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Société

Hausse des prix du carburant : opinion croisée

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C’est comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, à en croire les propos de certains consommateurs togolais, suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers. Ce qui circulait comme une rumeur en fin d’année 2013 est devenue une réalité. A partir de ce 16 janvier, le gouvernement a augmenté le prix du carburant. Alors que le gouvernement s’en défend, les consommateurs et les syndicats et les organisations de la société civile sont totalement contre. Opinion croisée des deux camps.

 

Selon le ministre de la Planification, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Djossou Sémodji, la hausse des prix des produits pétroliers est plus que nécessaire pour permettre au gouvernement de redistribuer les richesses nationales étant donné que les subventions de l’Etat devraient servir à autre chose. A l’en croire, la subvention de l’Etat « ne profite pas réellement aux populations vulnérables  » parce que « Ces subventions en réalité ne bénéficient pas aux populations vulnérables, c’est pourquoi le gouvernement a décidé de les réduire pour faire face aux problèmes sociaux de plus en plus croissants », a-t-il raisonné. Monsieur Sémodji, a ajouté par ailleurs que « Les Togolais n’utilisent en gros que le pétrole lampant c’est pourquoi son prix n’a pas changé ». Et de compléter que « Nous sommes obligés de subventionner les prix en gelant le mécanisme, alors que nous n’avons pas la maîtrise des cours internationaux du pétrole qui augmente régulièrement  ». Cette explication a t-elle pu convaincre les personnes et le public-cible dans l’opinion ainsi que les Organisations de la société civile ? Une partie des Organisations de la société civile et des syndicats ont sorti le contre argument.

 

A la suite d’une rencontre qu’ils ont tenu en fin de semaine dernière, ils ont peint la situation socio-économique précaire des Togolais qui ne leur permet pas d’acheter le carburant avec les nouveaux prix augmentés. « Les organisations ont fait l’état des lieux des problèmes socio-économiques auxquels font face les populations togolaises notamment les conséquences des incendies des deux plus grands marchés du Togo qui ont des répercussions graves sur les activités économiques, la situation précaire du corps enseignant, du personnel de la santé ainsi que d’autres couches socioprofessionnelles avec leurs mouvements d’humeur. Au regard de la cherté de la vie que subissent toutes les couches sociales alors qu’elles attendent plutôt du gouvernement une planche de salut, l’annonce de la nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers est perçue comme un coup fatal », diagnostiquent-ils.

 

Ils dénoncent en outre la façon de procéder jugée cavalière du gouvernement. « Cette nouvelle hausse intervient à un moment critique et il est fort regrettable que les OSC n’aient pas été associées à la décision afin d’étudier avec le gouvernement d’une part les fluctuations des prix et, d’autre part les conséquences d’une telle mesure sur le panier de la ménagère », fustigent-ils avant d’appeler le peuple à se mobiliser pour faire échec à la décision : « Face à cette situation, les Organisations de la Société Civile et les syndicats condamnent avec véhémence cette façon cavalière de prendre une décision aussi importante que la hausse des prix des produits pétroliers. En conséquence, elles demandent au gouvernement de revenir sur sa décision. Par ailleurs, les OSC convient les populations à rester à l’écoute pour les actions futures  ».

 

Au demeurant, la situation actuelle de beaucoup de ménages togolais ne leur permet pas de suivre une quelque évolution du prix international des barils de pétrole. Même si le gouvernement devrait procéder à l’augmentation des prix des produits pétroliers, cela devrait se faire en concertation avec les syndicats et les organisations de la société civile.

 

L’annonce du gouvernement dans sa décision aussi importance fait actuellement l’objet de débat et de d’appréciation diverse au sein de l’opinion. Pour les élus du peuple qui jouent aussi leur partition, ils n’en demandaient pas mieux pour fustiger leurs collègues députés de la tendance opposée et ils n’y vont pas de manière timorée. Occasion pour eux d’interpeller les ministres concernés pour explication et leur intimer l’ordre de revenir sur leur décision dans le cas où ils ne seront pas convaincus.

 

La Rédaction

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