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Finances

Les togolais et les institutions de micro finances : une histoire de cœur

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Elles-les institutions de micro finances- ont apporté un second souffle à l’économie togolaise, entre temps lourdement affectées par la crise socio-économique qu’a connue le Togo. Aujourd’hui, malgré les quelques scandales d’escroquerie, qui ont terni leurs images, il y a quelques années, les institutions de microfinances restent le choix privilégié de nombreux togolais.

 

Dans le hall d’une des plus grandes institutions de microfinance du Togo, en cette fin de semaine, le nombre de clients présent est impressionnant. Plus d’un millier, venu effectuer soit un retrait, soit un versement de fonds. Jonas Apelete, jeune menuisier de son état, est depuis déjà une quarantaine de minutes dans une interminable file d’attente. Et il attend. Tout juste devant lui se tient une jeune ménagère, elle aussi attend. Elle attend impatiemment son tour. Sur les visages de tous les clients se lisent l’impatience et l’ennui. La bonne humeur des premières heures fait progressivement place à l’énervement. « Voici déjà un peu plus de trois mois que j’ai lancé la procédure pour l’obtention d’un prêt. Mais je n’ai jusqu’alors pas pu l’avoir. » Peste cette femme, visiblement abattue. Elles seraient nombreuses dans ce cas. Et si elles n’ont pas encore obtenu gain de cause c’est parce qu’elles ne remplissent pas les conditions pour obtenir un prêt, nous fait comprendre un des responsables de crédits de cette institution de microfinance.

 

Pour d’autres le sourire est au rendez. C’est le cas d’une autre, qui a enfin obtenu un prêt de 300 000 FCFA. Il était temps pour elle, de passer à autre chose après plus de 2 ans de travail comme ouvrière à la zone franche du Togo, à gagner ce qu’elle qualifie de « salaire de misère ».

 


On y croit


Beaucoup de togolais ont vu en ces Institutions de Microfinances un moyen de sortir de la précarité. Car elles sont plus proches de la plèbe. Et leur permet de lancer de petite affaire sans fournir tant de garantie. Ce qui n’est d’ailleurs pas des institutions bancaires. Avec les possibilités souples d’obtention de crédits qu’elles offrent, une confiance aveugle est née entre elles et le peuple. Bien qu’ayant été secouées par une série de scandales d’escroquerie, celles-ci, ont toujours leurs places dans les cœurs des togolais. D’aucuns croyaient que les victimes des institutions véreuses, au cœur des scandales d’escroquerie précédents, devaient laisser tomber l’épargne. Ce n’est pourtant pas le cas, puisqu’ils ont préféré se rabattre vers d’autres institutions plus fiables et un peu plus regardantes qui sont pour la plupart membres de l’Association Professionnelle des institutions de Microfinance (APIM). Pour ces quelques courageux, il n’est pas question de quitter sitôt l’aventure. « Je viens de finir mes études en communication et j’ai puis les financer grâce au crédit que j’ai eu auprès de ma coopération d’épargne. » explique. Steve Adje. « Il m’a fallu juste verser une somme pour avoir son triple comme prêt » poursuit-il, avec beaucoup de satisfaction. Contrairement à Steve, Kodjo, lui a été une victime d’une des institutions de micro finance de la place. Il a, selon ces dires, perdu plus d’un demi-million de FCFA. Malgré toutes les démarches entreprises en vue d’entrer en possession de ces fonds ; ces efforts sont été vains. Aujourd’hui il a tourné cette page sombre, pour regarder vers l’avenir. Et cet avenir est pour lui, une autre institution de micro finance que lui et sa famille jugent plus crédible. « Je bénéficie de mon second. Le premier je l’ai payé en moins de six mois .Et ce second prêt c’est pour passer à la vitesse supérieure »dit-il.

 

 

Des adhérents de plus en plus nombreux. Et une reconnaissance internationale

 

Selon les résultats statistiques de la Cellule d’Appui et de Suivi des Institutions Mutualistes ou Coopératives d’Épargne et de Crédit (CAS-IMEC), de 2009 à 2012, le nombre de bénéficiaires directs de crédits est passé de 690 832 à 1 118 528. Une évolution importante, qui illustre le rôle que jouent ces Institutions de Microfinances dans la vie des Togolais. Cet intérêt que portent les togolais surtout, les plus défavorisés à l’IMF, est connu de tous. Selon un responsable d’une institution de microfinance, un togolais sur deux serait membres d’une IMF. Ce secteur compte aujourd’hui un peu plus de 176 institutions de microfinance sur toute l’étendue du territoire togolais. Sur la centaine qu’elles sont, seules deux d’entre elles se taillent la part du lion en termes de représentativité : 70% du marché national. Il s’agit de Fucec-Togo et Wages.

 

Avec un nombre sans cesse exponentiel d’adhérents, il est important de mettre les bouchées doubles, pour être à la hauteur des attentes des clients. Alors pour atteindre ces objectifs il faut se doter de moyens modernes. Cela a d’ailleurs démarré avec l’utilisation des SIG (système d’information et de gestion) et d’un SYSDE, qui est une solution solide qui permet une gestion plus efficace. Les efforts des IMF sont également accompagnés par les institutions mondiales telle la banque mondiale. Elle a, dans le cadre du projet (projet secteur financier et gouvernance) approuvé un montant de 12 millions de dollar us (6 milliards FCFA) pour aider et améliorer la stabilité du secteur financier togolais.

A ce titre que plusieurs Institutions de Microfinance, ont bénéficié de 3.20 millions us dollar (soit environ 1.60milliards de FCFA).

 

Daniel Addeh

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