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TOGO/ Jean-Pierre Fabre : Son ignorance sur l’économie nationale au grand jour

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C’est un fait rarissime dans son histoire politique. Pour la première fois, Jean-Pierre Fabre a donné une conférence publique. La rencontre était censée porter sur l’économie nationale. Mais au finish, quid de connaissance sur l’économie nationale du conférencier, se dit-on. Relecture critique de la sortie d’un économiste manifestement déphasé de la réalité de sa matière.

 

On soulignera tout de suite l’ironie de la situation : Plus de neuf mois après sa publication, le rapport 2011 de l’ONG américaine Global Financial Integrity (GFI) intéresse toujours au plus haut point Jean-Pierre Fabre. Ignorant peut-être que les réalités économiques sont très dynamiques et fluctuantes. Sérieux retard sur les événements.

 

Voici un économiste togolais, homme politique de son état, qui annonce une conférence publique axée sur l’économie de son pays. Mais au lieu de s’appesantir sur les diverses et variées composantes de l’économie, il se borne à débiter tout un charlatanisme autour de transferts illicites d’argent et en se fondant essentiellement sur le rapport d’une ONG étrangère. Aucune analyse portant sur le produit intérieur brut et le produit national brut, aucun exposé sur les grandes régies financières du Togo (Douanes, Impôts, Port, etc.), aucune présentation des niveaux d’endettement du pays, le Commerce, l’élevage, la pêche, l’évolution démographique et ses incidences économiques et financières … Bref, ce trou béant dans sa présentation mardi dernier, ouvre la voie à tous les doutes possibles aussi bien sur ses compétences en tant qu’économiste qu’homme politique, qui plus, nourrit l’ambition de prendre les rênes de gouvernance de tout un Etat.

 

Bien sûr, les documents budgétaires, économiques, financiers nationaux,…les rapports de certaines institutions, partenaires stratégiques du Togo, comme le PNUD, le FMI, la Banque Mondiale…- Institutions très techniques, très sérieuses et rodées – qui savent brasser large sur ces types de question, doivent faire l’objet d’une analyse approfondie et indépendante, au lieu d’en choisir des tranches et d’aboutir à des conclusions politiques hâtives.

 

 

Prétendant faire une démonstration sur l’économie nationale, Fabre se limite aux flux illicites d’argents en s’éloignant des secteurs directement générateurs de revenus – comme ceux susmentionnés – et touchant au plus près, à l’épanouissement des populations. L’émergence d’une économie s’inscrit dans une longue histoire sociale et intellectuelle, marquée par les apports et les réflexions, d’un grand nombre de personnes et par la mise en place de différents types d’initiatives, de compétences…l’Opposant, ne l’ignore pas.

 

Non seulement, il manque de respecter un exercice scolaire basique. Tout le long de son document en effet, il s’époumone à parler flux financiers illicites et à établir quelques comparaisons entre ces faits, le budget et le PIB. Puis subitement, en guise de conclusion, sans faire le moindre rappel des points importants de son développement et l’essentiel à retenir, il saute sur des messages politiques dans le style stérile qui lui est connu. « Face à une telle situation…le peuple togolais doit se mobiliser massivement pour dire non et mettre fin à plus de cinquante années de pillage, d’incurie et d’irresponsabilité… ». Du déjà entendu !

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Plus obsédé politique, qu’économiste

A la place d’une démonstration scientifique axée sur l’économie nationale, Jean-Pierre Fabre s’est laissé aller à son épanchement politique obsessionnel.

Comprendre le déficit de la conférence de Jean-Pierre Fabre peut aisément aider à analyser les difficultés que l’homme rencontre à manager sa propre carrière politique et à se trouver méthodiquement des voies, mieux des « voix » pouvant lui permettre de poser des jalons certains d’accession à la magistrature suprême. Qui dit « Economie », dit méthode. Fabre en manque cruellement. Sa conférence l’atteste. Car, du haut de ses vingt ans de carrière politique et plus, Ex-N°2 de l’ex grande formation politique d’opposition, l’Union des forces de changement (UFC), Economiste de formation, vivant dans son pays dont il est censé être un observateur fin dans sa matière, l’économie bien sûr, … le président de l’ANC a potentiellement tous les arguments pour élargir son champ d’action pour une présentation décrivant l’économie nationale, étant supposé avoir des entrées faciles dans plusieurs institutions et ainsi prompt à accéder aux documents significatifs pour réaliser efficacement ce travail. 

 

Si par extraordinaire, le parti dont il était l’une des figures importantes – l’UFC donc- avait réussi à se hisser au pouvoir, Jean-Pierre Fabre aurait assurément exercé l’une des plus hautes fonctions (Premier ministre, ministre de l’Economie et des finances,…). Et il n’aurait pas raté de faire profil bas.

 

L’économiste Fabre faisait partie de ceux qui pointaient du doigt les défaillances de l’Etat et estimaient qu’il fallait soumettre l’économie à des règles rigoureuses…Mais les turbulences et les difficultés qu’il a rencontrées à présenter objectivement une conférence sur l’économie nationale, et les conseils sincères que des amis économistes de son cercle ne manqueront pas de lui prodiguer, doivent le conduire à changer son fusil d’épaule.

 

Voilà ! Les préconisations de l’homme politique économiste, donneur de leçons, sont bien différentes de ce que veut tout réalisme économique.

Ce type de fourvoiement douloureux qui guette les Togolais, tout comme une épaisse grisaille, doit faire place à la force de la lumière. À la veille de la présidentielle de l’année prochaine, Il faut espérer que la vigilance soit du côté des électeurs togolais pour éviter de se faire prendre à de pareils pièges.

 

Franck Didier D’Oliveira

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