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Société

Par crainte de représailles, des Ivoiriens réfugiés au Ghana et au Togo refusent de rentrer au bercail

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La peur de représailles empêche des milliers d’Ivoiriens refugiés au Ghana et au Togo après les violences post-électorales de 2010-2011, de rentrer au bercail, selon une source proche du Service d’aide aux réfugiés et aux apatrides (SAARA) de la Côte d’Ivoire. 

 

se confiant, en effet, à nos confrères de IRIN News, Ann Encontre, la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Côte d’Ivoire déclarait la semaine dernière que : « Le processus de (retour au bercail) est plus avancé au Liberia qu’au Ghana, principalement en raison du profil des personnes réfugiées dans ce pays », poursuivant que « Sur les 12 500 Ivoiriens qui se sont enfuis au Ghana et au Togo, seuls 710 sont rentrés chez eux. »

 

Selon les explications des services compétents travaillant sur les questions des réfugiés, Nombre d’Ivoiriens qui ont trouvé refuge au Ghana sont originaires d’Abidjan, ou d’autres grandes villes. Parmi ces personnes figurent des soutiens du parti du président renversé, Laurent Gbagbo, des membres du mouvement des jeunes, autrefois figures importantes de ce parti et des membres de l’association estudiantine de l’université. Les personnes qui se sont enfuies au Liberia étaient quant à elles en majorité originaires de l’ouest rural de la Côte d’Ivoire et des villages frontaliers. 

« Au Ghana, les autorités et les dirigeants communautaires du pays hôte et du pays d’origine ne montrent malheureusement pas la même implication, et les anciens hauts responsables [du parti de M. Gbagbo] ont parfois une influence dissuasive sur les réfugiés », a ajouté Mme Encontre. Timothée Ezouan, coordonnateur du SAARA, estime lui que:« Les réfugiés n’ont aucune raison de rentrer. Nous devons résoudre les problèmes qui compliquent le rapatriement et supprimer les obstacles qui entravent leur rapatriement sûr et digne ». 

 

Crainte d’enlèvement 

Plusieurs réfugiés se sont confiés à IRIN News en disant que la principale raison pour laquelle ils ne sont pas encore rentrés chez eux est qu’ils ont peur de l’armée ivoirienne. La majorité de ses soldats sont d’anciens rebelles qui ont apporté leur soutien à Alassane Ouattara, qui s’est opposé à M. Gbagbo et qui est aujourd’hui président. Cette armée accusée de mauvais traitements, d’arrestations arbitraires et d’actes de torture, selon plusieurs rapports d’organisations de droits humains.

Mme. Encontre a par ailleurs souligné que plusieurs faits et informations sont de nature à dissuader certains réfugiés de rentrer chez eux, s’ils ne sont élucidés et a appelé toutes les parties concernées à faire preuve de bonne foi. Rassurant que son institution a décidé d’intensifier ses campagnes.

 

Réconciliation en bonne voie malgré tout

La Côte d’Ivoire se remet tout doucement de la dévastation engendrée par les élections contestées de 2010. Récemment, et pour la première fois depuis le début du conflit, les membres des partis de Messieurs Ouattara et Gbagbo se sont rencontrés pour parler. Mais les deux camps sont toujours en désaccord sur la question de la réconciliation.

 

DK

 

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