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International

Mali sur les points de départ d’une renaissance : IBK tente de disposer ses cartes

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Du coup d’Etat renversant Amadou Toumani Touré à la prise du nord par les groupes terroristes avec l’intervention des Français, le pays de Soundjiata Kéita est aujourd’hui dirigé par Ibrahim Boubakar Kéita qui tente de ramener la paix.

 

Retour sur la crise

A quelques mois du départ d’ATT de la présidence au terme de son deuxième mandat, une horde des militaires maliens conduits par le capitaine Amadou Sanogo le dépose en mars 2012. Le pays est alors plongé dans une crise avec en prime la prise du nord par les groupes terroristes.

Selon la plupart des témoignages, le 22 mars 2012, les mutins prennent le pouvoir un peu par hasard et ne savent qu’en faire. Même si IBK apparaît déjà comme un recours tant il est populaire dans les casernes, impossible pour lui d’entamer une carrière de dictateur… « Il a toujours voulu le pouvoir, mais de manière démocratique et pacifique », explique l’un de ses proches collaborateurs. Même lorsque le capitaine Amadou Haya Sanogo, dans la nuit du 21 au 22 mars, le harcèle au téléphone, IBK tient bon et ne décroche pas. Mieux : dès le lendemain, il condamne clairement le coup d’État.

Les militaires tentent alors d’imposer leur propre style avec la proclamation d’une loi fondamentale, le 26 mars. Sanogo assume lui-même la fonction de chef de l’État, avant de reculer et de rétablir la Constitution, le 1er avril, devant les menaces d’embargo diplomatique et financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Aurait-il lâché si facilement du lest si les militaires avaient été mieux préparés ? Rien n’est moins sûr. Et la communauté internationale aurait vraisemblablement eu beaucoup plus de mal à rétablir un semblant d’ordre constitutionnel.

Les djihaidistes, la plupart sont des rescapés de la guerre civile libyenne, qui ont commencé à envahir le nord du Mali ont profité du chaos qui régnait dans le pays pour asseoir leur domination dans cette partie septentrionale. Ils ont tués, mutilé, assassiné de nombreuses innocentes populations. Ils ont également détruit beaucoup d’œuvres architecturales. Il a fallu l’opération Serval de la France pour « nettoyer » cette partie du pays avec l’aide de certaines armées africaines surtout tchadienne. Après la pluie, le beau temps ?

 

L’élection d’IBK

Après la période trouble, la France a obtenu à ce que l’élection présidentielle ait lieu coûte que coûte. Organisée des conditions que le camp des vainqueurs juge claires et crédibles, la présidentielle a porté au pouvoir Ibrahim Boubakar Kéita.  Élu le 11 août avec 77,6 %, Ibrahim Boubacar Keïta a prêté serment le 4 septembre.  Et une grande cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs chefs d’Etat dont François Hollande a eu lieu le 19 septembre dernier. IBK et ses proches le savent, les défis sur les attendent sont nombreux.

 

Il doit maintenant passer à l’action. Dossiers prioritaires : sécurité, corruption, élections.

Mais au lendemain du 19 septembre, quand les lampions se seront éteints, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) sera, face à l’immensité de la tâche, un homme seul. Le plébiscite dont il a bénéficié lui confère certes une marge de manœuvre considérable, mais il l’oblige aussi.

 

Les défis à relever

Les électeurs maliens qui lui ont donné leurs voix attendent tout de lui.

Si l’opération Serval a redonné au Mali sa souveraineté et le processus électoral sa dignité, aucun des problèmes, aucune des dynamiques négatives qui ont conduit ce grand pays au bord du gouffre n’ont encore été résolus, ni même abordés. La nouvelle équipe gouvernementale va doc s’employer à travailler pour lutter contre la culture de l’impunité, corruption de la Fonction publique, tensions ethniques et régionales, système judiciaire délétère, armée gangrenée par l’indiscipline : l’inventaire de deux décennies de mal-gouvernance longtemps masquée par une démocratie laxiste est connu. Une solution spéciale devra être trouvée au legs empoisonné qu’est  l’aberrante promotion du capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo au grade de général de corps d’armée.

Les élections législatives qui se tiendront probablement en début 2014 devront se dérouler dans la  transparente et aboutir  à  la réduction progressive de la présence des bérets bleus de la Minusma, avant qu’elle ne froisse le nationalisme à fleur de peau des Maliens. Il devra voyager pour réinstaller le Mali sur la scène internationale et être présent à Bamako, attentif au moindre détail. Sans oublier qu’à l’issue de son mandat, en 2018, c’est sur ses résultats dans la lutte contre la pauvreté, qui touche six Maliens sur dix, qu’il sera avant tout jugé.

 

Les premier pas d’IBK

Dès son élection, IBK a relancé le dialogue avec tous les acteurs de la crise malienne. Les discussions ont  repris avec le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le président burkinabè Blaise Comparé, et par Goodluck Jonathan, son homologue nigérian. Il s’attèle aussi au crucial problème de la décentralisation. Soumeylou Boubèye Maïga, éminence grise de la campagne d’IBK « parle d’une décentralisation renforcée par la déconcentration de l’État ». Dans le cadre de la réconciliation, 23 détenus du Mouvement rebelle du Nord ont recouvré la liberté.

La communauté internationale a renoué avec son aide. Les besoins du pays sont pourtant colossaux. Sous la poussée démographique (3,2 % par an), la population passera de 14,5 millions en 2012 à 23 millions en 2025 et à 41 millions en 2050 – autant d’habitants qu’il faudra nourrir, éduquer, soigner, transporter et employer, dans un contexte d’exode rural.

Il vient de faire une visite diplomatique à François Hollande pour montrer que son pays sort petit à petit de la crise malgré les actions sporadiques des groupes conduits par ce qu’on appelle les barbus.

 

Ametbao

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