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Politique

Togo: UFC à l’agonie

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L’Union des Forces de Changement (UFC), jadis le parti le plus important de l’opposition togolaise, traverse depuis une crise qui risque de le faire disparaître du landerneau politique.

 

S’il y a une formation politique de l’opposition crainte et redoutée au Togo, c’est bien sûr le parti aux couleurs jaunes. Depuis 1990 jusqu’à 2010, ils étaient nombreux à se reconnaître dans ce parti qui, disait-on, est le seul capable d’assurer l’alternance politique au sommet de l’Etat. Le comportement du parti au pouvoir à son égard donnait de la caution au caractère particulier qu’il représentait. Ce qui dans une certaine mesure agaçait les autres partis de l’opposition qui digèrent mal l’importance qu’il a sur l’échiquier politique. Mais depuis quelques moments, plus rien ne semble aller dans ce parti.

 

De l’implosion à l’explosion ?

Nous étions en 2010. Et le président de la République, togolaise Faure Gnassingbé, est sorti gagnant de la présidentielle. Il venait d’être réélu pour son seconde mandat à la tête de son pays. Comme habituellement, les conditions dans lesquelles l’élection présidentielle s’est tenue sont dénoncées par les principaux partis de l’opposition parmi lesquels l’UFC. Mais selon les propres dires de cette dernière, il est temps qu’elle s’associe au parti au pouvoir pour cogérer le pays en entendant de faire les réformes constitutionnelles et institutionnelles. De conciliabules en pourparlers, les deux partis rivaux signent un accord le 26 avril 2010.

 

Premier clash. Une partie importante des membres de ce parti le quitte pour aller créer l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et dirigée par Jean-Pierre Fabre, ancien secrétaire général de l’UFC. Voici comment une source proche de Gilchrist Olympio a révélé la crise entre ces deux personnalités et ex-collaborateurs. « Fabre qui a une bonne partie du bureau national acquis à sa cause, organise de véritables séances de diabolisation du Vieux leader ; on en profite pour financer des jeunes disposés à semer troubles et vandalismes. Des scénarii de discréditation de Gilchrist aux yeux de la communauté nationale, voire internationale sont montés de toute pièce. Isabelle Améganvi, selon un contact à Lomé, serait chargée de verrouiller le soutient inconditionnel des femmes au vieux leader ; pour se faire, elle aurait monté quelques femmes dont la mission principale serait de siéger au domicile de Gilchrist durant son séjour, officiellement pour le protéger des agressions (lesquelles ?), mais officieusement, c’est une manière d’épier et d’isoler davantage Gilchrist de Hoomawo, Habia et autre qui forment l’AGO  ». Depuis cette scission, l’UFC peine à retrouver ses couleurs d’antan. Tout porte à croire qu’elle allait retrouver ses lettres de noblesse mais les dernières élections législatives ont crée encore une autre crise.

 

Second clash. Après l’accord des braves, « Détia  » a pu bénéficier de sept portefeuilles dans le gouvernement suivant l’accord dont le ministère de souveraineté, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, occupé par Eliott Ohin. Tout allait bien dans ce parti au lendemain de la formation du gouvernement. La solidarité gouvernementale. Et tout se passait bien au meilleur des mondes. Et c’est l’après législatives qui va transformer le calme apparent. La bérézina subie aux élections législatives avec seulement trois sièges qui réveillera d’autres appétits chez certains collaborateurs dont l’ancien ministre de la communication, Djimon Oré. Ce dernier avec d’autres membres, ont crée ce que certains appellent la rébellion au sein du parti. En effet, selon les recoupements, la nouvelle crise qui secoue l’UFC est née à la suite de la formation du gouvernement Arthème Ahoomey-Zunu II. Et une source de renchérir que « Frustrés de ne pas avoir été retenus, certains militants dont les cinq exclus, ont entrepris une rébellion. Après avoir échoué à empêcher l’entrée du parti au gouvernement faute d’y être, ils ont lancé un appel pour la tenue d’une assise. Avec pour leader Oré Djimon, l’un des rares cadres à avoir obtenu un siège pour le parti à l’issue de la débâcle électorale aux élections législatives du 25 juillet 2013, ces derniers revendiquent leur légitimité à prendre les commandes du parti ».

A l’instar de Jean-Pierre Fabre qui est parti avec ses amis créer l’Union des forces de Changement, Djimon Oré et ses acolytes seraient en train de réfléchir sur la création d’une formation politique. Il pourrait prendre le nom de Comité de Réflexion pour l’Alternance Démocratique au Togo (CRADT), sous lequel les « rebelles » au sein de l’UFC s’expriment jusqu’à leur exclusion à vie du parti. Apparemment, l’implosion semble devenir l’explosion.

 

L’UFC peut-elle sortir de la crise ?

L’Union des Forces de Changement risque de payer cher ses crises internes. Déjà avec le départ d’une partie importante de ses membres, l’UFC se révèle être une coquille vide aujourd’hui. La preuve en est ceux qui sont aujourd’hui sous les feux de projecteur pour vendre l’image du parti. L’âge avancé de son président national, Gilchrist Olympio, et sa santé fragile ne sont pas de nature à lui permettre de s’employer pour donner une autre dynamique à son parti. Beaucoup lui prédisent une fin politique. Aujourd’hui, il est difficile de dire que l’UFC va sortir de son agonie. Le parti se bat pour ses derniers combats et soubresauts.

 

La Rédaction

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