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Intervention militaire en Syrie : Le cœur de la communauté internationale dandine

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Ce lundi 9 septembre à Washington.une semaine décisive commence.  Les parlementaires, de retour de vacances, vont se pencher sur la Syrie. Afin de punir le régime syrien pour l’utilisation présumée d’armes chimiques, Barack Obama demande le feu vert du Congrès. Une décision qu’il a prise tout seul contre l’avis de ses conseillers, et qui sera lourde de conséquences.


« Notre pays sera plus fort avec son accord (du Congrès, NDLR) et nos actions ne seront que plus efficaces ». C’est ainsi que le président américain s’est adressé aux élus du Sénat et de la Chambre des représentants. La Constitution ne l’oblige pas à exiger l’aval du Congrès avant de déclencher une action militaire. Il n’empêche, le débat qui va débuter ce lundi 9 septembre sera l’un des débats les plus importants de cette législature. On s’en souvient, le Congrès a déjà bloqué beaucoup de projets du président. Mais cette fois-ci, ce n’est plus la guerre des tranchées entre républicains et démocrates.

 

Les lignes idéologiques ont explosé, faisant émerger de drôles de coalitions. Qui est contre les frappes ?

Parmi ceux qui sont opposés aux frappes, se trouvent des républicains ultra conservateurs proches du Tea Party et des démocrates anti-guerres qui ont déjà voté contre l’intervention en Irak ou en Libye. On trouve également des parlementaires des deux bords habituellement plutôt interventionnistes, mais qui estiment là que des bombardements pourraient favoriser les extrémistes.

 

Sur quoi se détermineront les élus ?


Ils se demandent si l’intervention militaire est efficace pour dissuader Bachar el-Assad de mener une nouvelle attaque chimique. Ils se demandent aussi si l’opération armée est vraiment dans l’intérêt de la sécurité nationale américaine. N’oublions pas que le coût exorbitant de la guerre en Irak hante encore de nombreux esprits, certains se poseront aussi la question de la crédibilité des Etats-Unis sur la scène internationale.

 


Comment va se dérouler le vote ?

C’est le Sénat qui commence le ballet parlementaire, officiellement mardi 10 septembre. Il se prononcera dans les prochains jours sur la résolution adoptée la semaine dernière par la commission des affaires étrangères. Un premier vote important est prévu pour mercredi 11 septembre. Il faut 60 voix pour que le texte passe. Si les Sénateurs adoptent la résolution, elle sera envoyée à la Chambre des représentants où le calendrier est plus flou. Les dirigeants républicains n’ont pas annoncé de calendrier précis, se contentant de prévoir un vote « dans les deux semaines ».

C’est à la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, que le texte aura du mal à  passer. Ce sont 217 voix qui sont nécessaires. Selon les médias américains, on est loin du compte.

 

Pour l’instant très peu de républicains ont décidé de suivre la recommandation de leur chef, John  Boehner. Le président de la Chambre s’est en effet prononcé pour l’intervention et a demandé à ses collègues de soutenir Barack Obama.

Et il y a aussi les libéraux chez les démocrates qui sont contre la guerre, comme Janice Hahn. Elle rappelle que « des armes chimiques avaient déjà été utilisées à d’autres occasions. Pourtant nous n’avions pas lancé d’action militaire », dit la députée. « J’espère trouver une réponse à la question suivante : y a-t-il un autre moyen de tenir Assad pour responsable ? »

 

Quelle marge de manœuvre pour l’exécutif ?

Face à cette résistance du Congrès, le gouvernement doit mettre la pression sur les élus. Pour le New  York Times, c’est la plus importante campagne de lobbying depuis l’élection de Barack Obama en 2008. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir l’appui des élus, il faut aussi gagner le soutien de l’opinion publique qui reste largement opposée à toute intervention en Syrie. Les parlementaires se trouvent du coup sous une double pression : celle de l’administration Obama et celle de leurs électeurs, comme l’explique George Holding, élu républicain de la Caroline du Nord à la chambre des Représentants : « J’ai reçu beaucoup de messages de nos électeurs : en deux jours un peu plus de mille appels téléphoniques et courriels. Mais je peux compter sur les doigts de deux mains ceux qui sont pour une intervention en Syrie. »

 

 

Et si le Congrès vote contre l’intervention ?

Un refus des parlementaires représenterait une énorme claque pour le président Barack Obama qui s’est personnellement investi dans ce dossier. Deux  options s’offriront à lui : soit il mène des frappes malgré le refus des élus qu’il a lui même sollicité. Soit il se plie à la volonté du Congrès ce qui risque de compromettre sa crédibilité sur la scène nationale et internationale. Pour éviter d’être confronté à ce dilemme, il lui reste une carte à jouer, une offensive médiatique de grande ampleur. Ce lundi 9 septembre, il se lance dans un marathon d’interviews à la télévision. Et demain mardi, Barack Obama s’adressera aux Américains dans une dernière tentative de les convaincre du bien-fondé d’une action militaire en Syrie.

 

Ametbao (Rfi)

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