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Politique

« Je prends le parti des togolais », le mauvais essai de son nègre compromet Alberto Olympio

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La montagne a accouché d’une souris. Et pourtant on l’attendait avec beaucoup d’impatience, tant le présumé auteur nous en avait promis… «  Et mon livre tutu, et mon livre tata, et puis vous allez voir ce que vous allez voir ! »

 

Nous avons eu le privilège (de taille !) de lire en avant première la fameuse déclaration d’amour au peuple togolais. Enorme désillusion ! Nous refusons de croire, un seul instant qu’Alberto Olympio ait été lui-même, le vrai auteur d’une insipidité, d’un tel navet. Il est vrai, que dans ses interventions médiatiques, son discours n’est jamais assez cohérent ni profond, mais pour s’être déclaré candidat aux élections présidentielle, il devrait être capable lui-même de mieux faire, ne serait-ce que par respect pour le peuple togolais.

 

Si, à juste titre, avec un titre aussi racoleur « je prends le parti des togolais », vous vous attendiez à une ode vibrante, un cantique chantant en hommage au peuple togolais, à ses combats, à son avenir… vous serez déçu ! N’est pas Césaire qui veut ! Il n’y a qu’un seul « cahier d’un retour au pays natal », il est vrai ! Mais quand un africain vit l’éloignement de plusieurs années avec son pays, et sent le besoin de l’expression littéraire, il s’en inspire. A défaut d’égaler le talent du célèbre poète, on s’ajuste sur sa verve, on cherche à l’imiter pour imaginer cette déclaration d’amour qu’on ferait à la terre de ses aïeux, dès qu’on y poserait le premier pas.

 

Ce qui nous a été vendu pendant de longues semaines, comme un essai qui bouleverserait à lui tout seul, la donne politique au Togo, n’est qu’un ramassis de poncifs et de mensonges, mal libellés et mal agencés. Il commence par une espèce de cahier de route d’un bloggeur toubab sans talent, qui après avoir sillonné l’Afrique de l’Ouest, aligne des clichés surannés sur l’Afrique et les africains : le taux d’humidité des villes tropicales, la verdure sauvage, le sourire des femmes, les taxi-moto, la pollution etc… Le toubab bloggeur est allé à Château Rouge dans le 18ième arrondissement de Paris complété son petit précis de clichés : les rires aux éclats des africains qui se cognent la tête pour se saluer… Ces chapitres étaient censés, nous entrainer, nous emporter dans un voyage tout au long de la vie de l’auteur affiché.

 

Sur le parcours académique et professionnel de Olympio Alberto, le livre comporte des invraisemblances entre ses années de formation et la qualité de ses stages qu’on ne saurait attribuer à l’intéressé lui-même. On peut penser qu’il n’a aucun intérêt à mentir sur ses diplômes et ses expériences professionnelles. C’est donc le nègre, qui pour transformer son commanditaire en héros, a semé ci et là des épreuves de vie, des difficultés que Alberto aurait transcendées grâce à sa force de caractère et à son courage. Le véritable auteur du livre a voulu cacher le parcours d’un garçon né avec une cuillère dorée dans la bouche pour nous livrer son histoire d’un « self made man ». Le résultat, c’est beaucoup d’incohérences dans un film à la gloire de l’apprenti politicien.

 

Autre célébration dans le livre, c’est les performances économiques de Faure Gnassingbé. Le Président de la République aurait commandité le livre pour se féliciter de ses actions à la tête de l’Etat Togolais, qu’il n’aurait pas eu meilleur résultat. Avec des détails dignes d’un rapport de la Primature ou du Ministère de l’Economie, le livre consacre de larges extraits aux performances du port, au développement des infrastructures routières, au nouvel aérogare et ses perspectives sur le développement économique, au retour des PTF, à la stabilité politique et sociale, bref à l’embellie économique exceptionnelle que connaît le pays avec un taux de croissance qui fait des envieux dans la sous-région. Dès lors que l’éloge du bilan de l’actuel régime est fait avec autant d’enthousiasme et de zèle, les rares critiques contre Faure Gnassingbé, sonnent comme un dépit amoureux. Alberto peut-il de lui-même se mettre à louanger tel un thuriféraire dans « son livre », les actions d’un camp politique contre lequel, il ambitionne de proposer une alternative ? Non seulement, il n’a pas écrit son livre, mais on peut même se demander s’il l’a lu et compris.

 

S’il a un contrat entre lui et son nègre, Alberto Olympio sera fondé d’intenter un procès pour rompre celui-ci et même lui réclamer des dommages et intérêts. Car en définitive, s’il avait une chance de se faire comprendre par les togolais et d’incarner une prétendue alternative à la classe politique actuelle (opposition comme mouvance) la sortie de ce livre vient de faire évaporer ces illusions. On le savait déjà sans carrure, on le découvre sans culture et surtout intellectuellement paresseux.

 

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