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TOGO: La ministre Germaine Anaté Kouméalo s’est confiée à Togoportail au terme des Etas généraux de la presse

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Organisés cette semaine à Kpalimé, les Etats généraux de la presse ont tenu, selon la ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et de la Formation civique Germaine Kouméalo Anaté, le pari de la professionnalisation qui donnera à la presse togolaise « un autre visage ». Dans un entretien accordé au site d’informations générales Togoportail.net, la ministre estime que pour que les recommandations soient mises en œuvre, « il faudra qu’en plus du comité de suivi mis sur pied avec les journalistes, un cadre d’échange et de dialogue permanent, de manière à anticiper sur les problèmes et à faire le suivi des différentes mesures à prendre parles acteurs concernés ». La ministre appelle à la prise de responsabilité de tous les acteurs de la presse pour une meilleure implication dans le développement de ce métier qui contribue à l’émergence du pays. Lire l’interview.

 

Togoportail.net : Les états généraux viennent de se terminer à Kpalimé, il serait intéressant que vous nous disiez ce qui a pu motiver ces assises de la presse au Togo.

 

Anaté Germaine Kouméalo : Avant de répondre à votre question je tiens à vous remercier pour votre participation active à ces assises, nous savons que les médias jouent un rôle important dans les changements de mentalités et comportements dans l’éducation de nos concitoyens et surtout dans le processus de développement. Conscient de cet enjeu, le gouvernement à décider d’accompagner les acteurs des médias dans la rechercher d’amélioration sensible des conditions de travail et la restructuration de la profession. C’est dans cet élan que les Etas généraux qui viennent de se tenir ont été organisés. Il faut dire que le besoin a d’abord été exprimé par les acteurs des médias eux-mêmes et le gouvernement en réponse à cette inquiétude a mis les moyens pour que ces Etats généraux puissent s’organiser. Ceci dans la mesure où il est important que la communication en général puisse accompagner les réformes que l’Etat togolais est en train de mettre en place depuis quelques années. Ces réformes doivent nécessairement participer à l’épanouissement de nos concitoyens, au développement socioéconomique de notre pays. Parce qu’au-delà de leur fonction première d’information, les médias ont un rôle important à jouer, ils occupent une place déterminante à la fois dans le renforcement de l’Etat de droit et dans le développement du pays ; ils peuvent valablement remplir cette mission que s’ils sont professionnels d’où le thème « le pari de la professionnalisation », qui est une étape plus indispensable vers une presse plus responsable qui puisse valablement et efficacement contribuer au développement économique et sociale du Togo.

 

Togoportail.net : Vous avez suivi de bout en bout les travaux pendant trois jours, est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que vos attentes ont été comblées ?

 

Anaté Germaine Kouméalo : Oui, puisque l’organisation elle-même est un pari, et bien que le besoin ait été exprimé par les journalistes, beaucoup non seulement les journalistes étaient sceptiques quant à la réussite de ces états généraux, certains acteurs n’ont pas manqué de se demander si les assises vont réellement contribuer à changer quelque chose dans la qualité des prestations des médias et dans la vie des journalistes. Mais je tiens à rassuer et c’est à rasion, que le fait d’avoir réussi à l’organiser est déjà un succès, surtout le bon esprit qui a animé les débats et au regard des résultats auxquels nous avons abouti ; je me réjouie et je crois que c’est une réussite mais ce n’est une fin en soi. Je pense que c’est un point de départ parce qu’il était important de marquer un arrêt pour faire un diagnostic et porter un regard lucide sur les problèmes qui minent le secteur, ensuite proposer ou faire des recommandations pertinentes. Mais au-delà des recommandations il faut pouvoir les faire traduire dans les actes concrets. Donc le vrai travail va commencer à partir de maintenant c’est-à-dire la mise en œuvre des recommandations et des mesures devront réellement faire de ce processus de professionnalisation un succès complet et définitif.

 

Togoportail.net : Aujourd’hui quels sont les leviers qui vont permettre à la presse togolaise d’être plus professionnelle et compétitive ?

