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Politique

Bassabi Kagbara prend les commandes de la coalition Arc-en-ciel

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Dix-huit mois après sa création, la coalition Arc-en-ciel change de capitaine. C’est désormais le président du PDP, le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2010, Bassabi Kagbara qui va diriger la seconde plus grande coalition de l’opposition togolaise.

 

Ceci conformément aux statuts de ladite coalition qui prévoient une présidence rotative donnant accès à chaque parti membre de diriger le regroupement. Ce nouveau mandat du fondateur du groupe BK-Université arrive à un moment de climat politique tendu entre les différents partis de l’opposition notamment l’Alliance Nationale pour le Changement de Jean-Pierre Fabre et la collation Arc-en-Ciel.

 

Pour ces derniers, ils estiment qu’après un constat d’échec général, sur tous les plans, de l’ensemble de l’opposition togolaise, et les expériences amères des dernières élections législatives, il est temps de tirer des leçons et changer de stratégies pour une alternance en 2015. Ils ont exprimé également à travers un communiqué leur vision et les nouveaux défis à relever notamment les reforme institutionnelles et constitutionnelles, l’organisation des élections locales et la présidentielle de 2015 et un appel au gouvernement pour l’ouverture immédiate d’un dialogue franc et sincère avec l’opposition et aux forces démocratiques à se retrouver sans délai pour les états généraux.

 

Voici en intégralité la déclaration de la coalition DÉCLARATION DE LA COALITION ARC-EN-CIEL.

En mettant en place la Coalition Arc-en-ciel il y a 18 mois, les fondateurs se sont fixés comme objectif d’œuvrer au sein de la grande famille de l’Opposition à l’avènement de l’alternance démocratique et pacifique au Togo. La victoire des forces démocratiques aux élections législatives de juillet 2013 devait constituer le premier palier vers ce noble objectif. Malheureusement, malgré tous nos efforts et les sacrifices consentis, l’Opposition n’a pas été en mesure de s’organiser pour gagner ces élections. Après cet épisode regrettable, la Coalition Arc-en-ciel a initié, à travers un séminaire ouvert le 18 septembre 2013, une réflexion sur les leçons à tirer de ces législatives afin de définir une nouvelle vision de l’avenir et proposer des solutions courageuses et réalistes pour relever les grands défis auxquels notre pays est confronté.

 

I- NOTRE VISION

Les dernières élections législatives ont confirmé une fois encore que le bloc démocratique dépasse largement en suffrages, le bloc conservateur au pouvoir. Deux enseignements essentiels ressortent de ce constat.

Le premier enseignement est que si le bloc démocratique était uni, il aurait sans aucun doute remporté les élections législatives et dégagé la voie pour l’alternance en 2015. Le second enseignement qui se dégage des résultats des dernières élections, est la préférence claire affichée par les Togolais pour les stratégies de groupes au détriment des stratégies individuelles et partisanes. Cela explique par ailleurs la forte proportion des électeurs ayant choisi de s’abstenir du fait que l’Opposition soit allée á ces élections en rangs dispersés.

Tirant les leçons de tout ce qui précède, la Coalition Arc-en-ciel a décidé d’intensifier ses actions pour constituer une union politique forte autour d’une vision commune de la société togolaise, d’une stratégie commune de conquête du pouvoir d’État, d’une éthique politique nouvelle fondée sur la vérité, la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, le réalisme politique et le respect des engagements pris. Nous avons la ferme volonté de bâtir une alternative crédible au sein des forces démocratiques pour réaliser l’Alternance en engageant résolument le Togo dans une transition inclusive vers la démocratie et le développement.

La Coalition Arc-en-ciel s’emploiera à tisser une nouvelle toile qui embrassera toutes les Togolaises et tous les Togolais de bonne volonté prêts à donner une chance à nos compatriotes de réapprendre à vivre et travailler ensemble à travers cette transition politique dont nous nous faisons dorénavant l’apôtre.

