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Economie

Coopération Afrique-Union Européenne/ Les Accords de partenariat économique (APE) : Où en est-on aujourd’hui ? (2nde Partie)

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La semaine dernière, il vous est proposé le dossier intitulé ‘’Coopération Afrique-Union Européenne/ Les Accords de partenariat économique (APE) : Où en est-on aujourd’hui ? (Ière Partie)’’. Comme promis, voici la seconde partie de ce dossier qui vous apporte des précisions sur les APE et les derniers développements qui ont marqué la question suite au dernier sommet de la Cédéao qui vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire. Voici la seconde partie du dossier.

 

Faut-il le rappeler ; les APE qui sont des accords de libre-échange entre les pays ACP et l’Union Européenne, relèvent du volet « coopération économique et commerciale » de l’Accord de Cotonou signé le 23 juin 2000 entre les deux parties précitées. Ces accords sont des expressions de libre-échange entre ces deux régions : l’UE et chacune des 7 régions ACP (dont la région Afrique de l’Ouest).

 

Faisant partie des 7 régions négociatrices africaines avec lesquelles l’Union Européenne établit le processus de négociation, la CEDEAO à travers sa Commission a reçu en janvier 2003 le mandat des Chefs d’Etat et de Gouvernement pour négocier pour le compte de la région en collaboration avec la Commission de l’UEMOA.

 

Les négociations des APE devraient être conclues depuis la fin de l’année 2007, de façon à permettre l’entrée en vigueur provisoire des APE le 1er janvier 2008 après l’envoi d’une notification à l’OMC. La ratification officielle devrait intervenir à la suite de cette signature.

Suite aux différentes difficultés rencontrées cette échéance de 2007 n’a pas pu être respectée. La date de signature est aujourd’hui liée au rythme des négociations dans les différentes régions.

 

Ces dernières semaines, les négociations pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest et l’UE ont beaucoup avancé et notamment à la dernière réunion du Comité ministériel de suivi tenu à Dakar le 17 février 2014, les deux parties ont abouti à un compromis acceptable avec un certain nombre d’engagements pris de part et d’autre. Un texte consensuel a été transmis à la réunion des ministres statutaires de la CEDEAO pour approbation au cours d’une réunion prévue à Abidjan le 26 mars 2014. Après cette approbation, le texte de l’APE Afrique de l’Ouest –UE a été transmis à la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO qui vient de se tenir en Côte d’Ivoire, les 28 et 29 mars denier, a décidé de sa probable signature.

L’accord a pour objectif d’établir un partenariat économique et commercial visant à réaliser une croissance économique rapide, soutenue et créatrice d’emplois, à réduire puis à éradiquer la pauvreté, à relever les niveaux de vie, réaliser le plein emploi, diversifier les économies, accroître le revenu réel et la production, etc…

 

Pour récompenser les pays ouest africain pour l’exécution des Ape, un programme dénommé Paped : Programme Ape pour le Développement est prévu pour mettre 6,5 milliards d’Euros à la disposition des pays de l’Union sur 5 ans.

Le dernier sommet de la Cédéao a validé les conclusions de l’Accord dans le principe. Il est à noter cependant qu’il reste quelques questions techniques à résoudre.

 

’’A cet effet, la Conférence instruit les négociateurs en Chef de prendre les mesures nécessaires, dans un délai de deux mois, en vue de trouver une solution aux questions soulevées par certains Etats membres, notamment le Nigeria, avant la signature de l’Accord. La Conférence instruit les Négociateurs en Chef de mettre en place un Comité technique incluant des représentants du Nigeria, du Ghana, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, pour examiner ces questions et soumettre leurs conclusions aux Chefs d’Etat et de Gouvernement’’ a précisé le communiqué final publié au terme du sommet.

On espère que très bientôt les choses vont se concrétiser avec la signature effective des termes de cet accord, acte de signature dont le dénouement est probablement attendu fin octobre prochain

.

 

Au delà de toute considération et des éléments justifiant la position des uns et des autres à adhérer à cet accord, les APE induisent des impacts positifs qu’il faut faire profiter aux pays africains.

Globalement l’APE est destiné à réduire la pauvreté et assurer le développement durable de notre région. Il permettra d’approfondir l’intégration régionale de l’Afrique de l’Ouest, de favoriser l’investissement dans la région, d’améliorer la compétitivité de nos entreprises et développer les capacités d’offres de nos pays et d’assurer l’insertion de la région dans l’économie mondiale.

En effet les bénéfices de l’échange commercial passent par les importations d’intrants ou de produits de consommation pour les ménages moins chers et plus compétitifs. Les exportations étant un moyen notamment de diversifier sa production pour servir les marchés extérieurs et se procurer les devises nécessaires pour payer ces importations.

De plus l’ouverture commerciale va favoriser le transfert de technologie qui est un aiguillon pour les acteurs économiques locaux ; ceux-ci, soumis à la concurrence gagneront en efficacité, ces gains d’efficacité se répercutant sur l’ensemble de l’économie nationale ou régionale.

Ainsi la libéralisation qui va intervenir va permettre d’abaisser le coût des intrants pour les producteurs locaux, améliorer leur compétitivité et réduire les prix des biens de consommation et des produits alimentaires.

Les APE visent à mettre en place des zones de libre-échange pour remplacer les préférences commerciales non réciproques actuellement accordées par l’UE aux pays ACP aux termes des conventions de Lomé. Ces APE impliquent une libéralisation commerciale progressive et mutuellement avantageuse c’est-à-dire une ouverture des marchés ACP qui sera très graduelle et comprendra une flexibilité suffisante pour protéger les secteurs sensibles notamment l’agriculture, et des mécanismes de sauvegarde permettant d’appréhender les problèmes imprévus.

En tout état de cause là où il y a concurrence (industries naissantes ou produits agricoles sensibles pour les ACP), les APE permettent aux pays ACP de conserver les protections nécessaires.

 

La Rédaction

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