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Médias

Violence sur le confrère Kossi Thémanou De vraies sanctions pour les “éléments incontrôlés”

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C’est devenu banal, l’agression des professionnels des médias togolais. Tout se passe comme si l’excuse que présentent certains responsables de la grande muette après l’agression est une panacée pour lutter contre la violence faite sur les communicateurs. La dernière victime en date est le confrère Kossi Thémanou de Focus Info le jeudi 16 janvier 2014.

Exercer le métier de journalisme dans notre pays suscite de plus en plus d’inquiétude à causes des forfaits de ceux que le ministre de la Sécurité et de la Protection civile appelle comme toujours les « éléments incontrôlés ».  

 Le16 janvier dernier, confrère Kossi Thémanou a été pris en partie et tabassé par des gendarmes lors de l’opération Entonnoir. Il faut rappeler que le journaliste ne faisait que son travail et en l’espèce il voulait interviewer une dame contemporaine des faits et de prendre des photos pour illustrer  son article plus tard. L’agression a été telle que le ministre Yark Damehame de la Sécurité et de la Protection civile était obligé de faire une sortie médiatique pour s’expliquer le dimanche dernier. Selon lui,  Kossi Thémanou ne faisait que son travail comme cela se passe dans tous les pays.  «  Il a commencé par faire son travail de journaliste, il a même exhibé sa carte. Mais cela ne les a pas empêché de l’embarquer, après l’avoir bousculé. Ils lui avaient donné quelques coups. Arrivé à la Gendarmerie, il a été également roué de coups. Pris de remords, ils lui ont demandé d’accepter le règlement de cet incident à l’amiable », a reconnu le ministre. Pour ceux qui croient fermement que c’est la hiérarchie qui ordonne de violenter les journalistes, Yark Damehame a été claire et a tenté de lever l’équivoque : « A aucun moment, les chefs ne disent aux éléments de violenter les journalistes. Nous savons ce que vous nous apportez  comme assistance », se disculpe-t-il. Tut en oubliant que lui-même avait menacé d’ordonner à ses éléments de leur « rentrer dedans » lorsque les journalistes se sont mobilisés pour dire non au projet de loi liberticide de Djimon Oré, alors ministre de la Communication. Passons.

Toujours est-il qu’après l’agression, les Organisations de la défense de la liberté de presse ont sorti leur sempiternelle déclaration de condamnation des actes violents. C’est ainsi que l’UJIT et le CONNAP se sont indignés de l’intervention musclée des gendarmes sur le confrère.  « L’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) et le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) condamnent avec la dernière rigueur cette agression intolérable d’un journaliste dans l’exercice de sa profession.  L’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) et le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) rappellent aux agents des forces de l’ordre que la liberté de la presse est garantie par la Constitution et ne sauraient s’accommoder d’entraves comme celles vécues par le confrère », lit-on dans leur déclaration. Par ailleurs, les deux organisations demandent que des sanctions exemplaires soient infligées aux auteurs de l’acte. « « L’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) et le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) ndemandent au Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile que des sanctions exemplaires soient prises à l’encontre de ces agents afin de dissuader à l’avenir, toute quelconque velléité de récidive », exigent-elles. Yark Damehame a présenet également ses excuses au confrère et à l’ensemble du corps des médias. Et la question que les Togolais se posent est de savoir si cela suffit pour éviter que d’autres « éléments incontrôlés » ne récidivent.

On ne le dira jamais assez. Ce n’est pas la première fois que des journalistes sont agressés, des excuses présentées avec la prise en charge des frais médicaux et des « éléments incontrôlés mis aux arrêts ». Mais cela n’a jamais dissuadé qui que ce soit à recommencer pour un oui ou un non. Finalement on a l’impression qu’il suffit que le ministre de la Sécurité et de la Protection fasse une sortie médiatique au lendemain de l’agression d’un professionnel des médias pour que tout s’arrête là. Or c’est un secret de polichinelle que ces actes de violence sur les journalistes sont légion. On n’oublie pas les cas de Noel Tédagnon,  Justin Anani, Frédo Attipo pour ne citer que ces  exemples là.

Quelle est alors la solution ? On sait que les gendarmes ou policiers qui s’adonnent à ses actes sont soit trop zélés dans leur travail ou cherchent à racoler. Pour commencer, le ministre devrait trouver un autre nom pour qualifier les gendarmes ou policiers indélicats car il n’existe pas des  « éléments incontrôlés » ni la Gendarmerie ou à la Police. En agressant les journalistes, les agresseurs souvent oublient que les hommes des médias n’ont pas besoin d’audience pour s’adresser au ministre. Ils ont leurs médias pour le faire. Ils oublient aussi que le ministre organise régulièrement des rencontres avec les journalistes qui pourraient justement y soulever d’autres préoccupations toujours dans le cadre de l’intimidation voire de l’agression lors de leur reportage. Tout cela ne doit pas se passer dans un Etat de droit que les uns et les autres appellent de leur vœu. Justement dans un Etat de droit, l’agression de tout citoyen doit être sanctionnée comme cela se doit et non dire qu’on a pris des mesures disciplinaires. Il est temps qu’on dépasse l’étape des «  éléments incontrôlés ont été mis aux arrêts » pour de véritables sanctions qui pourraient servir d’exemple pour éviter que cela ne se reproduise.

Toutefois, nous reconnaissons l’effort des autorités pour assurer la sécurité des citoyens que nous sommes. Nous encourageons le ministre de la Sécurité et de la Protection civile à poursuivre les efforts selon la vision du chef de l’Etat pour l’instauration d’un Etat de droit. Dans laquelle la démocratie sera encrée avec les institutions fortes et l’autorité de l’Etat respectée par tout le monde mêmes les hommes en uniforme. On espère que la formation organisé à l’intention des corps habillés qui est en cours actuellement va prendre en compte l’aspect respect des droits de l’Homme. C’est important pour la cohésion sociale.

La Rédaction

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