desquels les jeunes réalisateurs ont pu mesurer le parcours d’une réalisation réussie et les difficultés de la fabrication d’un film. Ces ateliers ont été animés par les réalisateurs confirmés Zavier Balouki du Togo et Rémi Briand de la France.

 

Au registre des films en compétition, quatre lauréats ont vu leurs réalisations primées. Il s’agit du film « Evala » du réalisateur Zavier Balouki du Togo qui a remporté deux prix notamment le prix de l’intégration avec un trophée et une enveloppe de un million de francs CFA, et le prix du meilleur film documentaire long métrage avec une enveloppe de 500 000 francs CFA. Le réalisateur Briand Rémi de la France a vu son film « LO » primé du meilleur film documentaire court métrage, emportant une enveloppe de 500 000 francs CFA.

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Le prix de l’espoir du film documentaire court métrage va au film « Merveilleuse et mystérieuse croix d’Agadez » du réalisateur Amadou Dénis Roufay du Niger à qui est revenue une somme de 500 000 francs CFA. Quant au réalisateur Padabadi du Togo, il a empoché un montant de 300 000francs CFA, grâce au prix d’encouragement pour le film documentaire togolais gagné par sa réalisation « Compagnie ».

 

Au total, le FESDOB 2014 a réalisé 30 projections en quatre jours, et a connu la participation de plus 5000 spectateurs, soit une mobilisation moyenne de 175 personnes par projection.

 

Vicarmelo TIEM

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