Santé

EBOLA : Fausse alerte et panique au Togo

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Le gouvernement a dû intervenir pour circonscrire la panique. Mais sans grand succès puisque la folle rumeur annonçant des cas de découverte de la fièvre hémorragique Ebola continue son bonhomme de chemin, alimentée par plusieurs informations non vérifiées. Pourtant à l’heure actuelle, les sources médicales crédibles confirment qu’il n’y a à ce jour, aucun patient souffrant de cette maladie admis dans les centres de santé de notre pays.

 

Tout est parti de la prise en charge d’un homme qui aurait craché du sang pendant une heure après s’être écroulé jeudi dernier en pleine rue dans le quartier Doulassamé non loin de la Place Anani Santos à Lomé, provoquant la panique aussi bien chez les riverains que les passants. Très rapidement, les rumeurs en ont fait une victime de la fièvre EBOLA. Pourtant, après analyse dans le centre d’isolement du CHU Campus où il a été évacué, les médecins ont conclu que l’homme n’en souffrait pas. La cellule de gestion et de prévention contre la maladie a établi qu’il était hémophile et faisait une hémorragie interne due à « l’automédication. »

 

Après la fausse alerte de Doulassamé, c’est à Atakpamé que la rumeur s’est transportée, relayée par des médias, plusieurs sites internet et les réseaux sociaux. Ils annonçaient deux cas, l’un avéré et l’autre suspect dans cette ville et alléguaient se fonder sur des sources proches du Centre Hospitalier Régional ( CHR) de la localité, qui « auraient requis l’anonymat. » Le gouvernement aurait même dépêché une équipe médicale sur les lieux. Là encore, démenti formel des autorités : il n’y a aucun cas avéré de la fièvre Ebola au Togo. Tout en rappelant cependant qu‘il ne faut pas baisser la garde. Selon le communiqué publié à ce propos, des dispositions sanitaires ont été prises pour repérer et isoler les cas suspects. La population est donc invitée «  à vaquer librement à ses occupations en respectant les règles élémentaires d’hygiène. » Mais également à renforcer la vigilance et veiller sur son état de santé et celui des autres en surveillant l’apparition de certains signes. Un numéro vert le 111 est ouvert depuis plusieurs semaines.

 

L’ONG AIMES-AFRIQUE du Dr Michel KODOM est venu renforcer les déclarations officielles en se fondant sur des « informations recueillies sur place et auprès des autorités sanitaires locales » notamment sur un autre cas qui se serait manifesté à Anié. « Aucun de nos représentants préfectoraux n’a rapporté de cas d’EBOLA » rassure l’ONG.

Pour l’heure, le contact du Togo avec cette fièvre mortelle reste le cas de ce passager ayant transité par avion à l’aéroport de Lomé, qui est décédé au Nigeria quelques jours plus tard.

 

URGENCE :

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé ce vendredi qu’il fallait considérer l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola comme « une urgence de santé publique de portée mondiale« . « Une réponse internationale coordonnée est essentielle pour arrêter et faire reculer la propagation internationale » du virus, estime son comité d’urgence.

Les conséquences possibles d’une poursuite de l’épidémie, qui a fait près de 1000 morts dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, notamment en Sierra Léone, en Guinée Conakry, au Libéria et au Nigéria sont « particulièrement graves » compte tenu de la virulence d’Ebola, a précisé l’OMS à l’issue d’une réunion de deux jours de son comité d’urgence.

 

L’épidémie actuelle est « la plus importante et la plus sévère » en quatre décennies, a souligné dans une conférence de presse la directrice générale de l’OMS Maragaret Chang.

Elle a estimé que les pays d’Afrique de l’Ouest touchés par l’épidémie: Liberia, Sierra Leone, Guinée et Nigeria, « ne peuvent y faire face par eux-mêmes » et a appelé « la communauté internationale à leur fournir le soutien nécessaire« .

 

Mme Chang a ajouté qu’elle avait accepté les conclusions du comité et décrété cette « urgence de santé publique de portée mondiale« , l’OMS coordonnant au quotidien la mobilisation internationale face à Ebola.

Le comité a exclu des restrictions sur les voyages internationaux ou sur le commerce international. Mais, a-t-il dit, « les Etats doivent se préparer à détecter et traiter des cas de malades Ebola » et « à faciliter l’évacuation de leurs ressortissants, en particulier les personnels médicaux, qui ont été exposés à Ebola« .

 

Source: http://www.focusinfos.net

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