 

II- LES DÉFIS

2.1 A propos des réformes Une des tares qui empêchent le fonctionnement démocratique normal de notre pays est le dévoiement de sa base constitutionnelle et institutionnelle issue de la Conférence nationale souveraine pour la mettre au service d’un clan. L’Accord Politique Global (APG) a préconisé les réformes nécessaires pour remédier à cette situation. Depuis la signature de cet accord historique, le clan au pouvoir n’a manifesté aucune réelle volonté politique de procéder à ces réformes pourtant indispensables pour l’avancement de notre pays vers la démocratie et le développement solidaire. En dehors des réformes institutionnelles indispensables pour la transparence des élections, deux réformes constitutionnelles capitales et incontournables sont attendues par nos populations. Il s’agit du rétablissement du mode de scrutin uninominal à deux tours pour les élections présidentielles et législatives et la limitation du mandat présidentiel avec effet immédiat. La Coalition Arc-en-ciel entend s’investir au maximum pour obtenir la mise en œuvre de ces deux réformes capitales avant la présidentielle de 2015. Nous considérons que la réalisation de ces réformes contribuera à décrisper sensiblement le climat politique délétère de notre pays et à jeter les bases d’une vraie réconciliation nationale.

 

2.2 S’agissant des élections locales La démocratie par le haut a montré ses limites. La décentralisation est un outil précieux qui permet aux populations à la base de se prendre en charge et de susciter chez nos compatriotes, le sens de la responsabilité citoyenne. On ne saurait donc comprendre et encore moins accepter, les manœuvres dilatoires du pouvoir en place pour empêcher la tenue rapide des élections locales pour qu’enfin nos populations puissent choisir en toute transparence, les hommes et les femmes en charge du développement local. Le système de délégation spéciale dont abuse le pouvoir depuis plusieurs décennies, est une grossière aberration et un véritable frein au développement de notre pays. C’est pourquoi, la Coalition Arc-en-ciel exige du gouvernement qu’il prenne les dispositions qui s’imposent en vue d’organiser les élections locales au plus tard fin Juin 2014.

 

2.3 En ce qui concerne la présidentielle de 2015 L’évolution de la vie politique du Togo après près d’un quart de siècle de lutte ouverte pour la démocratie conforte la Coalition Arc-en-ciel dans sa conviction qu’une victoire à la présidentielle de 2015 ne serait profitable au peuple togolais que si l’exercice du mandat qui en découle associe les autres tendances politiques du pays pour une transition qui permet aux Togolaises et aux Togolais de réapprendre à vivre ensemble et à bâtir des institutions solides et consensuelles. La Coalition Arc-en-ciel s’engage à œuvrer pour offrir cette voie de salut à notre peuple. C’est pourquoi la Coalition Arc-en-ciel a décidé de s’atteler dès à présent à la préparation de cette échéance capitale autour d’un candidat dont le nom sera connu sous peu. Toutefois, la Coalition Arc-en-ciel est disposée, le moment venu, à trouver ensemble avec les autres forces démocratiques du Togo, les modalités de désignation d’un candidat unique de l’Opposition.

 

III – APPEL

La Coalition Arc-en-ciel lance ici un appel pressant : – au Chef de l’État et à son gouvernement pour l’ouverture immédiate d’un dialogue franc et sincère avec l’opposition en vue de la mise en œuvre des réformes garantissant des élections locales et présidentielle apaisées pour favoriser la réconciliation nationale, – aux forces démocratiques à se retrouver sans délai pour les états généraux afin de diagnostiquer, à travers les expériences passées, les maux qui ont toujours hypothéqué la victoire de l’Opposition et à s’entendre sur une vision commune de l’avenir du Togo, – au peuple togolais épris de justice et de liberté à rester mobilisé pour obtenir les conditions d’organisation d’élections transparentes et pousser les forces démocratiques à l’union en vue de réaliser l’alternance en 2015, – à la communauté internationale pour qu’elle use de tous les leviers dont elle dispose pour amener la classe politique au dialogue et au compromis, afin de prévenir tous les risques d’implosion sociopolitique dont nul ne peut aujourd’hui prévoir les fâcheuses conséquences pour la paix et la sécurité dans la sous-région ouest-africaine déjà suffisamment éprouvée par des extrémismes de tous bords.

 

Fait à Lomé, le 17 février 2014

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