 

Anaté Germaine kouméalo : Le premier facteur déterminant avant toute chose c’est la formation. Pour être professionnel il faut passer par la formation, cela passe par la formation traditionnelle mais aussi l’auto formation. Le journaliste c’est quelqu’un qui est en perpétuel recherche, qui doit être curieux, et doit à chaque instant faire tout pour se mettre à jour. Il est dans une formation permanente et continue. Tant que le journaliste n’a pas conscience de cela, et ne s’investit pas, cela va être difficile de se professionnaliser. Etre professionnel, ce n’est pas seulement connaitre les pratiques journalistiques, il faut aussi respecter l’éthique et la déontologie de ce métier. Le journaliste n’est pas un employé comme tout autre, il a une responsabilité qui est grande. La matière première qui est l’information peut être une bombe si on ne sait pas la manipuler. Ce qui peut aider à construire peut également détruire, d’où la nécessité d’insister sur l’étique et la déontologie.

Après la formation qui est le premier facteur, il y a aussi le fonctionnement des organisations de presse, et ensuite il faut passer par la convention collective qui permettrait aux journalistes d’avoir de meilleurs traitements, des salaires décents, et des conditions de travail idéales. Il y a aujourd’hui des gens dans ce travail qui ne gagnent même pas le SMIG malgré leur diplôme. Les conditions de travail sont donc aussi déterminantes, pour qu’on puisse faire un travail de qualité. Le but principal c’est la recherche de la qualité qui fera en sorte qu’on puisse être compétitif.

Je veux parler aussi des responsables des organisations de presse qui n’ont pas la culture managériale. Il faut donc renforcer ces capacités. Avant de créer une presse, il faut savoir qu’un organe de presse est une entreprise qui obéit aux règles de gestion d’une entreprise. Il y a donc la formation managériale que les responsables doivent avoir. C’est donc un certain nombre de facteur à mettre en place pour accompagner progressivement cette marche vers davantage de professionnalisation.

 

Togoportail.net : Vous dites que c’est un pas vers la professionnalisation, que peut-on attendre de ces états généraux surtout pour les radios rurales et communautaires qui ont vraiment des soucis ?

Anaté Germaine Kouméalo : Cette rencontre est un cadre idéal qui nous a permis d’aborder les problèmes de la presse en général mais les radios rurales et communautaires ont un cas spécifique sur lequel on devra se pencher plus particulièrement. Par exemple le statut des journalistes qui interviennent sur ces radios a un statut particulier. Beaucoup sont des bénévoles, recrutés par leurs communautés et sensés être payés par ces communautés. D’autres ont plus de chance d’avoir d’autres soutient. Nous réfléchissons à comment mieux aider ces radios sur le plan de la formation et sur la diversification des sources de financements. Ce sont des radios qui ont un rôle capital de par leur proximité avec les populations. Par conséquent leur travail a un impact réel sur les populations et pour le développement du pays. Nous allons donc poursuivre les réflexions des acteurs de ces médias pour trouver des réponses spécifiques à leurs problèmes.

 

Togoportail.net  : Après les états généraux, qu’est-ce qui doit être fait selon vous pour que les recommandations puissent être mises en œuvre et à quel délai ?

Anaté Germaine Kouméalo : Vous avez vu qu’un comité de suivi a été mis en place, et cela est très important. Je vous rassure que l’esprit de ces états généraux répond à la démarche du gouvernement. A ce titre, l’accompagnement qu’il faut pour que certaines recommandations pertinentes soient traduites se fera. Cela se fera à travers l’amélioration du cadre réglementaire qui va être étudié avec la HAAC et le ministère, et une fois ce cadre modernisé et adapté aux mutations qu’exige ce secteur, il faudra aussi avec les journalistes avoir un cadre d’échange et de dialogue permanent, de manière à anticiper sur les problèmes et à faire le suivi des différentes mesures à prendre parles acteurs concernés. Cela se joue au sein des corporations des journalistes elles-mêmes. C’est donc ce cadre d’échange que le gouvernement veut leur proposer, à travers des rencontres régulières et ensemble nous allons étudier la mise en œuvre de ces états généraux. Nous allons définir ce qui se fera à court terme, à moyen ou à long terme.

 

Entretien réalisé par Ahodo Koffi pour Togopotail

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