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Politique

Présidentielle de 2015 / Congrès ANC Aussitôt investi candidat, Jean-Pierre Fabre fait son aveu d’échec

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Chef de file très controversé de l’opposition, Jean-Pierre Fabre sera candidat à la prochaine présidentielle de 2015. Sans surprise, son parti l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) vient de l’introniser comme son candidat à l’issue du congrès qui a clôturé ses travaux le week-end dernier à Lomé. Mais, au vu du climat sérieusement conflictuel et délétère au sein de l’opposition en ce moment, les chances du candidat de l’ANC sont si minces qu’il n’hésite pas lui-même à le reconnaître aussitôt après son investiture. « Dans son discours de clôture, Jean-Pierre FABRE a d’abord précisé que son investiture comme candidat de l’ANC à l’élection présidentielle de 2015 est à proposer aux forces démocratiques », rapporte en effet le site du parti. Le morceau est ainsi lâché. Pour qui sait lire entre les lignes, Fabre n’en pouvait pas mieux pour signifier clairement son aveu d’échec. Cette reconnaissance de l’échec de son projet de se vêtir du maillot de l’unique candidat de l’opposition face à celui du parti au pouvoir marque définitivement l’exclusion d’un quelconque soutien des autres forces de l’opposition. Car, en toute logique, le bon sens aurait voulu qu’on adopte la démarche inverse. C’est-à-dire que si les autres forces de l’opposition devraient marquer fermement leur soutien à la candidature de Fabre, elles l’auraient fait avant ce congrès ou du moins, pendant son déroulement. D’ailleurs, l’un des échecs notoires de ce congrès, est l’absence des grandes figures de l’opposition. Les querelles intestines et autres déchirements auxquels l’on assiste depuis plusieurs mois au sein de cette opposition témoignent essentiellement de l’hostilité des uns et des autres à la dynamique unitaire et antidémocratique que Fabre veut dicter aux autres.

 

Sentant alors sa solitude future face au poids lourd que représente la candidature du parti au pouvoir, et face à d’autres candidatures de l’opposition qu’il a soit fini par trahir malgré leurs liens de partenariat, ou soit qu’il a déjà offusqué de plusieurs autres manières, Jean-Pierre Fabre se retrouve aujourd’hui à quémander leurs soutiens.

 

Preuve vivante et vivace : la brouille orchestrée par l’ANC, par manque de tact, entre lui-même et son allié l’Alliance pour la Démocratie et le Développement Intégral (ADDI), du Pr Aimé Gogué. Il ne peut plus rien se passer d’extraordinaire. L’ANC est victime de sa propre initiative avec à la clef : roublardise, traîtrise et excès d’égo.

 

Cause perdue ! Signe indiscutable du malaise présent de celui-là même qui n’a guère hésité à brandir comme un étendard glorieux qu’il est le chef de file de l’opposition. Si cela suffisait, Fabre n’aurait pas eu du mal à rallier toutes les forces politiques de l’opposition autour de sa candidature.

 

Autre faiblesse non négligeable à cette candidature : une candidature va-t’en guerre, insoumise et un peu anarchiste sur les bords, est fondamentalement inacceptable pour la frange la plus réfléchie et la plus stratégique de l’opposition. Puisque, l’ANC affiche toujours toute la peine qui est la sienne à pouvoir se défaire de l’utopie qui l’a toujours caractérisée. Preuve d’une nouvelle rêverie. Le parti demande la tenue des élections locales avant la présidentielle de 2015. C’est tout comme s’il n’avait tiré aucune leçon de près de cinq années de marche pour revendiquer une supposée victoire à la présidentielle de 2010, ou encore, qu’il n’a rien appris de l’échec à obtenir les réformes constitutionnelles et institutionnelles.

 

L’ANC, risque de briller une nouvelle fois par sa stratégie qui consiste à avancer d’un pas et à reculer de plusieurs aussitôt après. Combien de fois, ce parti n’a pas juré qu’il ne participera pas à tel ou tel autre processus électoral si ses doléances ne sont pas respectées ? Mais, au bout du compte, dos au mur et à la toute dernière minute, il finit par appeler ses militants – du coup indécis – à aller voter. Tel que cela se passe, il est fort à parier qu’on assistera au même scénario en 2015.

 

Il est aujourd’hui clair que les calculs sont complètement défavorables pour l’ANC. Le candidat Fabre pourra compter sur ses quelques alliés du Collectif sauvons le Togo qui lui restent encore fidèles, jusqu’à un probable coup de traitrise de sa part. Le récent appel du groupe des cinq pour la poursuite du processus des réformes – une question qui relève exclusivement de la compétence de l’Assemblée nationale – devrait assurer à Fabre un certain soutien moral. L’autre espoir de l’ANC reste la promesse faite par Alberto Olympio de pouvoir observer et surveiller le scrutin présidentiel de 2015 grâce à ses moyens et aptitudes technologiques. Encore, qu’il faudra à Jean-Pierre Fabre de rallier à sa cause cet adversaire, qui n’est pas du tout prêt à lui faire le moindre quartier. Avec Alberto et Fabre, l’on connait les deux premiers candidats formellement déclarés et dûment investis pour la prochaine présidentielle.



Franck Didier D’Oliveira

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