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Politique

« Je prends le Parti des Togolais » ou le vrai visage d’Alberto Olympio

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« Je prends le Parti des Togolais », le livre à paraître très prochainement sous la signature d’Alberto Olympio est une surprenante révélation du jeu politicien trouble de l’homme. Plutôt que de porter au pinacle son projet de société, Il le met très négativement à nu.

 

Il était très admiratif du pouvoir qu’incarnait Gnassingbé Eyadéma, le voilà contre Faure Gnassingbé, du moins contre Faure Gnassingbé du bout des lèvres. Son livre à venir, « Je prends le Parti des Togolais », dont la sortie officielle est prévue pour mi-octobre prochain le laisse transparaître clairement et étonnamment. Un livre aux révélations carrément déroutantes, éblouissantes… qui laissent plutôt découvrir le vrai visage d’Alberto Olympio, le président du Parti des Togolais, contrairement aux convictions et aux ambitions politiques tant chantées par l’homme et des amis politiques qu’il s’est trouvé sur le pif.

 

Alberto Olympio écrit en effet à la page 194 de son livre : « Les résultats macroéconomiques se sont améliorés après quinze années de crise. La croissance économique est passée de près de 4,5% en 2010-2011 à 5,9% en 2012 et 5,6% en 2013. Pour 2014, le FMI prévoit une nouvelle hausse du taux de croissance à 6%. Cette progression reflète principalement le dynamisme de l’agriculture, de l’exploitation minière ainsi que des politiques de travaux publics. Le rythme récent de la croissance économique est également imputable à la stabilisation sociale et politique depuis 2005… ».

 

Mieux : « L’aéroport de Lomé est actuellement en cours d’extension en vue d’augmenter sa capacité de traitement et d’attirer de nouvelles compagnies aériennes en offrant plus de services et de meilleure qualité. La capacité de l’aéroport serait ainsi portée à au moins 1,5 million de passagers par an lorsque les travaux seront terminés, contre 700 000 actuellement, et à 50 000 tonnes de fret au lieu des 15 000 tonnes actuellement. Ce projet soutiendra le développement du hub Ethiopian Airlines/ Asky Airlines. Il renforcera aussi la compétitivité de la plateforme aéroportuaire de Lomé dans la sous-région et augmentera son attractivité du fait de dessertes aériennes nouvelles… », page 214.

Plus haut, à la page 133 : « J’avais 11 ans la toute première fois où la pensée de devenir un jour président du Togo m’avait traversé. Dans ma tête de petit garçon, le président incarnait le pouvoir, la force. Qui d’autre pouvait éradiquer la misère et l’injustice ?

Lorsque, planté sur le bord de la route, je saluais le général-président, c’est ce dieu vivant-là que j’applaudissais. Il détenait la puissance et la bienveillance de superman. Sa mission divine était de protéger le peuple togolais. De voler à son secours ; au sens figuré évidemment !

J’étais un petit garçon idéaliste et, paradoxalement, très conscient des réalités…seule solution, un jour je serai président !

…je changerai le monde ».

 

A la lecture de ces extraits et de bien d’autres, l’on tombe des nues. Jamais encore, ou presque, n’avait été publié un témoignage d’une telle force laudative et dithyrambique sur les actions relatives au parcours de Faure Gnassingbé depuis 2005. Est-ce un opposant à Faure Gnassingbé qui s’exprime, un de ses amis très proches ou un de ses anciens ministres ? Un opposant togolais qui salue la stature de Gnassingbé Eyadéma ?

 

La prose d’Alberto a le mérite de jeter le flou artistique et de laisser tomber les masques de l’ambitieux ou du prétendu opposant togolais, sorti ex-nihilo et dont la principale et drôle arme politique est de faire chemin tout seul, narguant complètement ses aînés.

 

On sait bien que l’ambition d’Alberto Olympio est de devenir président de la République et qu’il doit ainsi s’opposer à celui qui est en place s’il veut avoir une chance de le remplacer. Mais nombreux restent les Togolais d’ici et d’ailleurs qui se demandent : pour qui roule en vérité Alberto Olympio ? Tous ceux qui sont agités par une telle question, depuis l’avènement bling-bling de l’homme sur l’échiquier politique national peuvent alors commencer par se faire leur religion de cette interrogation. Car, depuis le lancement bride-abattu de son parti et l’annonce de sa candidature – faisant royalement fi de tous les efforts actuels qui sont ceux des forces politiques de l’opposition – son positionnement réel demeure une énigme incernable dans l’esprit de plus d’un. Et il a été souvent observé par certains analystes qu’il était l’oiseau rare que Faure Gnassingbé est allé chercher, pour casser l’élan unitaire que son opposition était sur le point de prendre.

 

Le président du Parti des Togolais veut devenir calife à la place du calife, mais curieusement il ne veut pas se débarrasser des choix, des méthodes et finalement du bilan du « Calife » ou de celui qui est au pouvoir, à qui il prétend s’opposer.

Sa propre profession de foi achève de le trahir et le conduit à se montrer plutôt comme dans le camp de son adversaire. Dès lors, peut-il légitimement clamer encore sa « différence » ? « Wait and see », comme l’enseigne la philosophie anglaise. Mais d’ores et déjà, on peut dire que ce livre est la preuve que l’homme qui se bombarde le torse d’être dans de bonnes grâces d’un certain nombre de chefs d’Etats africains et de bénéficier de l’onction de réseaux diplomatiques du Nord, est incapable d’élaborer une ligne politique claire. Soit il est missionné pour déstabiliser l’opposition, ou soit il s’est payé les services d’un nègre – conscient de sa méconnaissance de la réalité politique de son pays – qui le crucifie.

 

L’on peut parier que si Alberto, clame toujours sa place dans l’opposition, il en a encore jusqu’à la sortie de son livre. Un outil qui atteste qu’il aurait pu obtenir beaucoup plus pour un ralliement au pouvoir en place.

 

François Roger Wang

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